Une exploitation ukrainienne dépasse 90 tonnes d’oignons par hectare grâce à une technologie sud-coréenne
Une exploitation de la région d’Odesa a porté son rendement d’environ 50 à plus de 90 tonnes d’oignons par hectare grâce à la génétique SeedOn et à des intrants biologiques. Le projet développe désormais les capacités de production, de certification et de logistique nécessaires pour approvisionner les distributeurs européens.
Le rendement passe de 50 à plus de 90 tonnes
L’Ukraine expérimente un système sud-coréen de culture de l’oignon susceptible de faire de ses régions méridionales un fournisseur plus important de produits standardisés pour l’Union européenne. Agrointel rapporte, en citant une analyse du média agricole ukrainien Kurkul, que la technologie associe la génétique résistante au froid de SeedOn, des protocoles culturaux détaillés et des intrants biologiques.
Dans l’exploitation Pan Bilan, située dans la région d’Odesa, le système a fait passer le rendement des quelque 50 tonnes par hectare habituellement obtenues par l’agriculteur Vitali Bilan à plus de 90 tonnes. Selon Agrointel, cette génétique supporte des températures hivernales allant jusqu’à -30 degrés Celsius. Les oignons récoltés sont aussi plus gros, un calibre recherché en Corée du Sud et en Chine, et leur qualité permet une commercialisation dans l’UE.
Bilan a indiqué que son exploitation avait testé des préparations biologiques sud-coréennes, notamment du trichoderma et des acides aminés. D’après le producteur, ces intrants ont favorisé le développement racinaire tout en permettant de réduire les pesticides et l’eau d’irrigation. Valeri Rîbak, agronome en chef de l’exploitation, a toutefois rappelé que la technologie ne remplaçait pas les principes fondamentaux de l’agriculture : les cultures exigent toujours une surveillance constante et des soins adaptés.
Un premier camion livré en France
L’objectif commercial dépasse l’amélioration du rendement d’une seule exploitation. Bilan affirme que le projet a expédié son premier camion en France l’année dernière et respecté les strictes exigences européennes en matière de certification et de droits de douane. Des infrastructures logistiques et des circuits commerciaux sont parallèlement mis en place pour développer les ventes dans l’UE.
La plateforme envisagée devrait regrouper entre 5 000 et 50 000 tonnes d’oignons standardisés et commercialisés sous une marque. Bilan assure que de grandes enseignes européennes, dont Auchan et Metro, présentes en Pologne, en Hongrie et en France, sont prêtes à passer commande. La source ne précise toutefois ni les volumes convenus, ni les calendriers de livraison, ni les prix. L’ampleur de la demande ferme reste donc incertaine.
Atteindre le haut de cette fourchette nécessitera une production coordonnée bien supérieure aux capacités de l’exploitation actuelle. Bilan estime que les agriculteurs de la région devront planter entre 250 et 500 hectares de ces hybrides et regrouper leur production. Un calibrage uniforme, la certification et le strict respect des contrats seront indispensables pour approvisionner les grandes enseignes.
Le changement d’échelle déterminera l’impact
Les promoteurs souhaitent faire inscrire officiellement la méthode coréenne dans le programme économique « Odesa Agrarian » pour 2026-2030. Cette intégration pourrait fournir un cadre régional pour étendre les surfaces et développer les capacités de logistique, de tri et de commercialisation nécessaires à l’exportation.
Des rendements supérieurs à 90 tonnes par hectare pourraient améliorer la rentabilité de la culture si la qualité et les volumes commercialisables restent réguliers. La baisse annoncée des besoins en pesticides et en irrigation pourrait aussi alléger les charges. La source ne fournit cependant ni données de coûts ni résultats d’essais commerciaux à plus grande échelle. Les performances d’une exploitation ne prouvent donc pas que tous les producteurs obtiendront le même résultat.
Pour les acheteurs européens, le projet pourrait créer une nouvelle source proche d’oignons de gros calibre et standardisés. Son poids commercial dépendra de la capacité des producteurs à réunir les 5 000-50 000 tonnes prévues, à conserver leurs certifications et à honorer les contrats sur plusieurs campagnes. Le premier camion livré en France valide une voie d’accès au marché ; le passage à une offre régionale régulière constituera la prochaine épreuve.