La suspension du Brésil par l’UE et la pause tarifaire américaine redirigent le bœuf
L’UE suspend à partir du 3 septembre ses importations de viande bovine brésilienne, faute de garanties suffisantes sur le respect des règles relatives aux antibiotiques. Une pause tarifaire américaine de 90 jours pourrait parallèlement attirer 300 000 tonnes du Brésil et du Mexique.
L’UE suspend les importations brésiliennes
L’Union européenne suspend ses importations de viande bovine brésilienne à compter du jeudi 3 septembre, rapporte La France Agricole. La Commission européenne estime que le Brésil n’a pas fourni de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits aux règles européennes encadrant l’utilisation des antibiotiques en élevage. La décision intervient après un été durant lequel les volumes importés, notamment du Brésil, ont déstabilisé le marché européen du jeune bovin avant de peser sur les autres catégories.
La suspension allège la pression immédiate sur les éleveurs européens sans fermer le marché communautaire aux viandes du Mercosur. L’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay ne sont pas concernés. Les grands opérateurs peuvent donc réorienter leurs achats vers ces origines en attendant que la durée de la restriction visant le Brésil soit précisée. Les industriels sud-américains se sont également préparés à respecter les normes européennes, tandis que la baisse des droits de douane a favorisé l’arrivée de pièces nobles comme de morceaux moins chers destinés au steak haché.
La demande américaine offre un autre débouché
Dans le même temps, la forte décapitalisation du cheptel américain provoque une vive inflation des prix du bœuf. Donald Trump vient d’annoncer une suspension provisoire des droits de douane à l’importation pendant 90 jours, selon La France Agricole. Le Brésil et le Mexique sont en première ligne pour fournir 300 000 tonnes au segment américain du bœuf haché. Cette mesure peut offrir une destination de remplacement aux exportateurs brésiliens pendant la restriction européenne.
Ces décisions illustrent la rapidité avec laquelle la politique commerciale modifie les flux d’un marché dominé par quelques grands pays producteurs. L’Europe conserve un déficit de production important, tandis que l’industrie américaine a besoin de matières premières importées. Plusieurs accords de libre-échange moins médiatisés font entrer, une fois cumulés, des volumes significatifs dans l’UE. La France reste exposée même lorsque ces viandes n’arrivent pas directement dans ses magasins, car elles concurrencent les produits français sur les marchés européens voisins.
Les prix des bovins français restent fermes
Le négoce de viande s’est renforcé ces dernières semaines grâce aux promotions de rentrée et au regain d’activité des abattoirs. Les cantines scolaires et les grands groupes de restauration collective restent néanmoins confrontés à l’inflation et à des budgets contraints. La viande est plus souvent retirée des menus pour des raisons de coût et en raison de l’obligation de proposer des repas sans viande. Les bovins de boucherie s’écoulent sans difficulté majeure, mais sans nette accélération.
Les génisses et jeunes vaches charolaises standard se commercialisent régulièrement, avec des prix stables de 6,70 à 7,00 € par kilogramme pour les animaux standards. Les vaches prim’holsteins P+ se situent autour de 5,25 € par kilogramme. Les exportations de jeunes bovins restent incertaines face à la concurrence brésilienne, même si la suspension européenne pourrait modifier l’équilibre. Les bons mâles charolais, limousins et blonds d’Aquitaine de moins de 380 kilogrammes se raffermissent après les fortes baisses récentes. Les animaux de 300 à 350 kilogrammes se négocient entre 5,00 et 5,30 € par kilogramme, contre environ 4,80 € pour les lourds. Les femelles de 280 à 350 kilogrammes adaptées à l’exportation vers l’Italie restent rares et valent environ 5,20 € par kilogramme. Les veaux laitiers standards se vendent de 150 à 180 €, les croisés laitiers et montbéliards de 250 à 400 €, voire 500 € pour les bons sujets lourds. La demande espagnole, italienne et polonaise reste active, mais la hausse des coûts d’engraissement et les incertitudes sur la qualité et les volumes du maïs ensilage limitent les acheteurs.