La sécheresse réduit la récolte française de pommes de terre et l’offre d’automne
La chaleur exceptionnelle et la sécheresse ont réduit les rendements de plusieurs cultures fruitières et légumières françaises. La production de pommes de terre pourrait reculer de 22% sur un an, tandis que salades, poireaux, pommes et abricots risquent d’être moins disponibles à l’automne.
La chaleur réduit les volumes commercialisables
Une sécheresse exceptionnelle et plusieurs épisodes de canicule ont causé d’importantes pertes aux producteurs français de fruits et légumes. L’offre pourrait se resserrer au début du marché d’automne. La Dépêche rapporte que la filière n’anticipe ni pénurie généralisée ni rayons vides, mais que plusieurs produits pourraient rester sous tension dans les prochaines semaines et les prochains mois, avec de possibles répercussions sur les prix.
La salade figure parmi les légumes les plus touchés. Les fortes températures ont rendu une part importante des récoltes impropre à la vente. Les poireaux, artichauts, tomates, brocolis et choux-fleurs ont également subi de lourds dégâts. Sur certaines parcelles non irriguées, les maraîchers ont perdu jusqu’à 100% de leurs légumes. Pour les haricots verts, la chaleur a brûlé les fleurs et certaines gousses sont restées trop petites ou trop filandreuses pour répondre aux critères commerciaux.
La production de pommes de terre reculerait de 22%
La pomme de terre constitue l’une des principales inquiétudes à l’ouverture de la nouvelle campagne. Agreste, le service statistique du ministère français de l’Agriculture, estime que la production nationale de pommes de terre de conservation pourrait se limiter à 6,5 millions de tonnes en 2026. Ce volume représenterait une baisse de 22% sur un an.
L’Union nationale des producteurs de pommes de terre, l’UNPT, dresse un constat similaire pour les performances au champ. Ses dernières estimations font état d’un recul de rendement de 23%. La baisse concerne une production destinée au stockage et peut donc peser sur le marché après la récolte, en réduisant les volumes disponibles pour les distributeurs et les autres acheteurs plus tard dans la campagne.
Les rendements des pommes et des abricots diminuent aussi
La situation est plus contrastée dans les vergers, mais plusieurs cultures affichent des pertes mesurables. Les pommes ont subi un ralentissement de leur croissance et des brûlures dues à la chaleur. En Occitanie, la direction régionale de l’agriculture DRAAF estimait en juillet que leur rendement était inférieur de 11% à celui de 2025. La production régionale d’abricots a reculé de 20%.
L’ampleur des dégâts varie selon les cultures, les régions et l’accès à l’irrigation. Des tensions temporaires sur certaines catégories sont donc plus probables qu’une pénurie nationale. Interfel, l’interprofession française des fruits et légumes frais, a indiqué que l’approvisionnement restait assuré. Néanmoins, la baisse des volumes commercialisables de salades et d’autres légumes, associée aux prévisions réduites pour la pomme de terre et aux pertes fruitières régionales, pourrait limiter les choix des acheteurs à l’automne. Les exploitations irriguées ou disposant encore de récoltes conformes aux critères commerciaux sont mieux placées, tandis que les producteurs de parcelles non irriguées supportent les pertes les plus sévères. Pour les distributeurs, transformateurs et grossistes, l’enjeu n’est pas la disparition des produits, mais le volume, la qualité et le prix des approvisionnements de remplacement alors que les effets de la chaleur estivale se prolongent dans la nouvelle campagne.