La récolte italienne de noix recule face à une offre chinoise record
La campagne italienne de noix 2026 débute avec des rendements inférieurs aux attentes et des calibres légèrement plus petits après une période de chaleur persistante et d’intempéries. La récolte chinoise, attendue à un record de 1,6 million de tonnes, renforce la concurrence, surtout sur le marché des noix décortiquées.
Chaleur et grêle réduisent le potentiel italien
La campagne italienne de noix 2026 s’ouvre sous l’effet d’une chaleur persistante, du stress hydrique et d’épisodes météorologiques violents. Les premières observations font état de rendements plus faibles et de calibres moyens légèrement inférieurs. Selon myfruit.it, les températures exceptionnellement élevées enregistrées de mai à septembre, combinées au vent, à de fortes pluies et à la grêle, ont touché plusieurs bassins de production du pays.
Certaines zones de Vénétie ont subi des dégâts dus à la grêle. En Romagne, les premières estimations placent la production sous les attentes initiales, avec un calibre moyen légèrement inférieur à celui de la campagne précédente. La qualité reste toutefois jugée satisfaisante, les conclusions définitives devant attendre la fin de la récolte et du calibrage. En Campanie, l’été chaud et sec a dégradé les perspectives des noix de Sorrente, dont les premiers volumes sont annoncés sous le niveau de 2025. Certaines plantations italiennes de Chandler suivent la même tendance.
Une offre contrastée en Europe et aux États-Unis
La situation varie dans le reste de l’Europe. La France devrait enregistrer une bonne campagne de Franquette, avec des calibres moyens supérieurs à ceux de l’an dernier, mais des volumes légèrement réduits par la météo. Les premières indications laissent prévoir une hausse des prix français. L’Espagne et le Portugal présentent un tableau plus stable. Ces deux pays restent des fournisseurs importants du marché européen, avec des disponibilités normales et une qualité satisfaisante, notamment pour les variétés Chandler et Howard.
La Californie s’attend également à une récolte inférieure à celle, exceptionnellement abondante, de la saison précédente, tout en conservant de bonnes perspectives qualitatives. Les fournisseurs américains pourraient néanmoins pratiquer des prix compétitifs afin de défendre leurs parts de marché. Pour les producteurs et transformateurs italiens, la baisse des disponibilités nationales et californiennes peut soutenir les prix. L’offre provenant d’autres pays européens et les propositions agressives des États-Unis pourraient toutefois en limiter l’effet.
La Chine renforce sa position dans la noix décortiquée
La Chine demeure la principale variable concurrentielle. Le Conseil international des fruits à coque et des fruits séchés prévoit une récolte chinoise record de 1,6 million de tonnes en 2026, soit plus de la moitié de la production mondiale estimée. Cette offre abondante et des coûts de production inférieurs à ceux de l’Europe et des États-Unis accentuent surtout la pression sur le segment des noix décortiquées. La qualité des cerneaux chinois livrés en Europe serait également en progrès, notamment sur le plan de la couleur.
Les fournisseurs italiens doivent donc se différencier au-delà des volumes et des prix. New Factor, qui pilote le projet de filière Noci di Romagna, met en avant l’origine nationale, la traçabilité, la qualité des cerneaux et la coordination entre production, transformation, conditionnement et distribution moderne. La question centrale est de savoir si la baisse italienne et une récolte californienne potentiellement plus faible pourront compenser l’influence croissante de la Chine sur les prix et les flux de marchandises. Tant que la récolte et le calibrage ne seront pas terminés, l’ampleur exacte du recul italien et son effet sur l’offre commerciale resteront incertains.