Les prix laitiers de l’UE montent avec la demande de protéines et le ralentissement de l’offre
Les références laitières européennes progressent depuis juillet, tirées par les poudres de lait entier et écrémé. Le soja s’est également apprécié en septembre, la demande chinoise et américaine maintenant le marché sous tension malgré une récolte record attendue aux États-Unis.
Les cotations laitières rebondissent depuis juillet
Les principales références européennes des produits laitiers progressent depuis le début de juillet. Cette hausse alourdit les coûts des transformateurs et des acheteurs, même si plusieurs produits restent moins chers qu’il y a un an. Selon La Repubblica, sur la place de Kempten, principal marché laitier allemand, le beurre a gagné 8%, la poudre de lait écrémé 18%, la poudre de lait entier 27%, l’edam 1% et la poudre de lactosérum 6%.
Ces augmentations n’effacent pas encore la faiblesse accumulée au cours de l’année écoulée. Le beurre reste inférieur de 34% à son niveau d’un an auparavant, tandis que la poudre de lait entier recule de 5% et l’edam de 20%. Le marché est nettement plus ferme pour les ingrédients protéiques : la poudre de lait écrémé dépasse de 40% son niveau de l’an dernier et le lactosérum en poudre de 75%. La Repubblica attribue cette évolution à une demande mondiale record de protéines.
Cette divergence a des conséquences concrètes pour les industriels. Les fabricants de lactosérum et de poudre de lait écrémé bénéficient d’un meilleur soutien des prix, tandis que les fournisseurs de beurre et de fromage repartent d’une base beaucoup plus basse. Les acheteurs d’ingrédients destinés à la nutrition, aux aliments pour sportifs et aux autres produits protéinés affrontent un marché plus tendu que les utilisateurs de matière grasse laitière ou d’edam. Le prix du lait allemand au comptant coté à Milan a également augmenté de 17% depuis juillet, accentuant la pression immédiate sur les transformateurs qui s’approvisionnent hors des contrats à long terme.
La croissance de l’offre de lait devrait s’inverser
Les livraisons de lait dans l’UE ont augmenté de 3,4% au premier semestre par rapport à la même période de 2025, mais la tendance s’inverse. La chaleur, le coût des intrants et l’incertitude géopolitique freinent l’offre, rapporte La Repubblica. Areté prévoit un ralentissement de la croissance de la production laitière européenne, de 1,7% en 2025 à 0,9% en 2026, puis une baisse de 0,6% en 2027.
Cette prévision explique pourquoi les cotations peuvent augmenter alors que le beurre, la poudre de lait entier et l’edam restent moins chers qu’un an auparavant. Le ralentissement de la production réduit les volumes disponibles pour la transformation au moment où la demande de produits riches en protéines demeure soutenue. Si la contraction prévue se concrétise en 2027, les transformateurs pourraient devoir se livrer une concurrence plus vive pour le lait. Les éleveurs devront, eux, mettre en balance la hausse des prix des produits, les effets de la chaleur et les coûts d’exploitation élevés. Pour les négociants, les écarts entre matières grasses, fromages et ingrédients protéiques renforcent l’importance du choix des produits et du calendrier des contrats.
La demande absorbe l’offre de soja
Le marché du soja se tend parallèlement au redressement des produits laitiers. Durant la première moitié de septembre, les cotations de Chicago ont gagné plus de 8%, tandis que les prix à l’exportation au Brésil et en Argentine ont progressé de plus de 9%. La Repubblica explique ce mouvement par la reprise des achats chinois et la vigueur de la demande aux États-Unis.
Le département américain de l’Agriculture prévoit une récolte record, mais aussi une hausse des exportations et des stocks de fin de campagne ramenés à 8,4 millions de tonnes. Une récolte abondante ne se traduira donc pas nécessairement par d’importants stocks de report. Pour les élevages et les exploitations laitières, la hausse du soja peut renchérir l’alimentation animale alors que la chaleur et les autres intrants limitent déjà l’offre européenne de lait.
La production européenne de soja n’apportera guère de répit. La Commission européenne prévoit une récolte de 2,2 millions de tonnes dans l’UE en 2026/27, en baisse de 21% sur un an, avec un recul de 25% en Italie. L’attention se porte désormais sur le Brésil, où les semis viennent de commencer. Les précipitations détermineront les perspectives de la nouvelle récolte et pourraient influencer les prix internationaux, les achats chinois et le coût de l’alimentation animale dans les pays importateurs.