La Moldavie devient le premier marché des produits laitiers ukrainiens
La Moldavie est devenue la première destination des produits laitiers ukrainiens entre janvier et juillet 2026, avec 50,6 millions de dollars d’achats. Les exportations ukrainiennes ont reculé en volume et en valeur, tandis que la progression des importations a accentué la pression sur les producteurs locaux de fromage.
La Moldavie devance la Pologne et l’Allemagne
La Moldavie est devenue le premier marché des produits laitiers ukrainiens au cours des sept premiers mois de 2026, devant la Pologne et l’Allemagne. Selon Forbes Romania, qui cite l’Association des producteurs de lait d’Ukraine, les fournisseurs ukrainiens ont vendu pour 50,6 millions de dollars de produits laitiers à la Moldavie entre janvier et juillet.
La Pologne arrive en deuxième position avec 28,8 millions de dollars d’achats, suivie de l’Allemagne avec 25,5 millions. Les autres grands débouchés étaient la Bulgarie avec 10,8 millions de dollars, le Kazakhstan avec 10,2 millions, Israël avec 10 millions, les États-Unis avec 7,2 millions, l’Azerbaïdjan avec 6,9 millions, la Lituanie avec 6,6 millions et la Géorgie avec 6,4 millions.
La Moldavie a ainsi représenté environ 23 % des recettes déclarées des exportations laitières ukrainiennes sur la période. Ses achats ont presque égalé la valeur cumulée des expéditions vers la Pologne et l’Allemagne, confirmant son importance croissante pour les transformateurs ukrainiens.
Les recettes diminuent plus vite que les volumes
L’Ukraine a exporté 76 050 tonnes de produits laitiers entre janvier et juillet, soit 9 % de moins que durant la même période de 2025. Les recettes ont davantage reculé, de 18 % à 218,27 millions de dollars, selon les données professionnelles rapportées par Forbes Romania. Cet écart signifie que la recette moyenne obtenue par tonne exportée a également baissé.
Les glaces ont constitué la première catégorie avec 28 % des exportations. Le lait et la crème concentrés ont représenté 24 %, le beurre 14 %, les fromages 13 % et la caséine 9 %. Ces cinq catégories ont totalisé 88 % des expéditions ukrainiennes, entre produits de consommation et ingrédients destinés à la transformation.
Le poids des glaces ainsi que du lait et de la crème concentrés montre que la Moldavie compte pour plusieurs branches de la transformation, et pas uniquement pour les échanges de lait cru. Sa proximité peut raccourcir les trajets logistiques, mais la progression de ce débouché n’a pas empêché le recul général des recettes d’exportation.
Les importations fragilisent les fromagers ukrainiens
Dans le même temps, l’Ukraine a porté ses importations de produits laitiers à 47 960 tonnes, pour une valeur de 219,27 millions de dollars, au cours des sept premiers mois de 2026. Le volume a progressé de 36 % par rapport à la même période de 2025 et la facture des importations a légèrement dépassé les recettes d’exportation. Les fromages ont dominé les entrées avec 59 % du volume total.
La Pologne figure parmi les principaux fournisseurs. Les producteurs ukrainiens affirment également que les livraisons illégales représentent environ 30 % du marché national du fromage. Les associations professionnelles estiment la perte annuelle pour le budget de l’État à au moins 730 millions de hryvnias, mais la source ne fournit pas d’évaluation indépendante de cette affirmation.
Selon Forbes Romania, les importations européennes bon marché ont déjà conduit certains fabricants ukrainiens à réduire leur production. La part des produits importés sur le marché intérieur est passée de 38 % à 45 % en 2025, avant de dépasser 50 % au printemps 2026. La production nationale de fromage a diminué de 6 %, tandis que les importations de fromages affinés ont augmenté de 13 %.
Le marché régional suit donc deux trajectoires. La Moldavie offre aux entreprises laitières ukrainiennes leur premier débouché extérieur, tandis que le marché intérieur ukrainien dépend davantage des importations, surtout pour le fromage. Les fabricants doivent gérer simultanément la baisse des recettes d’exportation et une concurrence étrangère plus forte. Leur position dépendra de leur gamme, de leurs prix et du contrôle des livraisons non déclarées.