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Le maïs pourrait dépasser le blé dans les importations céréalières de l’Égypte

L’Égypte devrait importer 13,2 millions de tonnes de maïs en 2026/2027, contre 13 millions de tonnes de blé. L’essor de l’aviculture et de l’aquaculture transforme la composition de la demande céréalière du pays.

Le maïs pourrait dépasser le blé dans les importations céréalières de l’Égypte

Le maïs passe devant la principale céréale alimentaire

Le maïs pourrait devenir pour la première fois la céréale la plus importée par l’Égypte, devant le blé, étroitement associé à la politique de sécurité alimentaire du pays. L’Égypte devrait importer 13,2 millions de tonnes de maïs durant la campagne 2026/2027, contre 13 millions de tonnes de blé, selon des données du département américain de l’Agriculture publiées en août et relayées par Agence Ecofin.

L’écart n’est que de 200 000 tonnes, si bien que le classement dépendra de la réalisation des prévisions. Ce croisement attendu illustre néanmoins une évolution significative de la demande céréalière égyptienne. Le blé reste la principale denrée de base du pays, tandis que le maïs répond surtout aux besoins des filières de production animale.

Les filières animales tirent la demande d’aliments

L’aviculture et l’aquaculture représentent plus de 85 % de la consommation totale de maïs en Égypte, rapporte Agence Ecofin. La production nationale ne couvre qu’environ un tiers des besoins. Les importateurs doivent fournir l’essentiel du volume restant aux producteurs de volailles et de poissons, ce qui renforce le rôle de la demande d’aliments pour animaux dans la présence égyptienne sur les marchés céréaliers internationaux.

L’expansion des filières animales ressort des chiffres de production cités par Agence Ecofin. L’Égypte a produit 1,92 milliard de poulets et 16 milliards d’œufs en 2025, contre 1,4 milliard de volailles et 14 milliards d’œufs avant 2023. Les investissements privés dans l’aviculture et l’aquaculture ont donc accru les besoins en matières premières importées pour l’alimentation animale, même si le blé domine toujours la consommation humaine directe de céréales.

La hausse des achats ouvre des débouchés

L’Égypte a plus que doublé ses achats extérieurs de maïs depuis la campagne 2022/2023. Les importations devraient encore progresser de 700 000 tonnes en 2026/2027 pour atteindre 13,2 millions de tonnes. Le volume de la campagne précédente ressort ainsi à 12,5 millions de tonnes. Cette demande supplémentaire accroît l’importance du marché égyptien pour les fournisseurs compétitifs sur le maïs fourrager, le fret et les conditions de livraison.

Avec 13,2 millions de tonnes, l’Égypte conforterait sa place de cinquième importateur mondial de maïs, derrière le Mexique, l’Union européenne, le Vietnam et le Japon. Le pays resterait simultanément un acheteur majeur de blé, avec 13 millions de tonnes d’importations prévues. Il ne s’agit donc pas d’un recul de la dépendance au blé, mais de l’émergence d’un second besoin d’importation d’ampleur comparable.

Deux marchés distincts dans un même bilan céréalier

La proximité des volumes ne doit pas masquer les facteurs différents qui animent les deux flux. Les achats de blé soutiennent la consommation de la principale denrée de base égyptienne. Les importations de maïs dépendent surtout des décisions de production dans l’aviculture et l’aquaculture, où l’offre locale d’aliments ne suit pas la demande. Les exportateurs devront donc surveiller la production de volailles et de poissons en plus des indicateurs habituels de consommation de blé liés à la population.

Pour les producteurs et transformateurs égyptiens, le déficit croissant de maïs augmente l’exposition aux conditions d’approvisionnement internationales et à la disponibilité des importations. Pour les négociants, l’Égypte devient deux marchés céréaliers générant chacun environ 13 millions de tonnes d’achats annuels : le blé pour l’alimentation de base et le maïs pour la production animale. Le maintien du maïs en première position après 2026/2027 dépendra du rythme de croissance de ces filières et de la capacité des cultures nationales à couvrir davantage que leur part actuelle de la consommation.

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