Les contrats à terme malaisiens sur l'huile de palme reculent pour la quatrième séance, pénalisés par l'huile de soja et le pétrole
Les contrats à terme sur l'huile de palme à la Bursa Malaysia Derivatives Exchange ont reculé mercredi pour la quatrième séance consécutive. Cette faiblesse est attribuée principalement au repli des autres huiles alimentaires, dont l'huile de soja, et du pétrole brut. Faute de déclencheur local, la direction du marché appartient au complexe des huiles.
Les contrats à terme malaisiens sur l'huile de palme ont reculé mercredi pour la quatrième séance consécutive, une faiblesse attribuée avant tout au repli des autres huiles alimentaires et du pétrole brut. Les échanges à la Bursa Malaysia Derivatives Exchange, référence mondiale pour cette huile végétale, ont glissé toute la semaine sans déclencheur intérieur, laissant la direction du marché au complexe des huiles dans son ensemble.
Quatrième séance consécutive dans le rouge
La séance de mercredi porte à quatre la série de baisses du contrat malaisien. Une série de cette longueur traduit généralement un changement de sentiment plutôt qu'une information isolée. Lorsqu'un marché casse à la baisse plusieurs jours de suite, les ventes techniques s'ajoutent et l'intérêt acheteur des importateurs s'amenuise : ceux qui étaient prêts à couvrir leurs besoins en début de semaine s'écartent et attendent un point bas.
L'huile de palme ne se négocie presque jamais pour son propre compte. Son prix se forme à la marge face aux autres grandes huiles végétales et, via le canal du biodiesel, face au pétrole brut. Quand ces références faiblissent en même temps, la palme tient rarement, quelle que soit la situation de l'offre locale.
Les huiles concurrentes donnent le ton
L'huile de soja figure parmi les moteurs cités de la faiblesse de cette semaine. Les deux huiles sont des substituts proches en cuisine, en friture et dans la transformation alimentaire, et l'écart entre elles détermine le choix des acheteurs sensibles au prix. La palme est normalement l'option la moins chère et vit de cette décote : quand l'huile de soja baisse, la décote se resserre et la palme doit suivre pour défendre sa part dans les mélanges.
- Les raffineurs des pays importateurs arbitrent entre palme et huiles douces selon l'écart de prix, si bien qu'un recul de l'huile de soja entraîne la palme de façon presque mécanique.
- Les acheteurs des grands marchés d'importation passent à des achats au coup par coup dans un marché baissier et ne couvrent que leurs besoins immédiats.
- Une matière première moins chère à l'origine finit par se répercuter sur les coûts de l'industrie alimentaire des pays importateurs, mais avec un décalage de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois.
Pour les producteurs et raffineurs malaisiens, ce mécanisme signifie qu'à court terme le calendrier local de récolte compte moins que les mouvements du complexe oléagineux mondial. La production des plantations et le taux d'activité des huileries définissent l'offre à moyen terme, mais au jour le jour la courbe à terme suit les huiles concurrentes.
Le lien avec le pétrole brut
La baisse du pétrole brut a été citée comme second facteur du recul. L'huile de palme est une matière première du biodiesel, et les incorporations obligatoires comme discrétionnaires lient une partie de sa demande aux prix de l'énergie. Quand le brut baisse, le biodiesel de palme perd en compétitivité face au gazole fossile, les marges d'incorporation discrétionnaire se compriment et les volumes qu'aurait absorbés le secteur énergétique restent disponibles pour le marché alimentaire. L'offre augmente précisément là où les prix sont déjà sous pression.
Le lien énergétique joue aussi en sens inverse, par les coûts. Un brut moins cher réduit les dépenses de carburant, de fret et de transformation des plantations, des huileries et des raffineries, ce qui compense en partie le manque à gagner. À court terme, toutefois, l'effet de demande côté biodiesel l'emporte généralement sur l'économie réalisée.
Ce que surveille le marché
Aucun catalyseur intérieur nouveau n'ayant été signalé, l'attention reste portée sur les références externes : l'orientation de l'huile de soja, le marché du pétrole et le rythme de la demande à l'importation. Une stabilisation de l'un des deux marchés directeurs allégerait la pression sur la palme ; une faiblesse prolongée étirerait la série. Producteurs, raffineurs et négociants du physique font face au choix habituel : vendre dans un marché en baisse ou porter des stocks en espérant un rebond. Les importateurs, eux, gagnent de la marge de négociation sur les expéditions à terme tant que le repli dure.