← Retour aux actualités

La consommation de bière en Roumanie tombe à son plus bas niveau depuis 20 ans

Le marché roumain de la bière s’est contracté de 4 % en 2025, à 14,4 millions d’hectolitres, son plus bas niveau depuis 20 ans. Les brasseries locales assurent encore 95,5 % de la consommation, mais les importations ont progressé de 35 % tandis que la fiscalité et le recul de la restauration accentuent la pression.

La consommation de bière en Roumanie tombe à son plus bas niveau depuis 20 ans

Le recul roumain dépasse largement celui de l’UE

Le marché roumain de la bière s’est contracté de 4 % en 2025, à 14,4 millions d’hectolitres, soit son plus bas niveau depuis 20 ans, selon Money.ro. Cette baisse fait suite à une relative stabilisation en 2024, lorsque le marché avoisinait 15 millions d’hectolitres. Sur les quatre dernières années, la consommation roumaine de bière a diminué d’environ 15 %.

La contraction a été nettement plus prononcée que le ralentissement européen. D’après les données d’Eurostat citées par Money.ro, l’Union européenne a produit environ 34,4 milliards de litres de bière en 2025, soit 0,7 % de moins que l’année précédente, mais encore 2,2 % de plus qu’en 2020. L’Allemagne est restée le premier producteur avec 7,4 milliards de litres, devant l’Espagne avec 5,3 milliards et la Pologne avec 3,5 milliards. Avec les Pays-Bas et la France, ces cinq pays ont assuré environ 60 % de la production européenne.

L’Association des brasseurs de Roumanie cite l’augmentation rapide des droits d’accise parmi les causes du recul national. L’accise sur la bière a progressé de 55 % en quatre ans, dont 26,2 % au cours des 15 derniers mois. Selon la filière, la hausse des taux n’a pas automatiquement accru les recettes publiques : malgré une augmentation de 14,7 % de l’accise en 2025, les contributions directes versées par les producteurs membres ont diminué de près de 30 millions d’euros.

Les importations progressent malgré les investissements locaux

Les brasseries nationales dominent toujours l’approvisionnement et produisent environ 95,5 % de la bière consommée en Roumanie. Les importations ont néanmoins augmenté de 35 % en 2025, à environ 650 000 hectolitres. Leur part de marché est passée d’environ 3 % un an plus tôt à 4,5 %. Les exportations sont restées proches de 330 000 hectolitres, soit autour de 2,5 % du marché.

La poussée des importations renforce la pression sur une industrie locale qui continue d’investir malgré la baisse de la demande. Les investissements du secteur brassicole roumain ont atteint environ 100 millions d’euros en 2025, contre 75 millions d’euros en 2024. Le maintien d’un taux élevé d’utilisation des capacités deviendra plus difficile si les volumes nationaux continuent de reculer et si les produits importés gagnent encore du terrain.

Le secteur et sa chaîne d’approvisionnement représentent environ 57 800 emplois, tandis que leur contribution totale au produit intérieur brut roumain est estimée à près de 3 milliards d’euros. Le marché de la bière lui-même valait environ 2,38 milliards d’euros en 2025. Le recul concerne donc les brasseurs, mais aussi les fournisseurs agricoles, les fabricants d’emballages, les distributeurs et la restauration.

La consommation se déplace vers le domicile et le sans-alcool

La lager, notamment les bières pils et classiques, conservait environ 92 % du marché roumain en 2025. La bière sans alcool et les mélanges sans alcool ont toutefois enregistré la plus forte croissance. Une étude publiée en 2026 par l’Association des brasseurs de Roumanie montre que 31 % des personnes interrogées préfèrent ce segment, une proportion qui atteint 39 % chez les 35-44 ans.

La tendance est également visible à l’échelle européenne. Sur les 34,4 milliards de litres de bière produits dans l’UE en 2025, environ 2,1 milliards étaient sans alcool ou affichaient un titre alcoométrique maximal de 0,5 %. Cette catégorie offre un relais de croissance aux brasseurs roumains dans un marché globalement en baisse, sans compenser encore le recul des volumes de bière traditionnelle.

Les circuits de vente évoluent eux aussi. Les restaurants, pubs et terrasses n’ont représenté qu’environ 9 % de la consommation roumaine de bière en 2025, le plus bas niveau jamais relevé par le secteur. La pression sur les revenus des ménages et la hausse des prix dans la restauration ont favorisé la consommation à domicile. Les producteurs locaux doivent donc adapter leur offre et leur distribution, tout en défendant leur position sur un marché où la bière brassée dans le pays conserve un avantage massif, mais en diminution.

Analyse complète du marché

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience de navigation, fournir du contenu personnalisé et analyser notre trafic. En cliquant sur "Tout accepter", vous consentez à notre utilisation de cookies. Vous pouvez gérer vos préférences ou en savoir plus dans notre Politique de confidentialité.