La collecte de lait au Chili progresse de 4,1 % à 968,9 millions de litres, les cinq premiers à 92,5 %
La collecte industrielle de lait au Chili a atteint 968,9 millions de litres entre janvier et mai 2026, en hausse de 4,1 %, soit 38,5 millions de litres. Colún et Soprole-Prolesur ont capté l'essentiel de la croissance et dépassent ensemble 60 %, tandis que les cinq premiers transformateurs concentrent 92,5 %.
La collecte industrielle de lait au Chili a progressé de 4,1 % entre janvier et mai 2026, pour atteindre 968,9 millions de litres, soit 38,5 millions de litres de plus que sur la même période un an plus tôt, rapporte Supermercado al Día. Sur le seul mois de mai, la hausse a été de 4,6 %, ce qui confirme la tendance à la clôture des cinq premiers mois.
Une croissance inégalement répartie
Derrière le chiffre global se joue une redistribution des volumes entre transformateurs. Colún a collecté 332 millions de litres, 8,2 % de plus qu'un an plus tôt, et a porté sa part de la collecte nationale de 33 % à 34,3 %. Soprole-Prolesur a progressé de 5,8 % et atteint 27,5 % du total. À elles deux, les entreprises réunissent désormais plus de 60 % du lait collecté dans le pays.
Quillayes Surlat et Lactalis ont également augmenté leur collecte, tandis que Nestlé et Watt's ont reçu moins de lait que sur la même période de l'an dernier. Les cinq premiers transformateurs concentrent 92,5 % de la collecte industrielle.
La taille devient la variable décisive
Avec un tel niveau de concentration, la taille cesse d'être une simple donnée pour devenir un avantage opérationnel : elle permet d'investir, de gagner en efficacité et d'offrir de la stabilité aux éleveurs qui approvisionnent les usines, souligne Supermercado al Día. L'arithmétique des cinq premiers mois le montre. La hausse de 8,2 % de Colún et celle de 5,8 % de Soprole-Prolesur dépassent la moyenne du secteur de 4,1 % : les deux groupes ont donc absorbé des litres qui seraient sinon allés vers d'autres usines. Nestlé et Watt's ont perdu du volume alors que la collecte totale augmentait de 38,5 millions de litres, ce qui leur coûte à la fois des litres et des parts de marché.
Côté demande : consommation par habitant et reflux du végétal
Du côté de la demande, Fedeleche estime la consommation de lait au Chili à environ 140 litres par personne et par an, avec un objectif de 180 litres. Cet écart compte pour les transformateurs qui augmentent leur collecte, car les 38,5 millions de litres supplémentaires doivent trouver un débouché en lait liquide, fromages, poudres ou sur les marchés d'exportation. La position de l'organisation professionnelle coïncide avec le recul des alternatives végétales aux États-Unis et au Royaume-Uni et avec le repli régional de NotCo, soit un renversement de la pression de substitution subie par la filière les années précédentes.
Ce que cela implique pour les acheteurs et les éleveurs
Pour les acheteurs industriels, la distribution et la restauration, le chiffre de 92,5 % délimite le terrain de négociation : cinq contreparties fixent les conditions de la majeure partie du lait transformé disponible dans le pays, ce qui réduit la marge pour changer de fournisseur sur le prix ou le volume. Pour les éleveurs, le choix des usines se resserre à mesure que les plus grandes absorbent la croissance, mais c'est cette même taille qui permet à ces usines d'assurer une collecte et des paiements réguliers. La position la plus délicate est celle des transformateurs hors du top cinq : sur un marché en hausse de 4,1 %, stagner ou croître moins vite que le marché revient à perdre des parts même à litres constants. Les 4,6 % de mai indiquent que la matière première continue de progresser ; la bataille des parts entre Colún, Soprole-Prolesur et les autres se jouera donc sur celui qui captera le prochain surplus.