L'accord de libre-échange Inde-Nouvelle-Zélande supprime les droits sur le kiwi, Zespri vise un marché majeur
L'accord de libre-échange entre l'Inde et la Nouvelle-Zélande, dévoilé lors de la visite de Narendra Modi, donne à la Nouvelle-Zélande un accès sans droits de douane au marché indien du kiwi. L'accord supprime le droit de 33% sur jusqu'à 15 000 tonnes par an. Zespri espère faire de l'Inde son cinquième marché en une décennie.
L'Inde supprime les droits sur le kiwi avec le nouvel accord
L'accord de libre-échange entre l'Inde et la Nouvelle-Zélande, dévoilé lors de la visite du Premier ministre Narendra Modi en Nouvelle-Zélande, offre à ce pays un accès sans droits de douane au marché indien du kiwi. Selon Sunlive, la Nouvelle-Zélande est devenue le premier exportateur de kiwi à obtenir un accès en franchise de droits, assorti d'une réduction de 50% des droits sur les volumes hors quota convenu.
L'accord supprime le droit de 33% sur jusqu'à 15 000 tonnes de kiwi par an. Tout volume au-delà de ce seuil sera soumis à un droit réduit de 16,5%. Le droit en vigueur avait coûté aux producteurs néo-zélandais 9 millions de dollars sur 27 millions de ventes la saison dernière, selon Zespri.
Zespri vise l'Inde comme cinquième marché
Zespri, qui commercialise et vend l'essentiel de la récolte néo-zélandaise de kiwi, s'attend à ce que l'accord redéfinisse sa position en Inde. Le directeur général Jason Te Brake a déclaré que les concessions transforment l'Inde d'un marché inférieur à la moyenne, à faibles rendements, en un marché moyen à supérieur à la moyenne. Zespri détient le droit légal d'exporter tout le kiwi néo-zélandais, sauf vers l'Australie, et travaille aussi avec des producteurs sous contrat dans d'autres pays.
Zespri a vendu cette année environ 7 200 tonnes en Inde, réparties à parts égales entre le SunGold et le kiwi vert Hayward. Te Brake s'attend à ce que ce volume plus que double en cinq ans, la part du SunGold montant à 70-75% des expéditions. Il a affirmé que l'Inde pourrait devenir le cinquième marché du kiwi néo-zélandais après l'Europe, la Chine, le Japon et les États-Unis, décrivant un parcours d'environ 10 ans plutôt qu'un basculement immédiat.
Te Brake a mesuré l'opportunité à l'aune des 1,4 milliard d'habitants de l'Inde. Toucher ne serait-ce que 5% de ce marché représenterait, selon lui, 70 à 80 millions de consommateurs. Les ventes mondiales de Zespri ont frôlé 6 milliards de dollars la saison dernière, dont 3,5 milliards pour les fruits néo-zélandais.
La logistique et la propriété intellectuelle restent des obstacles
Te Brake a désigné l'infrastructure de la chaîne d'approvisionnement comme le principal défi. Les fruits sont actuellement transbordés via Singapour, et l'expédition directe de la Nouvelle-Zélande vers l'Inde est à environ trois ans. Face à des problèmes similaires lors de son entrée aux États-Unis, Zespri avait affrété des navires.
L'infrastructure de la chaîne du froid en Inde constitue une autre contrainte. Te Brake a indiqué que 80% des fruits sont vendus sur des étals en bord de route à des températures d'environ 45 degrés sans chaîne du froid, ce qui nuit à la qualité et pousse Zespri vers des canaux de distribution plus modernes. L'entreprise a aussi évoqué la protection de la propriété intellectuelle, rappelant d'anciens problèmes de culture non autorisée de ses variétés en Chine, atténués depuis un renforcement de l'application des droits d'obtention végétale.
Zespri a déclaré ne pas prévoir pour l'instant de s'approvisionner auprès de producteurs indiens tant qu'elle n'a pas de garanties sur la protection de la propriété intellectuelle. Son travail de soutien aux vergers en Inde, visant à améliorer l'approvisionnement de contre-saison, est supervisé par l'agence publique Bioeconomy Science Institute et financé par les revenus des producteurs Zespri.