Le Vietnam avance sur l’accès de ses fruits de la passion et pomelos à quatre marchés
Le Vietnam accélère les procédures techniques pour exporter des fruits de la passion et des pomelos vers les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Australie. Ces débouchés s’accompagnent d’exigences renforcées sur les ravageurs, la traçabilité, les zones de culture et les stations de conditionnement.
Les négociations techniques progressent
Le Vietnam accélère ses démarches pour obtenir ou élargir l’accès des fruits de la passion et des pomelos aux marchés des États-Unis, du Japon, de la Chine et de l’Australie. Le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement et son Département de la production et de la protection des végétaux conduisent les négociations techniques sur la santé végétale, la lutte contre les ravageurs, la sécurité alimentaire et la traçabilité. Cette stratégie peut diversifier les ventes des producteurs et transformateurs, mais elle relève aussi les exigences pour toute la chaîne d’approvisionnement.
Selon Viet Bao, les États-Unis devraient publier en 2026 un avis officiel autorisant l’importation de fruits de la passion vietnamiens. Sa mise en œuvre ouvrirait aux exportateurs un vaste marché imposant des normes strictes de qualité, de sécurité alimentaire et de quarantaine végétale. Le média ne précise ni la date définitive de publication ni les conditions finales d’importation. Le démarrage des expéditions reste donc tributaire de l’achèvement de la procédure réglementaire américaine.
Le Japon et la Chine évaluent les contrôles sanitaires
Le Japon a envoyé des experts au Vietnam pour superviser des essais à grande échelle portant sur les mouches des fruits dans les pomelos. Leurs résultats serviront à définir les mesures de lutte contre le ravageur et les conditions techniques nécessaires à l’ouverture du marché japonais. Pour les producteurs et les stations de conditionnement, l’accès commercial dépendra ainsi de la qualité des fruits, mais aussi de leur capacité à démontrer la maîtrise d’un risque de quarantaine précis.
Les avancées avec la Chine concernent les pomelos et les citrons verts frais. Un protocole fixant les exigences phytosanitaires applicables aux exportations vietnamiennes a été signé le 15 avril 2026. À la demande de l’Administration générale des douanes de Chine, le Vietnam a fourni des images et des vidéos relatives à 140 codes de zones de culture et de sites de conditionnement. D’après Viet Bao, le Département de la production et de la protection des végétaux a aussi soumis à approbation 221 codes de zones de culture et 63 stations de conditionnement.
L’enregistrement place les vergers et les sites agréés au centre des échanges. Les exportateurs devront disposer de fruits traçables issus de plantations admissibles, tandis que les conditionneurs devront respecter les procédures convenues de manutention et de protection phytosanitaire. L’approbation d’un plus grand nombre de codes pourrait élargir la participation, mais la source ne précise pas quand la Chine achèvera son évaluation.
L’Australie reçoit une première cargaison
L’Australie a déjà autorisé l’importation de pomelos vietnamiens et la première cargaison a été exportée en avril 2026. Cette route est ainsi passée de la négociation à l’exploitation commerciale. La régularité des envois dépendra désormais du respect constant des conditions d’importation et de la tenue des documents couvrant les vergers, les traitements et les stations de conditionnement.
La recherche de nouveaux débouchés repose sur une importante base de production. Le plan vietnamien de développement des principales cultures fruitières pour 2025-2030 prévoit de maintenir les fruits de la passion sur 12 000-15 000 hectares, pour une production de 250 000-300 000 tonnes. Les Hauts Plateaux du Centre représentent plus de 80 % des surfaces nationales et plus de 90 % de la production. Le Vietnam a également autorisé la mise en circulation de plus de 40 variétés.
La conformité devient une condition commerciale
La superficie vietnamienne consacrée au pomelo atteint actuellement environ 106 000 hectares. L’élargissement des débouchés exigera une gestion des codes attribués aux zones de culture et aux stations de conditionnement, ainsi qu’un contrôle des ravageurs et une traçabilité. Ces dispositifs déterminent quels producteurs peuvent intégrer les programmes d’exportation et rendent la tenue des registres et la séparation des lots plus importantes pour les collecteurs et transformateurs.
Les négociations interviennent dans un contexte de forte croissance du commerce vietnamien des fruits et légumes. Viet Bao évalue les exportations des sept premiers mois de 2026 à environ 4,83 milliards de dollars, soit une hausse de 24,9 % sur un an. Les fruits de la passion et les pomelos pourraient ajouter de nouveaux débouchés à cette progression. Les gains commerciaux dépendront toutefois des autorisations, de la disponibilité d’une offre conforme et de la capacité des exportateurs à respecter les règles techniques propres à chaque marché.