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L’Uruguay vise le marché indien des huiles alimentaires face à la hausse des coûts

L’Uruguay développe sa production d’huile de soja et de tournesol en considérant l’Inde comme un futur débouché. Ses perspectives dépendront de l’expansion des cultures et de la transformation, ainsi que de sa capacité à concurrencer les fournisseurs établis.

L’Uruguay vise le marché indien des huiles alimentaires face à la hausse des coûts

L’Uruguay s’inspire du modèle exportateur argentin

L’Uruguay développe sa filière des oléagineux et des huiles alimentaires afin d’approvisionner l’Inde, de diversifier ses exportations agricoles et de reproduire le succès de l’Argentine. L’ambassadeur Alberto Antonio Guani Amarilla a déclaré à Mint que la production actuelle restait très faible, mais que l’Inde était déjà considérée comme un marché futur.

Le pays entend privilégier les huiles de soja et de tournesol. Selon Amarilla, l’Uruguay étudie l’expérience argentine et cherche à déterminer comment créer une capacité suffisante pour servir le vaste marché indien. L’Argentine fournit des huiles végétales à l’Inde depuis environ 20 ans et constitue la référence de la stratégie uruguayenne.

Les données du ministère du Commerce citées par Mint montrent que l’Argentine a exporté pour 3,66 milliards de dollars d’huiles alimentaires vers l’Inde au cours de l’exercice 2026. Elle devance l’Indonésie, avec 3,48 milliards de dollars, et la Malaisie, avec 2,94 milliards de dollars. En 2025, la moitié des exportations argentines d’huiles végétales a été destinée à l’Inde, selon Hari Seshasayee, chercheur invité à l’Observer Research Foundation.

La dépendance indienne aux importations crée une ouverture

L’Inde consomme environ 26 millions de tonnes d’huiles alimentaires par an, soit un marché intérieur évalué à 34,75 milliards de dollars par la Solvent Extractors’ Association of India. La production nationale couvre au maximum 40% des besoins. Le pays importe de l’huile de soja d’Argentine et du Brésil, de l’huile de palme d’Indonésie et de Malaisie, et de l’huile de tournesol d’Ukraine et de Russie.

La hausse des prix renchérit cette dépendance. Selon le ministère de la Consommation, les principales huiles alimentaires, notamment de moutarde, d’arachide, de soja, de palme et de tournesol, ont augmenté de ₹14-31 par kg en un an. Les importations indiennes d’huile de palme ont progressé de 12% à 9,6 milliards de dollars au cours de l’exercice 2026, tandis que celles d’huile de soja ont gagné 23% à 6,2 milliards de dollars.

L’Inde a importé pour 3,25 milliards de dollars d’huile de tournesol brute au cours de l’exercice 2026, en baisse de 11,25% sur un an, mais les achats auprès de l’Argentine ont bondi de 158% à 817,57 millions de dollars. Les importations d’huile de soja brute ont augmenté de 12,75%, passant de 4,66 milliards à 5,25 milliards de dollars. L’Argentine en a fourni 2,84 milliards de dollars, soit environ 54%, et le Brésil 1,02 milliard de dollars.

L’échelle, la logistique et la politique détermineront la viabilité

L’Uruguay part d’une base modeste. Des entreprises comme Alcoholes del Uruguay exportent déjà des huiles de soja et de colza, avec une livraison de 11 000 tonnes au Chili et au Bangladesh en août 2025. Les exportations uruguayennes vers l’Inde atteignent environ 80 millions de dollars et sont principalement composées de bois et de produits dérivés. Le commerce bilatéral total s’est élevé à 527,37 millions de dollars au cours de l’exercice 2026.

BV Mehta, directeur exécutif de la Solvent Extractors’ Association of India, a déclaré à Mint que l’Uruguay pourrait devenir un fournisseur supplémentaire s’il accroît les surfaces d’oléagineux et ses capacités de transformation. Le négociant de Delhi Dharam Pal Gupta a souligné que les coûts de production, les prix, la logistique et la compétitivité en Inde seraient déterminants.

L’Uruguay devra également tenir compte de la politique de production indienne. New Delhi vise l’autosuffisance en huiles alimentaires d’ici à l’exercice 2031 en étendant les plantations de palmiers à huile et en portant la production d’oléagineux de 39 millions à 69,7 millions de tonnes. Une percée uruguayenne nécessitera donc une offre compétitive à grande échelle alors que l’Inde cherche parallèlement à réduire ses importations.

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