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Le durcissement des règles européennes et britanniques pèse sur les exportations agroalimentaires du Vietnam

Les exportateurs vietnamiens de produits agricoles et aquatiques font face à des exigences européennes et britanniques plus strictes sur les résidus, la traçabilité, la certification, les emballages et les émissions. L’Europe a acheté ces produits pour 9,28 milliards de dollars en 2025, mais les préférences tarifaires dépendent davantage de la conformité de toute la chaîne.

Le durcissement des règles européennes et britanniques pèse sur les exportations agroalimentaires du Vietnam

Les règles techniques gagnent en importance avec la baisse des droits

Les exportateurs vietnamiens de produits agricoles et aquatiques doivent renforcer leurs contrôles sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, alors que l’Union européenne et le Royaume-Uni durcissent leurs exigences relatives à la sécurité alimentaire, à la santé animale et végétale, à la traçabilité et à la durabilité. Lors d’une conférence organisée le 24 juillet à Hô Chi Minh-Ville, les autorités et les représentants professionnels ont estimé que les tarifs préférentiels des accords EVFTA et UKVFTA ne suffisaient plus à garantir l’accès aux marchés sans conformité technique constante.

Selon Viet Bao, le Vietnam a exporté vers l’Europe pour 9,28 milliards de dollars de produits agricoles, forestiers et aquatiques en 2025. La région a représenté environ 13 % des exportations du secteur et s’est classée troisième derrière la Chine et les États-Unis. Ngô Hồng Phong, responsable de l’administration chargée de la qualité, de la transformation et du développement des marchés, a déclaré que les accords commerciaux continuaient d’offrir des débouchés, mais que les exportateurs devaient s’adapter à des normes plus exigeantes.

Les limites de résidus et les contrôles accroissent les risques

Au premier semestre 2026, les membres de l’Organisation mondiale du commerce ont publié 601 notifications concernant des projets ou des mesures sanitaires et phytosanitaires en vigueur, selon Ngô Xuân Nam, directeur adjoint du bureau SPS vietnamien. L’UE en a publié 74 et le Royaume-Uni 15. Les différences entre les deux marchés peuvent contraindre les exportateurs à mettre en place des procédures distinctes.

L’UE a abaissé les limites maximales de résidus de plusieurs substances actives de pesticides, parfois jusqu’à 0,01–0,05 mg/kg. Des substances déjà interdites au Vietnam, dont l’endosulfan, restent strictement contrôlées, tandis que les produits destinés à l’UE nécessitent une surveillance renforcée même lorsque le pesticide est autorisé sur le marché intérieur. Une modification des seuils, des documents phytosanitaires ou de l’étiquetage peut entraîner une alerte, davantage de contrôles ou le renvoi d’un lot.

Les contrôles aux frontières de l’UE restent soutenus. Au premier semestre 2026, leur fréquence atteignait 50 % pour le gombo et les piments du genre Capsicum, 30 % pour le fruit du dragon et 20 % pour le durian frais ou réfrigéré. Seuls cinq fruits — ananas, noix de coco, durian, banane et datte — étaient dispensés de certificat phytosanitaire. Le contrôle doit donc commencer dans les exploitations et les zones de culture.

Produits aquatiques, certification numérique et emballages

Pour les produits aquatiques, l’UE impose des contrôles sur toute la chaîne selon le principe « de la ferme à la table ». En 2026, 510 établissements vietnamiens étaient autorisés à exporter vers l’UE et 617 vers le Royaume-Uni. Les lots destinés à l’UE nécessitent un certificat sanitaire électronique via TRACES NT, tandis que le Royaume-Uni utilise le Border Target Operating Model avec ses propres procédures et formulaires. Les alertes européennes récentes ont surtout concerné les résidus d’antibiotiques et de médicaments vétérinaires, les substances interdites, les lacunes de traçabilité et les questions non résolues liées au carton jaune IUU de l’UE.

Les exigences dépassent aussi la sécurité alimentaire. Le système ELAN de TRACES doit devenir pleinement applicable le 17 janvier 2028 et numériser plusieurs procédures spécialisées hors douane. À partir de 2028, les importateurs européens devront également recueillir les données d’émissions de carbone de leurs fournisseurs extérieurs à l’UE.

Le règlement sur les emballages et déchets d’emballages doit s’appliquer à partir du 12 août 2026, tandis que de nombreux emballages plastiques à usage unique seront interdits dans l’UE dès 2030. L’Allemagne exige déjà l’enregistrement des emballages et le respect de la responsabilité élargie du producteur. Hô Chi Minh-Ville compte plus de 450 exportateurs agricoles, forestiers et aquatiques et soutient la numérisation, le verdissement des activités et la logistique. Leurs exportations ont atteint environ 8,29 milliards de dollars au premier semestre 2026. L’accès durable à l’Europe dépendra davantage du contrôle des résidus, de registres fiables, d’étiquettes adaptées, de matériaux conformes au contact alimentaire et de données environnementales vérifiables.

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