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La récolte record de pois en Russie fait chuter les prix de 40 %

La Russie a récolté 5,7 millions de tonnes de pois, dépassant les capacités immédiates du marché intérieur et des débouchés extérieurs. Les prix producteurs ont reculé de 37–40 %, tandis que les stocks, les contraintes portuaires et la vigueur du rouble continuent de peser sur les marges.

La récolte record de pois en Russie fait chuter les prix de 40 %

Une récolte record crée un excédent intérieur

La récolte russe de pois, exceptionnellement abondante, a transformé une culture rentable en problème de stockage et de commercialisation. Selon Forbes Russia, le pays a produit 5,7 millions de tonnes l’an dernier, soit 50 % de plus que les 3,8 millions de tonnes de 2024. Les producteurs n’ont pas pu écouler l’ensemble du volume et les acheteurs intérieurs ont différé leurs commandes en anticipant une offre abondante.

Les prix producteurs ont chuté de 37–40 %, selon Vladimir Poklad, de Delovoy Profil. La tonne de pois, vendue entre 22 000 et 26 000 roubles en début de campagne, ne valait plus que 15 000–16 000 roubles à la fin. Les exploitants supportent également des frais de stockage, car une partie de la récolte précédente reste dans les entrepôts. D’après Natalia Zgurskaya, directrice générale de Zemlitsa, les pois se négocient désormais moins cher que le blé.

Les exportations progressent, mais la logistique et le change limitent les recettes

La Russie a exporté plus de 1,3 million de tonnes de légumineuses au premier semestre 2026, hors données de juin des pays de l’Union économique eurasiatique, selon le Centre fédéral Agroexport. Les volumes ont augmenté de 8 % sur un an. La Chine a représenté 56 % des expéditions, la Turquie 15 % et le Pakistan 10 %.

Les livraisons de pois à la Chine ont progressé de 85 % au premier semestre 2026. Oleg Nikolaev, de l’Institut Stolypine pour l’économie de la croissance, a toutefois indiqué que les volumes avaient été multipliés par 2,3, alors que les recettes avaient augmenté de moins de 100 %, signe d’une baisse du prix unitaire. Les restrictions dans les ports de Rostov et d’Azov, la concentration des flux à Novorossiïsk et la vigueur du rouble compliquent aussi les ventes. Le droit d’exportation de 5 %, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, réduit encore les marges lorsque les prix sont faibles.

La baisse de l’offre mondiale pourrait faciliter le déstockage

Le Conseil international des céréales prévoit une baisse de près de 14 % de la production mondiale de pois cette campagne, à 15,7 millions de tonnes. Le Canada, l’un des principaux concurrents de la Russie, a récolté environ 4 millions de tonnes l’an dernier, mais pourrait produire moins de 3 millions de tonnes cette année en raison de la météo, selon des prévisions initiales citées par Forbes Russia. L’Union européenne devrait également privilégier ses besoins intérieurs, même si le Canada dispose d’importants stocks de report.

La part de la Russie dans la production mondiale de pois est passée de 6 % à 10 % l’an dernier. Ses débouchés extérieurs s’élargissent donc au moment où les exploitations doivent libérer leurs entrepôts. Les exportations de l’ensemble des légumineuses pourraient dépasser les 3 millions de tonnes de l’an dernier, mais les stocks de report devraient contenir les prix au moins pendant la première moitié de la campagne agricole.

La baisse de rentabilité influe sur les semis

Le bilan prévisionnel du ministère de l’Agriculture situe la superficie russe consacrée aux légumineuses en 2026 à environ 4 millions d’hectares ou moins, contre 4,1 millions un an auparavant. Poklad prévoit 2,2 millions d’hectares de pois, comme l’an dernier, tandis que Ruseed avance environ 1,85 million d’hectares. La part des pois dans les surfaces de légumineuses est passée de 67 % en 2020 à 54,9 % en 2025.

Si les conditions météorologiques sont proches des moyennes historiques, la Russie pourrait récolter 4,1–4,2 millions de tonnes de pois en 2026, estime Margarita Svishcheva, analyste chez Ruseed. Ce volume serait inférieur au record précédent, mais resterait élevé à l’échelle historique. Le ministère prévoyant une récolte totale de légumineuses de 7,5 millions de tonnes ou plus, la croissance des exportations sera indispensable pour éviter une nouvelle accumulation des stocks.

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