La récolte de maïs de l’UE devrait chuter de 19 %, resserrant l’offre régionale
Expana prévoit une récolte de maïs de 46,2 millions de tonnes dans l’UE en 2026/27, en baisse de 19 % sur un an. La chaleur, la sécheresse et l’irrégularité des pluies dégradent les perspectives, tandis que la Roumanie reste l’une des origines européennes les plus solides.
L’offre de maïs se dégrade dans l’UE
La récolte de maïs de l’Union européenne devrait reculer de 19 % sur un an, à 46,2 millions de tonnes, durant la campagne 2026/27, selon les chiffres d’Expana rapportés par AgroIntel. Cette contraction resserre le bilan régional et a soutenu les prix du maïs par rapport à l’an dernier, tandis que le blé s’est déprécié sur la même période.
Les conditions météorologiques ont dégradé les perspectives dans plusieurs grandes zones de production. Les vagues de chaleur estivales et le risque d’aflatoxines ont encore affaibli les prévisions françaises. En Allemagne, la sécheresse et l’irrégularité des précipitations devraient également réduire la récolte. Les acheteurs européens font ainsi face à un bilan du maïs nettement plus tendu que celui du blé.
À l’échelle mondiale, l’offre devrait également rester inférieure à la demande. Le département américain de l’Agriculture prévoit une production de maïs de 1,291 milliard de tonnes en 2026/27, en baisse de 3 % par rapport à la campagne précédente. La consommation atteindrait 1,320 milliard de tonnes et les stocks de fin de campagne reculeraient à 272 millions de tonnes, maintenant la pression sur les réserves disponibles.
La Roumanie apporte un soutien partiel
La Roumanie compte parmi les rares origines européennes dont les perspectives restent relativement solides. L’USDA a relevé ce mois-ci sa prévision de récolte roumaine de 600 000 tonnes, à 7,837 millions de tonnes. Cette révision provient entièrement d’une amélioration du rendement attendu et non d’une extension des surfaces cultivées.
La situation demeure toutefois contrastée à l’intérieur du pays. Une grave sécheresse a fortement réduit les récoltes dans l’ouest de la Roumanie, tandis que de meilleures hypothèses de rendement ailleurs ont soutenu la prévision nationale. Le maïs roumain pourrait donc gagner en importance pour les utilisateurs régionaux, mais les pertes locales montrent que les disponibilités réelles restent exposées au risque météorologique.
Le blé offre une solution de remplacement
Le marché du blé présente un problème d’approvisionnement moins aigu. La prévision de septembre de l’USDA situe la production mondiale de 2026/27 à 822 millions de tonnes, environ 3 % sous la campagne précédente, face à une consommation de 827 millions de tonnes et à des stocks finaux de 276 millions de tonnes. Expana estime la récolte de blé tendre de l’UE à 126,1 millions de tonnes, en baisse de 8 %.
La France a récolté moins de blé, mais sa qualité s’est nettement améliorée. FranceAgriMer a relevé une teneur moyenne en protéines de 11,8 %, contre 11,3 % en 2025, ainsi qu’une hausse du poids spécifique de 78,6 à 79,3 kilogrammes par hectolitre. L’humidité moyenne a diminué de 12,6 % à 11,3 %, et la part de blé de qualité supérieure a atteint son plus haut niveau depuis 20 ans.
La récolte allemande de blé a été annoncée à 20,6 millions de tonnes, tandis qu’un mois d’août pluvieux a retardé la fin des moissons polonaises jusqu’au début septembre. L’USDA chiffre la récolte roumaine à 12,5 millions de tonnes, signalant une offre intérieure stable sans forte pression haussière sur les prix. Les fabricants d’aliments pour animaux capables d’adapter leurs formules pourront remplacer une partie du maïs rare par du blé moins cher, même si les exigences de qualité et les disponibilités locales limiteront cette substitution.