La récolte céréalière russe attendue à 134-135 millions de tonnes malgré les retards
La Russie devrait récolter 134-135 millions de tonnes de céréales, dont 88,5 millions de tonnes de blé, malgré les retards liés à la météo et aux semis tardifs de printemps. Les rendements élevés, la qualité du blé sibérien et un possible moratoire sur les droits d’exportation pourraient soutenir les ventes, tandis que le Kazakhstan limite les importations russes.
Les rendements compensent le retard de la moisson
La récolte céréalière progresse correctement en Russie malgré les retards causés par la météo et les semis tardifs de printemps, a rapporté OleoScope depuis le forum « Céréales de Sibérie ». Vladimir Petrichenko, directeur du cabinet moscovite ProZerno, prévoit un rendement national supérieur à 30 quintaux par hectare.
ProZerno estime actuellement la récolte russe à 134-135 millions de tonnes de céréales, dont 88,5 millions de tonnes de blé. Contrairement aux deux campagnes précédentes, les rendements du sud n’ont pas baissé et soutiennent le résultat national. En Sibérie, ils dépassent la moyenne de long terme, tout en restant inférieurs aux records des deux dernières années.
Les premiers contrôles montrent que 31 % du blé russe récolté relève de la troisième classe et 47 % de la quatrième, selon Maria Shostak, directrice de l’antenne de l’Altaï du Centre fédéral pour la sécurité et l’assurance qualité des produits agricoles. Les 22 % restants n’atteignent pas la qualité alimentaire. Dans le district fédéral sibérien, 68 % des céréales sont de qualité alimentaire.
La Sibérie domine pour les protéines et le gluten
En 2026, la Sibérie affichait la teneur en protéines la plus élevée du blé russe, à 13,6 %, contre 12,5 % dans le district fédéral du Sud et 12 % dans la région de la Volga. La moyenne nationale atteignait 12,7 % l’année précédente. Les céréales sibériennes arrivent également en tête pour la teneur moyenne pondérée en gluten, à 24,5 %, un critère important pour les exportateurs et les meuniers.
Le territoire de l’Altaï se classe premier en Sibérie pour la qualité des céréales. Dans l’ouest de la steppe de Koulounda, 93 % de la récolte a été classée en blé de troisième classe, et 618 000 tonnes sont déjà stockées dans l’Altaï. Ces volumes peuvent renforcer la position de la région auprès des acheteurs de blé meunier riche en protéines.
Les perspectives sont moins favorables pour le pois. Sergei Pluzhnikov, responsable de Russian Pulses Analytics, a indiqué que sa précédente prévision d’une baisse annuelle de 10-15 % pourrait devoir être revue davantage à la baisse en raison de la sécheresse dans l’Altaï, l’une des trois principales régions productrices russes. Même un recul de 15-20 % par rapport à la récolte record annoncée de 5,7 millions de tonnes laisserait un volume important. La baisse de la production canadienne pourrait créer de nouvelles possibilités pour les fournisseurs russes en Chine, en Inde et sur d’autres grands marchés, mais les acheteurs réclament de plus en plus des lots propres et séparés par variété.
La politique commerciale au centre des débats
Le recul des prix russes a rendu le blé attractif pour les transformateurs kazakhs. Les livraisons russes au Kazakhstan ont atteint 1,92 million de tonnes entre septembre 2025 et juillet 2026, selon l’Union céréalière du Kazakhstan. L’organisation prévoit un total de 2,05 millions de tonnes sur douze mois, soit environ six fois le volume de la campagne précédente.
Le Kazakhstan a instauré le 27 juillet 2026 une interdiction partielle des importations de blé russe, mais les achats restent actifs, a déclaré le représentant de l’Union Yevgeny Karabanov. L’offre ne provient plus seulement de Sibérie, mais aussi des régions de Rostov, Samara, Saratov et Volgograd, ainsi que du Bachkortostan et du Tatarstan.
Le forum a aussi examiné le projet du ministère russe de l’Agriculture de suspendre les droits d’exportation sur les céréales du 1er septembre au 31 décembre 2026. Petrichenko a précisé que le décret gouvernemental n’avait pas encore été publié. Les participants jugent qu’une reprise des achats publics d’intervention offrirait un soutien plus puissant. Les réserves russes s’élèvent à environ 3,7 millions de tonnes et le ministère étudie des achats de 1-3 millions de tonnes. À titre de comparaison, l’État avait acheté environ 9,5 millions de tonnes en 2008-2009, tandis que la consommation intérieure annuelle atteint 83-84 millions de tonnes.