Le Monténégro immobilise trois conteneurs de bœuf brésilien réétiqueté destinés au Kosovo
Les douanes monténégrines ont immobilisé au port de Bar trois conteneurs de bœuf brésilien congelé après avoir constaté que les déclarations d'origine, portant des dates limites dépassées, avaient été retirées et remplacées par des étiquettes falsifiées. La cargaison visait un acheteur du Kosovo et les autorités vérifient les livraisons antérieures du même fournisseur.
L'administration des douanes du Monténégro a immobilisé au port de Bar trois conteneurs de bœuf brésilien congelé après que ses agents ont établi que les déclarations d'origine, portant des dates limites de consommation dépassées, avaient été retirées et remplacées par de nouvelles étiquettes falsifiées à la date modifiée. La cargaison était destinée au marché du Kosovo.
L'affaire a été rapportée par le média macédonien racin.mk, qui cite le communiqué officiel des douanes monténégrines. L'acheteur n'y est désigné que par la mention A….ShpK. Le média kosovar KOHA, citant les autorités monténégrines, a également rendu compte de l'affaire.
La saisie au port de Bar
Selon racin.mk, les trois conteneurs ont été repérés lors de contrôles renforcés au bureau de douane de Bar. Les douanes ont également établi que les conteneurs avaient été soustraits à la surveillance douanière sans autorisation de l'administration, une infraction distincte portant sur des marchandises encore placées sous contrôle douanier.
L'Administration pour la sécurité alimentaire, les affaires vétérinaires et phytosanitaires du Monténégro ainsi que la police ont été informées immédiatement et l'enquête se poursuit. Ni la quantité totale de viande concernée ni la valeur de la cargaison n'ont été rendues publiques.
Le réétiquetage se faisait dans l'entrepôt frigorifique du port
Lors d'une vérification complémentaire dans un entrepôt frigorifique du port, les inspecteurs ont trouvé des ouvriers engagés par une société du Kosovo en train de retirer à l'outil les déclarations d'origine apposées sur le bœuf congelé. Ces déclarations portaient la date limite de consommation dépassée. De nouvelles déclarations à la date modifiée étaient ensuite posées à leur place.
Ce détail compte pour l'ensemble de la chaîne : le réétiquetage était une opération physique menée dans l'enceinte du port, et non un simple écart dans les documents de transport. Les enquêteurs monténégrins doivent maintenant déterminer qui a organisé la substitution des déclarations, quel volume de viande l'affaire recouvre et si le même fournisseur avait déjà injecté d'autres lots dans la chaîne d'approvisionnement régionale.
Un risque qui dépasse les trois conteneurs
Les douanes monténégrines ont indiqué que, selon les informations dont elles disposent, certaines entreprises de transformation de viande au Monténégro s'approvisionnent auprès de la personne morale kosovare liée à l'affaire. Les institutions vérifient donc si des produits de ce fournisseur ont été distribués auparavant, et dans quelle proportion. KOHA a rapporté que la distribution antérieure éventuelle de produits de la société liée à la cargaison fait l'objet de vérifications.
Pour les transformateurs et les négociants, les questions ouvertes sont très concrètes :
- savoir si les trois conteneurs constituent un cas isolé ou un envoi dans une série plus longue ;
- identifier les lots du même fournisseur déjà arrivés chez les transformateurs et dans la distribution ;
- mesurer jusqu'où les registres de traçabilité permettent de remonter ces lots.
À ce stade, aucune information officielle n'indique que la viande des trois conteneurs immobilisés soit parvenue à des consommateurs au Kosovo. Aucune donnée publique ne montre non plus que des lots contestés ou des produits des mêmes séries soient entrés en Macédoine du Nord, même si les produits d'origine animale y sont soumis au contrôle vétérinaire à l'importation et en transit, et que l'Agence pour l'alimentation et la médecine vétérinaire y applique des règles de traçabilité des denrées d'origine animale.
Contrôles régionaux renforcés sur la viande brésilienne
L'affaire émerge alors que les contrôles sur la viande brésilienne ont déjà été durcis dans la région. Depuis début septembre, le Monténégro a restreint l'importation de certaines viandes bovines et de poulet brésiliennes dans le cadre de son alignement sur les mesures de l'Union européenne.
En juin de cette année, l'Agence pour l'alimentation et la médecine vétérinaire de Macédoine du Nord a empêché l'importation de plus de 23,6 tonnes de viande de poulet brésilienne congelée pour non-respect de l'interdiction en vigueur liée à la protection contre la grippe aviaire. Ce dossier n'est pas directement lié aux conteneurs immobilisés à Bar, mais il désigne le même point de tension : la viande congelée brésilienne entre dans les Balkans occidentaux par un nombre restreint de ports et de postes frontaliers, sous des règles qui se rapprochent du régime européen.