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Le marché mondial de l'orange change d'hémisphère, l'Espagne attend 2,8 millions de tonnes

Les campagnes de l'hémisphère Sud s'achèvent tandis que les origines méditerranéennes et les autres pays de l'hémisphère Nord préparent leur démarrage, rapporte FreshPlaza. L'Espagne estime sa récolte 2026/27 à 2,8 millions de tonnes, en baisse de 4,6%, alors que les importateurs néerlandais décrivent la pire saison sud-africaine connue et que les prix de gros allemands reculent à 1,10-1,30 € le kilo.

Le marché mondial de l'orange change d'hémisphère, l'Espagne attend 2,8 millions de tonnes

Le marché mondial de l'orange est entré dans sa transition annuelle entre hémisphères. Les campagnes de l'hémisphère Sud touchent à leur fin tandis que les origines méditerranéennes et les autres fournisseurs de l'hémisphère Nord préparent leurs nouvelles saisons, rapporte FreshPlaza. Les oranges sud-africaines continuent de dominer plusieurs marchés européens, mais les perturbations logistiques, l'évolution des flux commerciaux et l'hétérogénéité des calibres ont façonné les disponibilités et les prix dans les dernières semaines de campagne. La demande européenne reste contrastée : les ventes d'oranges de table se sont raffermies en France, la consommation est lente aux Pays-Bas et les prix de gros ont reculé en Allemagne.

L'Espagne prévoit 2,8 millions de tonnes, l'Italie prépare son démarrage

La récolte espagnole d'oranges pour la campagne 2026/27 est estimée à 2,8 millions de tonnes, en baisse de 4,6%, soit 134 300 tonnes, par rapport à la saison précédente, et de 7,4%, soit 224 600 tonnes, par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon le ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation. Les oranges devraient représenter 49% du volume total d'agrumes du pays.

En Italie, les prix restent stables à l'approche du changement de saison, avec une offre encore largement dominée par les produits d'outre-mer. Selon un grossiste du sud du pays, la disponibilité prolongée jusqu'en août d'oranges Valencia égyptiennes à des prix compétitifs a soutenu la consommation et modéré les attentes vis-à-vis de l'offre sud-africaine. L'Afrique du Sud constitue aujourd'hui la principale origine sur le marché italien, malgré une qualité irrégulière, tandis que les volumes sud-américains sont plus limités. La présence persistante de volumes importants d'outre-mer pourrait ralentir les exportations des premières oranges italiennes et espagnoles, d'abord destinées à leurs marchés intérieurs respectifs. Les variétés les plus tardives de l'hémisphère Sud montrent pour leur part des signes d'amélioration qualitative.

Un producteur sicilien décrit des cultures en phase normale de croissance des jeunes fruits et dans un état moyen : elles ont bien résisté aux températures estivales élevées grâce à une irrigation attentive, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la campagne 2026/27. Dans l'ouest de la Sicile, la récolte de la variété précoce Navelina devrait débuter autour du 20 novembre et se poursuivre jusqu'en décembre, avant que la Washington Navel ne prenne le relais de fin décembre à mars.

Données de consommation en Italie

Selon les enquêtes YouGov citées par FreshPlaza, le taux de pénétration des oranges reste stable, autour de 71% des foyers italiens sur l'année se terminant en juillet 2026. La dépense par acte d'achat est restée stable à un peu plus de 3 €, tandis que la dépense moyenne par acte d'achat a reculé à environ 1,85 €. Le segment biologique n'atteint qu'un taux de pénétration de 20%, stable dans le temps, malgré un chevauchement important entre acheteurs de bio et de conventionnel. Les supermarchés restent dominants, suivis des magasins discount et des hypermarchés ; les primeurs affichent 10% de pénétration, proche des 13% des hypermarchés.

Europe du Nord : ventes difficiles aux Pays-Bas, prix en baisse en Allemagne, demande ferme en France

Un importateur néerlandais explique que même des fournisseurs expérimentés parlent de la pire année jamais connue pour les agrumes sud-africains, résultat d'une conjonction de facteurs défavorables. De fortes précipitations printanières ont été suivies de puissantes rafales de vent qui ont occasionné d'importants dommages sur l'épiderme des fruits. Les fruits ont eu du mal à atteindre le taux de Brix souhaité et les qualités gustatives se sont révélées très variables. S'y sont ajoutées de nombreuses difficultés logistiques : les ports, en particulier dans le nord, ont été fortement congestionnés et, à certains moments, plusieurs millions de colis étaient bloqués dans l'attente de leur expédition. Pour des produits déjà de qualité inférieure, un retard d'une à deux semaines est extrêmement préjudiciable, et les intempéries ont de nouveau retardé l'ensemble des opérations la semaine dernière.

Les données de la distribution citées par l'importateur montrent une consommation d'oranges inférieure de 10 à 15% à celle de l'an dernier aux Pays-Bas, les températures élevées ayant orienté les consommateurs vers d'autres produits comme les melons. Le pamplemousse et, dans une moindre mesure, l'orange sont surtout achetés par des consommateurs plus âgés, une tendance observée depuis plusieurs années. Les derniers volumes d'oranges sont déjà en route et l'importateur estime que le marché n'aura d'autre choix que d'écouler de grosses oranges destinées au jus sur le marché du frais, ce qui rendra le démarrage de la saison des oranges à jus plus difficile compte tenu des volumes encore disponibles.

En Allemagne, les oranges blondes Valencia Late d'Afrique du Sud s'écoulaient trop lentement sur les marchés de gros et leurs prix ont baissé. Les prix de gros des Valencia Late et des Navel sud-africaines se situaient récemment entre 1,10 et 1,30 € le kilogramme, soit légèrement en dessous du niveau enregistré à la même période l'an dernier. Selon le dernier rapport de marché de la BLE, les oranges égyptiennes avaient quasiment disparu du marché entre les semaines 36 et 37.

La France fait figure de contrepoint. La demande s'est renforcée au cours des deux dernières semaines, soutenue par des volumes relativement limités sur le marché et une forte attention portée à la qualité des fruits. Les oranges sud-africaines sont les plus représentées, avec une dynamique particulièrement positive pour les variétés de bouche, et les prix restent à des niveaux satisfaisants grâce à une bonne demande, des disponibilités maîtrisées et des fruits de qualité élevée.

L'Égypte, l'Amérique du Nord et l'Inde face à leurs propres transitions

En Égypte, une saison exceptionnellement longue se poursuit, portée par une demande tardive pour des calibres auparavant moins recherchés. En Amérique du Nord, les petits calibres deviennent plus difficiles à trouver à mesure que la saison des Valencia californiennes s'achève, tandis que la Floride se prépare à débuter ses récoltes. L'Inde approche également de la transition entre les oranges importées et la production nationale.

Analyse complète du marché

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