La Chine achète environ 1 million de tonnes de soja américain avant la visite de Xi à Washington
La Chine a acheté près d'1 million de tonnes de soja américain en une seule semaine, rapporte Reuters en citant quatre sources commerciales. Ces achats précèdent le déplacement du président chinois Xi Jinping à Washington. La Chine est le premier importateur mondial d'oléagineux et un tel volume détourne la demande des origines sud-américaines.
La Chine a acheté cette semaine environ 1 million de tonnes de soja américain, rapporte l'agence Reuters en citant quatre sources commerciales. Ces achats interviennent avant le déplacement du président chinois Xi Jinping à Washington. La Chine est le premier importateur mondial d'oléagineux.
Un volume hebdomadaire d'ampleur inhabituelle
Le tonnage décrit par les sources commerciales — près d'1 million de tonnes contractées en une seule semaine — est important pour une seule origine sur une période aussi courte. L'article de Reuters, repris par le média thaïlandais MGR Online, ne précise ni les acheteurs, ni les usines de trituration et ports de destination, ni les périodes d'embarquement.
Pour la filière exportatrice américaine, une affaire de cette taille se ressent d'abord à l'origine. Elle passe par les programmes de chargement du Golfe et du nord-ouest Pacifique, par les barges et le rail depuis l'intérieur du pays, et par la base payée au producteur au silo. Le soja acheté par la Chine est trituré en tourteau pour l'alimentation animale et en huile alimentaire, ce qui relie directement l'opération aux coûts des éleveurs porcins et avicoles chinois.
Le calendrier, à la veille de la rencontre de Washington
Les achats ont été signalés en amont du voyage de Xi à Washington. Les matières premières agricoles, et le soja en particulier, ont servi à plusieurs reprises d'instrument le plus visible dans la relation commerciale entre les deux pays : les volumes sont importants, les contrats s'exécutent en quelques jours et l'effet apparaît vite dans les statistiques officielles d'exportation.
Ce point compte pour toute projection de demande. L'achat commercial suit les marges de trituration, le coût de remplacement et la disponibilité des navires. L'achat calé sur un agenda diplomatique n'y est pas tenu. Tant que la suite n'apparaît pas dans les ventes à l'export et les inspections hebdomadaires, un total d'une semaine dit peu de chose du rythme des expéditions sur le reste de la campagne.
Ce que cela signifie pour les origines concurrentes
Le Brésil et l'Argentine sont les principales origines de substitution pour la demande chinoise de soja. Les cargaisons réservées aux États-Unis sont des cargaisons non réservées en Amérique du Sud, et la substitution se voit rapidement dans les primes FOB des ports brésiliens et dans la demande de fret sur l'Atlantique. Les exportateurs qui tablaient sur un programme d'achat chinois stable font désormais face à un acheteur disposant d'une seconde option, à charge politique.
L'effet ne se limite pas au prix. Les triturateurs chinois travaillent avec des marges étroites et choisissent l'origine en fonction de celles-ci. Si le soja américain est pris pour d'autres raisons que la marge, la référence de prix utilisée par les vendeurs sud-américains perd une partie de sa valeur prédictive pour la fin de la campagne.
Points à surveiller
- La confirmation, ou non, du tonnage décrit par les sources commerciales dans les données officielles américaines de ventes à l'export, et sa répartition par période d'embarquement.
- La poursuite des achats après la rencontre de Washington, qui distinguerait une demande commerciale d'une demande politique.
- La réaction des primes FOB brésiliennes et du fret atlantique au déplacement de la demande entre origines.
- Les marges de trituration chinoises et la demande d'aliments du secteur porcin, qui fixent le plafond d'absorption.
- La répartition entre acheteurs liés à l'État et triturateurs privés, qui sépare habituellement l'achat stratégique de l'achat commercial.