Les importations de blé du Vietnam bondissent de 29% en juin, à 507 000 tonnes
Le Vietnam a importé 507 000 tonnes de blé en juin 2026 pour 140 millions de dollars, en hausse de 29% en volume sur un mois, selon soha.vn citant les douanes. Sur le semestre, les achats ont atteint 4,88 millions de tonnes, portés par la demande de l'alimentation animale.
Les achats de juin progressent en volume et en valeur
Le Vietnam a importé 507 000 tonnes de blé de tous types en juin 2026, pour une valeur de 140 millions de dollars, selon les chiffres préliminaires du Département général des douanes cités par soha.vn. Le volume a progressé de 29% et la valeur de 31,8% par rapport au mois précédent, prolongeant la forte expansion des importations au premier semestre.
Sur les six premiers mois de 2026, les importations de blé ont atteint environ 4,88 millions de tonnes pour 1,27 milliard de dollars, en hausse de 60,2% en volume et de 55,7% en valeur sur un an. Le Vietnam ne produit quasiment pas de blé à l'échelle commerciale, son climat s'y prêtant mal, et dépend donc des importations pour alimenter à la fois la meunerie et l'industrie des aliments pour animaux.
Les fournisseurs se déplacent vers le Canada
À fin mai, l'Australie restait le premier fournisseur de blé du Vietnam avec plus de 591 000 tonnes pour 163,8 millions de dollars, rapporte soha.vn. Les livraisons australiennes ont toutefois reculé de 8,8% en volume et de 7,4% en valeur par rapport à la même période un an plus tôt. Le Brésil arrivait deuxième avec 423 600 tonnes pour 108,7 millions de dollars, en net repli de 57,2% en volume et de 57,3% en valeur.
Le Canada a évolué en sens inverse. Sur les cinq premiers mois de 2026, le Vietnam a acheté 366 000 tonnes de blé canadien pour 102 millions de dollars, en hausse de 92,2% en volume et de 81% en valeur sur un an, ce qui en fait l'origine à la plus forte croissance.
La demande de l'alimentation animale et de la transformation tire la tendance
Selon des importateurs cités par soha.vn, les besoins en matières premières des filières de l'alimentation animale et de l'aquaculture approchent désormais 30 millions de tonnes par an, le maïs et le blé constituant les principales sources d'énergie et le soja l'apport clé en protéines. La demande de la transformation alimentaire — nouilles instantanées, confiserie, huile de cuisine et lait de soja — augmente également.
Le dernier rapport de l'USDA a relevé que l'offre mondiale de maïs et de soja pour la campagne 2025-2026 reste élevée grâce aux importantes récoltes du Brésil et des États-Unis, ce qui maintient les prix des céréales bas et incite les entreprises vietnamiennes à importer et à constituer des stocks. L'offre intérieure est limitée : les surfaces de maïs et de soja continuent de se réduire, les agriculteurs se tournant vers des cultures à plus forte valeur.
La dépendance aux importations expose les coûts
L'Association vietnamienne de l'alimentation animale a indiqué que les matières premières importées représentent une large part du coût de production des aliments, le blé dépendant presque entièrement des importations tandis que le maïs et le soja nationaux ne couvrent qu'une partie des besoins de transformation. Les éleveurs se trouvent ainsi exposés dès que les prix mondiaux des céréales ou les coûts de fret bougent.
Depuis fin février, l'escalade du conflit au Proche-Orient a ravivé la crainte d'une nouvelle hausse des coûts des matières premières et du transport, poussant de nombreuses entreprises à accélérer leurs importations et à stocker pour les derniers mois de l'année. Des analystes cités par soha.vn estiment que le Vietnam ne réduira guère sa dépendance aux céréales fourragères importées, compte tenu des contraintes de terres, de rendements et d'efficacité agricole, si bien que son secteur de l'élevage restera très exposé aux fluctuations des marchés agricoles mondiaux.