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La hausse du blé accentue la pression sur la sécurité alimentaire des pays arabes

Les perturbations en mer Noire et les tensions géopolitiques renchérissent les importations de blé des économies arabes. L’Égypte est le grand acheteur le plus exposé, tandis que les subventions détermineront si le choc frappe d’abord les consommateurs ou les finances publiques.

La hausse du blé accentue la pression sur la sécurité alimentaire des pays arabes

Les perturbations en mer Noire renchérissent les achats

Les économies arabes subissent une nouvelle pression liée au renchérissement du blé, alors que les tensions géopolitiques, les difficultés de navigation et l’incertitude entourant les exportations de la mer Noire augmentent le coût d’un aliment de base. Jamaran, citant un reportage d’Al Jazeera, souligne que la dépendance régionale aux céréales importées expose les budgets publics et les consommateurs à la volatilité mondiale.

Reuters a indiqué que les cargaisons de blé prévues pour livraison en octobre coûtaient 25 % de plus qu’avant le resserrement de l’offre et les perturbations du transit en mer Noire liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ce corridor relie l’Asie à l’Europe et joue un rôle central dans l’approvisionnement agricole de marchés très peuplés. La Russie et l’Ukraine représentent ensemble plus du quart du commerce mondial de blé.

Les données de la Banque mondiale publiées en septembre 2026 situaient le blé américain entre 310 et 330 dollars la tonne. Le prix du grain n’est qu’une partie de la facture : le renchérissement de l’énergie et du fret, ajouté à la dépréciation des monnaies locales, peut amplifier la charge des importateurs.

L’Égypte concentre la plus forte exposition régionale

L’Égypte subit la plus forte pression parmi les grands acheteurs arabes en raison de sa dépendance au blé de la mer Noire. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que le pays pourrait importer 13,5 millions de tonnes, soit près de 8 % de plus que sa moyenne habituelle. Ce besoin reste considérable même si la production nationale doit atteindre un niveau historique de 10 millions de tonnes.

La FAO évalue les besoins de l’Algérie à environ 8,5 millions de tonnes, légèrement sous la moyenne normale. Le Maroc pourrait avoir besoin d’environ 5 millions de tonnes, soit près de 15 % de moins que sa moyenne sur cinq ans. Les besoins de l’Arabie saoudite atteindraient environ 4 millions de tonnes, presque 3 % au-dessus de cette moyenne, tandis que les importations irakiennes de 2026/2027 sont prévues à 2,2 millions de tonnes, environ 10 % sous la normale.

Les pays arabes importent environ 56 % des calories consommées sous forme de céréales, le blé occupant la première place. Une étude de la Banque mondiale a constaté que certains pays de la région dépendent des importations pour 100 % de leurs besoins en blé. La croissance démographique, la hausse des revenus et le changement climatique devraient renforcer cette dépendance, surtout là où l’eau et les terres arables sont rares.

Les subventions déplacent le choc vers les finances publiques

L’économiste Salim Besbes a déclaré à Al Jazeera Net que le choc pourrait ajouter 1 à 2 % à l’inflation de nombreuses économies arabes, selon les dispositifs de subvention et les politiques publiques. En Égypte, en Tunisie, en Algérie et en Jordanie, le pain et les produits essentiels subventionnés peuvent protéger temporairement les consommateurs. L’État absorbe toutefois une grande partie du coût par une hausse des aides et des déficits. Sur les marchés moins protégés, les cours mondiaux se transmettent plus rapidement à la farine, au pain et aux autres aliments.

La consommation de blé devrait peu diminuer proportionnellement aux prix, car le pain, la farine et les pâtes restent des produits de base. Les ménages modestes risquent plutôt de réduire leurs dépenses d’éducation, de santé, de transport et d’autres biens. Les pays les plus vulnérables cumulent forte dépendance aux importations, faible capacité budgétaire, stocks limités et production intérieure insuffisante.

La sécurité d’approvisionnement devient prioritaire

Le rapport propose de diversifier les fournisseurs, d’accroître les stocks stratégiques et de soutenir la production nationale. Les gouvernements disposant de larges subventions doivent aussi mieux cibler les consommateurs modestes sans laisser les coûts déstabiliser les finances publiques.

Les économistes cités par Al Jazeera anticipent une volatilité persistante. Sécheresses, événements météorologiques extrêmes et perturbations du commerce international pourraient maintenir les prix à un niveau élevé, tandis qu’une nouvelle hausse de l’énergie et des engrais limiterait davantage l’offre. Pour les importateurs arabes, la flexibilité des achats, la gestion des réserves et la fiabilité des voies maritimes détermineront l’ampleur du choc transmis aux consommateurs.

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