La Géorgie et l’Azerbaïdjan renforcent leurs livraisons alimentaires à la Russie
La Géorgie et l’Azerbaïdjan ont accru plusieurs flux agricoles vers la Russie après le début des restrictions visant les produits arméniens. Les livraisons géorgiennes de cerises ont presque été multipliées par 30 en juin, tandis que le commerce russo-arménien a reculé de 20 % au premier semestre.
Les restrictions frappent les ventes agricoles arméniennes
La Russie a commencé en mai à restreindre et interdire l’importation et le transit de produits arméniens, selon Business FM. Les mesures ont concerné les fleurs, les fruits à coque, les baies, le poisson, l’eau minérale Jermuk ainsi que les vins et cognacs de certains producteurs, sans que cette liste soit exhaustive.
Les exportations arméniennes de fruits et légumes vers la Russie ont presque été divisées par 80 en mai et juin, selon des estimations citées par Business FM. Sur cette période, les ventes à l’Union européenne ont rapporté 364 000 $, contre 36 millions de $ un an auparavant, lorsque les marchandises partaient vers la Russie.
Les producteurs agricoles figurent parmi les entreprises les plus touchées. Samvel Davtyan, fondateur de l’exploitation familiale Davtyan Farms, a indiqué à Business FM que son entreprise produisait auparavant 70–80 % de ses marchandises pour la Russie et qu’elle expédiait désormais vers Singapour et Dubaï.
La Géorgie et l’Azerbaïdjan augmentent leurs livraisons
Les statistiques nationales révèlent une progression rapide de plusieurs flux en provenance des pays voisins. Plus de 95 % des exportations géorgiennes de pommes ont été destinées à la Russie pendant les six premiers mois de l’année. Les livraisons de cerises et de griottes géorgiennes ont presque été multipliées par 30 en juin.
L’Azerbaïdjan a accru ses exportations de tomates vers la Russie au premier semestre, faisant progresser de 10 % les recettes des exportateurs. En juin, la Géorgie a également expédié vers la Russie un montant record de 1,6 million de $ de truites, dont le marché russe a été l’unique acheteur étranger.
Un fournisseur géorgien de pêches, de jus et de purées de fruits a expliqué à Business FM que les producteurs privilégiaient la Russie en raison de sa proximité et de la courte conservation des fruits frais. La Turquie dispose de sa propre production, tandis que l’accès aux marchés européens prend davantage de temps. L’incertitude politique pousse néanmoins les entreprises géorgiennes à rechercher d’autres débouchés.
La substitution et la réexportation restent incertaines
L’Arménie appartient à l’Union économique eurasiatique, contrairement à la Géorgie et à l’Azerbaïdjan. De nombreux produits agricoles des trois pays entrent toutefois en Russie sans droits d’importation. Une partie des livraisons géorgiennes de fruits et légumes pourrait donc correspondre à des réexportations de produits arméniens.
Alexander Daniltsev, directeur de l’Institut de politique commerciale de la HSE, a déclaré à Business FM que personne ne savait si ces réexportations avaient réellement lieu. Cette possibilité existe, mais elle n’est pas établie, car la Géorgie et l’Azerbaïdjan produisent eux-mêmes les mêmes marchandises.
Irina Koziy, directrice générale de Fruitnews, a également douté que les restrictions visant l’Arménie constituent la cause principale de la hausse. L’Azerbaïdjan et la Géorgie approvisionnent la Russie depuis des années, tandis que les exportations azerbaïdjanaises de tomates, de baies et de fraises de jardin progressaient déjà depuis la fin de la saison précédente. La Géorgie a aussi développé la culture des myrtilles ces dernières années et en expédie désormais plusieurs milliers de tonnes par an.
Selon le Comité statistique arménien, les échanges entre l’Arménie et la Russie ont diminué de 20 % au premier semestre, tandis que la part russe dans le commerce extérieur arménien a reculé de 7 %. Le gouverneur de la banque centrale arménienne avait auparavant estimé que les produits directement touchés par les restrictions russes représentaient 1,5 % du produit intérieur brut. Ces chiffres signalent un choc important pour les fournisseurs arméniens, mais ne permettent pas de mesurer la part de la croissance géorgienne et azerbaïdjanaise directement liée aux restrictions.