L'Espagne prévoit 1 602 596 tonnes d'huile d'olive en 2026/27 et étudie l'autorégulation
Les premières estimations officielles pour la campagne 2026/2027 situent la production espagnole d'huile d'olive à 1 602 596 tonnes, une récolte moyenne-haute et en hausse par rapport à la campagne précédente, rapporte Europa Press depuis Jaén. Le gouvernement indique examiner « avec rigueur » la mise en place d'un mécanisme d'autorégulation de l'offre. Premier producteur mondial, l'Espagne fixe la référence des prix du vrac pour toutes les origines.
Première estimation à 1 602 596 tonnes
L'Espagne produira 1 602 596 tonnes d'huile d'olive lors de la campagne 2026/2027, selon les premières estimations de la prévision officielle de récolte, l'aforo, présentée par le gouvernement. Europa Press, dans une dépêche datée de Jaén, qualifie ce volume de récolte moyenne-haute et indique qu'il représente une hausse par rapport à la campagne précédente. L'annonce initiale ne comportait aucune ventilation par région ni par catégorie d'huile.
L'aforo constitue le chiffre de référence de toute la filière espagnole. Moulins, coopératives, conditionneurs et exportateurs s'en servent pour programmer la capacité de trituration, réserver des capacités de stockage et arrêter leur politique de vente à terme avant que l'essentiel des fruits n'arrive aux presses. Jaén, où le chiffre a été présenté, est le cœur de l'oléiculture espagnole : les variations de la seule province suffisent à déplacer sensiblement le total national. L'Espagne étant le premier producteur et exportateur mondial d'huile d'olive, son estimation cadre aussi les anticipations en Italie, en Grèce, au Portugal, en Tunisie et en Turquie, ainsi que celles des importateurs des États-Unis, du Brésil, du Japon et d'Europe du Nord.
Le gouvernement examine l'autorégulation « avec rigueur »
Parallèlement à l'estimation de production, le gouvernement a déclaré étudier « avec rigueur » l'application de l'autorégulation, rapporte Europa Press. Le terme désigne un instrument sectoriel de gestion de l'offre : lors des campagnes abondantes, une part de l'huile serait retirée du marché et stockée, puis remise en circulation lorsque la production recule. L'objectif affiché de ces dispositifs est d'atténuer l'alternance entre fortes et faibles récoltes, propre à l'olivier, qui se transmet directement aux prix à la production et au stade du gros.
La dépêche ne précise ni le calendrier, ni les volumes, ni les conditions de déclenchement du mécanisme. Pour les opérateurs, les questions pratiques restent les mêmes :
- le volume retiré et le seuil de production qui active le dispositif ;
- qui finance le stockage et pendant combien de temps l'huile reste immobilisée ;
- comment et à quel rythme les volumes retirés reviennent sur le marché ;
- le rôle des organisations de producteurs, des coopératives et de l'interprofession dans la décision ;
- la voie juridique et les autorisations requises au niveau de l'Union européenne.
Ce que cela change pour acheteurs et vendeurs
Une récolte moyenne-haute joue contre la tenue des prix. Une disponibilité espagnole plus large détend généralement les cotations du vrac sur toutes les origines, car les lots espagnols servent de référence aux assembleurs et aux conditionneurs de marques de distributeurs des autres pays producteurs. Les importateurs travaillant jusqu'ici à couverture courte ont l'incitation la plus nette à allonger leurs contrats et à constituer des stocks tant que l'offre reste confortable. Du côté des producteurs, le calcul est inverse : vendre tôt sur un marché bien approvisionné ou conserver la marchandise en pariant sur l'arrivée d'un dispositif de gestion de l'offre.
C'est cette tension que le débat sur l'autorégulation doit trancher. Un mécanisme annoncé modifie le comportement des vendeurs avant même qu'une seule tonne ne soit retirée, car conserver l'huile devient plus intéressant dès lors que le marché anticipe la sortie d'une partie de la récolte. S'il est écarté ou reporté, l'intégralité des 1 602 596 tonnes affronte la demande sans amortisseur, et le coût du stockage reste entièrement supporté par les moulins et les coopératives. Tant que le gouvernement n'a pas achevé son examen, les deux issues demeurent possibles et la politique commerciale de la campagne s'écrira dans cette incertitude.
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