L’Espagne mise sur les exportations d’ovins et caprins malgré une base productive en recul
L’Espagne a exporté 47,7 % de sa viande ovine et caprine disponible en 2025, tandis que les expéditions de viande ont progressé de 11,1 %. Cette hausse contraste avec un recul de 5,2 % du cheptel et de 10,5 % des animaux produits pour la vente.
Les exportations absorbent près de la moitié des volumes disponibles
La filière espagnole de la viande ovine et caprine dépend de plus en plus des marchés étrangers alors que sa base productive nationale se contracte. L’état des lieux établi par INTEROVIC à partir des indicateurs économiques du ministère de l’Agriculture pour 2025 recense 180 368 exploitations ovines et caprines et un cheptel cumulé de 15 019 627 animaux. Les éleveurs ont produit 9 207 348 animaux destinés à la vente pendant l’année, soit 10,5 % de moins qu’en 2024.
Parmi les animaux produits pour la vente, 1 068 650 ont été exportés vivants, ce qui représente 11,6 % du total. Par ailleurs, 8 138 698 animaux issus de la production nationale ont été abattus en Espagne. Avec les 250 302 animaux importés, le nombre total d’animaux abattus et transformés a atteint 8 389 000 têtes, fournissant 117 072 tonnes de viande à l’industrie.
Les marchés internationaux ont absorbé 55 864 tonnes, soit environ 47,7 % de toute la viande disponible. Cette répartition presque égale entre exportations et consommation intérieure illustre la portée commerciale de la filière espagnole, mais renforce aussi la nécessité de préserver suffisamment d’animaux et d’exploitations pour alimenter les deux marchés. Les exportations de viande ont progressé de 11,1 % par rapport à 2024, alors même que le cheptel a diminué de 5,2 % et la production d’animaux destinés à la vente de 10,5 %.
L’UE reste le marché central, l’Algérie accélère fortement
L’Union européenne est restée le premier marché extérieur de l’Espagne, avec 37 918 tonnes. Ce volume représentait 32,4 % de l’ensemble de la viande ovine et caprine disponible dans le pays. La France, l’Italie et le Portugal dominaient les destinations communautaires. Ces débouchés régionaux bien établis offrent aux transformateurs et négociants espagnols une importante clientèle de proximité.
Les pays hors UE ont acheté 17 946 tonnes supplémentaires, soit 15,3 % de la viande disponible. L’Algérie est devenue en 2025 la première destination extracommunautaire, avec 13 706 tonnes importées, en hausse de 172,8 % sur un an. Elle a ainsi représenté la majeure partie des expéditions espagnoles déclarées de viande ovine et caprine vers les pays tiers.
Le commerce d’animaux vivants a également conservé un rôle important. Sur les 1 068 650 animaux exportés en 2025, 672 563 ont été expédiés vers des pays hors UE et 396 087 vers le marché communautaire. La demande étrangère soutient donc la filière par deux canaux distincts : la viande préparée par les transformateurs espagnols et les animaux vivants livrés directement aux acheteurs étrangers.
La demande intérieure recule dans les deux principaux circuits
Le marché espagnol a conservé 61 235 tonnes, soit 52,3 % de la viande disponible. La consommation était presque également répartie entre les ménages, avec 31 313 tonnes, et le circuit HORECA, avec 29 922 tonnes. Les deux segments ont reculé par rapport à 2024 : la consommation des ménages a baissé de 12,1 % et celle du circuit HORECA de 7,9 %.
Dans la distribution destinée aux ménages, le libre-service constituait le premier circuit avec 12 869 tonnes, devant les détaillants spécialisés avec 11 957 tonnes et les hypermarchés avec 2 946 tonnes. Tomás Rodríguez, directeur d’INTEROVIC, a indiqué que les chiffres confirmaient la capacité de la chaîne espagnole à trouver des clients dans le pays et à l’étranger, mais aussi la nécessité de conserver une production suffisante. Pour les éleveurs, les transformateurs et les négociants, la question centrale est de savoir si la valeur créée par la demande extérieure pourra soutenir les exploitations, le cheptel et l’activité économique des régions productrices alors que la consommation nationale continue de diminuer.