L'Espagne imposera aux bars et commerces une consigne sur les bouteilles en plastique et les canettes
Le système de consigne espagnol (SDDR) obligera bars, restaurants, commerces et supermarchés à ajouter environ 10 centimes sur chaque bouteille en plastique ou canette à usage unique, remboursés au retour de l'emballage vide. Le dispositif s'appuie sur la Ley 7/2022 et le Real Decreto 1055/2022 ; okdiario.com évoque le 22 novembre 2026, tandis que Mercadona affirme qu'aucune date officielle n'existe.
Une consigne en caisse, remboursée au retour
L'Espagne s'apprête à imposer aux bars, restaurants, commerces et supermarchés un petit supplément sur chaque bouteille en plastique et chaque canette à usage unique vendues, dans le cadre du Sistema de Depósito, Devolución y Retorno (SDDR), rapporte okdiario.com. Il ne s'agit pas d'une taxe : c'est une consigne que le consommateur récupère intégralement lorsqu'il rapporte l'emballage vide dans un point de collecte.
Le dispositif figure déjà au journal officiel espagnol, le Boletín Oficial del Estado. Il a été approuvé par la loi Ley 7/2022 du 8 avril sur les déchets et les sols contaminés pour une économie circulaire, et précisé par le décret royal Real Decreto 1055/2022. Selon okdiario.com, la consigne pourrait avoisiner 10 centimes par emballage.
Le fonctionnement du mécanisme
Le schéma reprend le modèle déjà en place sur plusieurs marchés européens : la consigne est perçue au point de vente et restituée lorsque l'emballage réintègre la chaîne de collecte. Pour les distributeurs, l'enjeu principal réside dans le lieu et les modalités de cette reprise.
- Une consigne d'environ 10 centimes s'ajoute à chaque bouteille en plastique ou canette à usage unique lors de la vente et est remboursée au retour de l'emballage vide.
- Le consommateur n'est pas tenu de rapporter l'emballage là où il l'a acheté ou consommé : il peut récupérer la consigne dans n'importe quel point habilité de sa ville.
- Les points de collecte seront installés dans les supermarchés et les commerces.
- La logistique et l'investissement sont pilotés par le gouvernement, ce qu'okdiario.com présente comme le principal casse-tête des parties concernées.
Une date de lancement toujours contestée
C'est sur le calendrier que les sources divergent. Okdiario.com indique que le dispositif était initialement prévu pour le 12 août et pourrait entrer en vigueur fin novembre 2026, les consommateurs payant le supplément à partir du 22 novembre 2026. Le même média rappelle que, d'après La Vanguardia, la bureaucratie et la complexité du modèle retardent sa mise en place.
Mercadona en donne une lecture différente. Répondant à un client depuis son profil officiel sur les réseaux sociaux, l'enseigne a expliqué que le déploiement en Espagne est encore à l'étude dans les secteurs concernés, que la mesure figure dans le Real Decreto 1055/2022 et dans le règlement européen sur les emballages 2025/40, et qu'il n'existe actuellement aucune date officielle de démarrage.
L'objectif de 70 % et la référence allemande
L'impulsion vient de l'Europe. Bruxelles a contraint l'Espagne à relever son taux de recyclage, avec pour objectif d'atteindre dans les prochains mois une collecte de 70 % des bouteilles en plastique à usage unique, selon okdiario.com. La cible à plus long terme fixée par l'Union européenne est de 90 % au 1er janvier 2029.
L'Allemagne sert de référence dans l'article : la consigne y est installée depuis des années et le taux de recyclage des emballages plastiques à usage unique y a progressé jusqu'à 90 %. Le Portugal, toujours selon okdiario.com, a mis en place le système en 2026, et le mécanisme fonctionne déjà avec un succès notable dans le reste de l'Europe.
Pour les producteurs de boissons, les embouteilleurs et les chaînes de distribution espagnoles, les effets dépassent le seul supplément. Un SDDR opérationnel concentre du PET et de l'aluminium propres et triés dans un flux de retour unique, c'est-à-dire exactement la matière que la réglementation sur les emballages pousse les entreprises à racheter comme contenu recyclé. La restauration et les petits commerces, eux, prennent en charge une fonction de collecte qu'ils n'avaient pas, avec un effet de trésorerie : la consigne entre en caisse et ressort au point de retour.
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