Les quotas limitent le vin russe à 1,5 million de litres sur les 35 millions du marché biélorusse
Lors d'une rencontre entre producteurs et importateurs à Minsk, il a été indiqué que, pour une consommation biélorusse de 35 millions de litres de vin par an, le produit russe n'occupe que 1,5 à 2 millions de litres, contre un potentiel estimé à 20 millions. Les quotas d'importation ont été désignés comme la principale barrière, avec l'écart de prix : 100 roubles le litre pour le vin issu de vrac importé contre environ 170 roubles pour le vin russe.
Des vignerons de la région russe de Krasnodar ont rencontré à Minsk des importateurs biélorusses lors d'une rencontre professionnelle intitulée « Russie-Biélorussie : dialogue des producteurs et des importateurs de produits vinicoles ». La région du Kouban était représentée par des entreprises de Guelendjik, du district de Temriouk et d'Abrau-Diourso. Le sujet central était l'écart entre les livraisons russes actuelles vers la Biélorussie et le volume que la filière juge atteignable.
Parmi les participants figuraient Roman Tchekouchov, secrétaire d'État et vice-ministre de l'Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie, Roman Kourinny, directeur du département du secteur de la consommation du Kouban, et Zhanna Belovol, présidente du directoire de l'Association des viticulteurs et vinificateurs de Russie (AVVR).
Un marché de 35 millions de litres, 1,5 million pour la Russie
La Biélorussie consomme environ 35 millions de litres de vin par an. Le vin russe n'en représente que 1,5 à 2 millions de litres. L'AVVR évalue le potentiel réel des livraisons russes à 20 millions de litres par an, soit plus de la moitié du marché biélorusse.
La contribution de la région de Krasnodar elle-même est plus modeste encore. Les producteurs du Kouban ont livré 39 000 décalitres de vin à la Biélorussie en 2024, soit 390 000 litres, et environ 17 000 décalitres, ou 170 000 litres, depuis le début de 2025. La région ne fournit donc qu'une part minoritaire du volume russe déjà présent sur le marché.
Les quotas face aux règles de l'État de l'Union
Le système actuel de quotas d'importation a été désigné comme la barrière principale. Selon les représentants de l'AVVR, les quotas appliqués au vin russe contredisent les principes de libre circulation des marchandises au sein de l'État de l'Union entre la Russie et la Biélorussie et au sein de l'Union économique eurasiatique. L'association a proposé la création d'un régime préférentiel particulier pour le vin russe et son exclusion complète du contingentement.
La question a déjà été portée au niveau du Comité permanent de l'État de l'Union. Les entreprises biélorusses ne travaillant pas avec une récolte de raisin nationale, le régime de quotas limite la concurrence au stade de l'embouteillage et de la distribution plutôt qu'il ne protège une viticulture locale.
Un écart de 70 roubles par litre
Le prix constitue la seconde contrainte. Un litre de vin produit en Biélorussie à partir de vrac importé coûte en moyenne 100 roubles, contre environ 170 roubles pour un litre de vin russe. Les entreprises biélorusses ne vinifient pas leur propre raisin : elles travaillent avec des matières vinicoles européennes, importées en vrac et embouteillées sur place.
Atteindre les 20 millions de litres avancés par l'association supposerait de multiplier par dix à treize les volumes russes actuels. Concrètement, le vin russe embouteillé devrait évincer une large part de la production que les usines biélorusses élaborent aujourd'hui à partir de vrac européen, avec une base de coûts inférieure d'environ 70 roubles par litre.
Une présence en rayon plutôt que des volumes ponctuels
Roman Tchekouchov a souligné que l'objectif n'est pas une hausse ponctuelle des livraisons, mais l'installation durable des vins russes sur le marché biélorusse. Le contact direct avec les importateurs biélorusses permet, selon lui, de mieux prendre en compte les besoins du marché.
Les chiffres cités lors de la rencontre :
- consommation de vin en Biélorussie : environ 35 millions de litres par an ;
- vin russe sur ce marché : de 1,5 à 2 millions de litres ;
- estimation du potentiel par l'AVVR : 20 millions de litres par an ;
- livraisons du Kouban : 39 000 décalitres (390 000 litres) en 2024, environ 17 000 décalitres (170 000 litres) depuis le début de 2025 ;
- prix au litre : 100 roubles pour le vin issu de vrac importé, environ 170 roubles pour le vin russe.