Des pluies tardives retardent la récolte de riz et les semis de rabi dans le nord de l'Inde
Les pluies qui se sont poursuivies de la dernière semaine de septembre aux premiers jours d'octobre ont déréglé le calendrier agricole du nord de l'Inde : la récolte de riz prend du retard et la préparation des sols pour le blé et la moutarde est bloquée. Les deux opérations se succèdent, de sorte qu'une fenêtre de récolte humide comprime directement le calendrier des semis de rabi. Aucune évaluation chiffrée des dégâts ou des surfaces touchées n'a été publiée à ce stade.
Les pluies qui se sont poursuivies de la dernière semaine de septembre aux premiers jours d'octobre ont déréglé le calendrier agricole dans le nord de l'Inde : la récolte de riz est retardée et la préparation des parcelles pour le blé, la moutarde et les autres cultures de la campagne rabi est freinée.
C'est le calendrier qui rend la perturbation lourde de conséquences. La fin septembre et le début octobre constituent normalement le pivot de l'année culturale dans le nord de l'Inde : le riz arrive à maturité et est moissonné, puis ces mêmes parcelles sont dégagées, travaillées et préparées pour les cultures d'hiver. La pluie dans cette fenêtre touche les deux opérations en même temps, et elles se succèdent : la seconde ne peut pas commencer avant la fin de la première.
Une récolte de riz prise dans une fenêtre humide
Le riz à maturité ou proche de la maturité est vulnérable lorsque la pluie persiste. L'eau fait monter l'humidité du grain précisément au moment où la culture devrait sécher au champ. Une pluie forte ou accompagnée de vent provoque la verse, ce qui ralentit la moisson mécanique et met des grains en contact avec un sol détrempé. Sur des parcelles saturées, les moissonneuses-batteuses ne peuvent pas entrer avant que la surface porte, si bien que les journées de travail perdues continuent de s'accumuler après l'arrêt des pluies.
Le grain récolté humide doit être séché avant stockage ou vente, et des limites d'humidité s'appliquent aussi bien à l'achat public qu'au commerce. Là où la capacité de séchage manque, le choix pratique se réduit à attendre ou à accepter une décote. Aucune évaluation chiffrée des dégâts ou des surfaces touchées ne figurait dans les éléments consultés pour cet article ; l'ampleur réelle n'apparaîtra qu'avec la reprise de la moisson et la montée des arrivages sur les mandis, les marchés de gros réglementés indiens.
La préparation de rabi, second point de tension
C'est sur la campagne d'hiver que le retard s'accumule. Avant de semer, il faut que les parcelles soient libres, que l'humidité du sol redescende à un niveau travaillable et que le lit de semence soit préparé. Chacune de ces étapes est bloquée par un sol mouillé. Trois contraintes se superposent :
- Le riz encore sur pied occupe la parcelle, qui ne peut donc pas être travaillée, ce qui allonge l'intervalle entre deux cultures.
- Un sol engorgé ou collant ne peut pas être travaillé sans dégrader sa structure, obligeant à attendre une fenêtre sèche.
- La moutarde est généralement semée avant le blé et dispose de la fenêtre la plus étroite : elle absorbe le retard la première.
Pourquoi la campagne d'hiver indienne compte au-delà du pays
Le blé et la moutarde donnent le ton de la production hivernale indienne. Le blé détermine l'offre intérieure de céréales alimentaires ainsi que la position d'achat et de stocks de l'État ; la moutarde est la principale oléagineuse cultivée dans le pays et pèse donc directement sur le volume d'huile végétale que l'Inde doit importer. Des semis tardifs ou raccourcis sur l'une ou l'autre culture modifient le profil de risque de toute la campagne, car la date de semis fixe le moment de la floraison et du remplissage du grain, et le blé semé tard rencontre des températures en hausse en fin de cycle.
Pour les transformateurs, les négociants et les acheteurs, l'enjeu est l'enchaînement, pas un épisode pluvieux isolé. Des arrivages de riz retardés décalent le pic de commercialisation de la campagne kharif. Des semis retardés décalent la récolte d'hiver et augmentent son exposition à la chaleur printanière.
Ce qu'il faut suivre maintenant
La variable décisive est la durée du temps instable. Une courte accalmie laisse les parcelles se ressuyer et la moisson rattraper son retard presque sans séquelles ; si la pluie se prolonge en octobre, le calendrier de semis se resserre culture par culture. Les indicateurs à suivre sont le rythme des arrivages de riz, l'humidité et la qualité du grain sur les mandis, la durée de la première période sèche et l'avancement hebdomadaire des semis dès le démarrage de rabi, en commençant par la moutarde, dont la fenêtre se referme le plus tôt.