L’Italie relève à 6,35 millions de tonnes sa prévision de tomates d’industrie
Le WPTC a relevé la prévision italienne de tomates d’industrie de 6,1 millions à 6,35 millions de tonnes. L’expansion des surfaces soutient cette hausse, mais la chaleur, la météo de fin de campagne et un degré Brix inférieur à la moyenne restent des risques.
L’Italie évolue à contre-courant de l’Europe
Le Conseil mondial de la tomate d’industrie a confirmé la révision à la hausse pour l’Italie, portant la production attendue de 6,1 millions à 6,35 millions de tonnes. Selon myfruit.it, cette nouvelle estimation dépasse de 4% la prévision de juillet et de 9% la production de 2025.
L’Italie se distingue ainsi de l’évolution observée dans le sud et l’ouest de l’Europe. Début septembre, la récolte et les livraisons aux usines européennes étaient déjà bien avancées, mais les volumes finaux restaient incertains. Les vagues de chaleur et les orages localisés ont pénalisé les rendements et le degré Brix, entraînant des révisions en baisse en France et en Espagne ainsi que des incertitudes ailleurs.
L’expansion des surfaces soutient la hausse
Areté attribue principalement l’amélioration italienne à l’augmentation des surfaces cultivées. Dans le nord, les prix attractifs des produits transformés à base de tomate ont encouragé les plantations. Dans le sud, notamment dans les Pouilles, une meilleure disponibilité en eau a favorisé l’expansion et amélioré les perspectives de production.
La nouvelle prévision offre aux transformateurs italiens une base de matières premières plus importante que prévu. Une récolte de 6,35 millions de tonnes accroîtrait les volumes disponibles pour les usines de concentré, de tomates en conserve et d’autres produits. Elle pourrait aussi améliorer l’utilisation des capacités et réduire le risque de pénurie par rapport aux engagements contractuels.
La météo et le degré Brix restent déterminants
La prévision ne constitue pas encore un résultat définitif. Les livraisons réelles dépendront des conditions météorologiques durant les dernières semaines de la campagne. La qualité est globalement bonne jusqu’à présent, mais le degré Brix reste inférieur à la moyenne. Une teneur plus faible en matières solubles peut obliger les usines à traiter davantage de tomates pour obtenir la même quantité de concentré.
Les cultures tardives représentent un autre risque après les vagues de chaleur de juillet. Une nouvelle dégradation des rendements ou de la qualité pourrait réduire le gain d’offre apparent avant la fin de la campagne. L’écart entre la hausse italienne et les perspectives plus faibles en France et en Espagne montre aussi que le marché européen dépendra de la répartition géographique et de la qualité utilisable, pas seulement du tonnage global.
Conséquences pour les usines et les contrats
Pour les producteurs, la révision confirme la réponse des surfaces à des prix favorables et, dans les Pouilles, à une meilleure disponibilité en eau. Pour les transformateurs, l’offre italienne supplémentaire peut alléger la pression sur les achats. Un degré Brix inférieur à la moyenne pourrait toutefois limiter cet avantage en réduisant les rendements industriels.
La hausse de 9% par rapport à 2025 pourrait renforcer la place de l’Italie dans l’approvisionnement européen en produits de tomate si la prévision se concrétise. Les transformateurs et les acheteurs devront néanmoins comparer les volumes sous contrat avec les livraisons réelles et la concentration de la matière première. Jusqu’à la récolte des parcelles tardives, les 6,35 millions de tonnes restent une prévision, et non un volume confirmé de produits commercialisables.