L’Indonésie perd des parts à l’export dans le caoutchouc, la canne à sucre et d’autres produits
La part de l’Indonésie dans les exportations de plusieurs produits, dont le caoutchouc et la canne à sucre, a diminué, selon les conclusions de l’institut BPS rapportées par Kompas.com. L’organisme met l’accent sur la transformation, la technologie et la valeur ajoutée.
Les parts de marché des matières premières reculent
La part de l’Indonésie dans les exportations de plusieurs produits, dont le caoutchouc et la canne à sucre, a diminué, selon les conclusions de l’institut statistique BPS rapportées par Kompas.com. Cette évaluation révèle un problème de compétitivité dans des secteurs où le pays dispose d’une importante base agricole sans toujours obtenir une position équivalente sur les marchés internationaux.
Ce constat ne signifie pas que ces produits ont cessé de générer des exportations. Le caoutchouc reste une culture de plantation importante et une source de devises, tandis que la filière canne à sucre fait vivre des agriculteurs et des salariés et alimente la production nationale de sucre. C’est l’évolution de la part à l’export qui inquiète : son recul indique que l’offre indonésienne ne suit pas le rythme des origines concurrentes, des changements de la demande mondiale ou du développement de produits à plus forte valeur.
Les produits transformés dominent le commerce extérieur
Les données de BPS éclairent l’accent mis sur la transformation. Son analyse des produits exportés entre 2019 et 2023 montre que les biens hors pétrole et gaz ont représenté en moyenne 94,20 % des exportations indonésiennes chaque année. Les produits manufacturés ont fourni en moyenne 79,58 % de ce segment sur la même période. Les recettes d’exportation dépendent donc déjà largement de l’industrie, même lorsque les matières premières proviennent des plantations, de l’agriculture, des forêts ou des mines.
Le caoutchouc illustre la difficulté. Une analyse antérieure de BPS a montré que la valeur et le volume des exportations de caoutchouc, d’articles en caoutchouc et de plastiques ont globalement diminué entre 2013 et 2020, à l’exception d’une hausse en 2017. Leur contribution à la valeur totale des exportations hors pétrole et gaz a également reculé ; elle atteignait 7,16 % en 2013. Cette tendance de long terme oblige producteurs et transformateurs à miser sur la qualité, la régularité et une transformation plus poussée, plutôt que sur la seule disponibilité des matières premières.
Technologie et valeur ajoutée deviennent prioritaires
BPS considère la perte de parts de marché comme la preuve que davantage de transformation, de technologie et de valeur ajoutée sont nécessaires, selon Kompas.com. Dans le caoutchouc, l’activité peut se déplacer des matières brutes ou peu transformées vers des produits industriels répondant à des cahiers des charges précis. Pour la canne à sucre, la même orientation privilégie une transformation efficace et une gamme plus large de produits dérivés. Les conclusions disponibles ne précisent ni objectifs d’investissement, ni nouvelles capacités, ni calendrier.
Les conséquences concernent toute la chaîne de valeur. Les agriculteurs ont besoin de transformateurs prêts à rémunérer une qualité régulière, tandis que les usines doivent disposer d’un approvisionnement fiable et de technologies capables de produire pour des marchés exigeants. Les exportateurs doivent trouver des avantages autres que le prix, et les investisseurs distinguer les projets soutenus par une demande durable de ceux qui dépendent des cycles des matières premières. Les conclusions de BPS font donc du recul des parts de marché à la fois un avertissement commercial et un enjeu industriel : l’Indonésie dispose des ressources, mais sa capacité à conserver la demande internationale dépend de plus en plus des produits qu’elle fabrique à partir de celles-ci.
Analyse complète du marché