El Niño menace les cultures d’été sud-africaines en 2026-27
Un épisode El Niño potentiellement sévère pourrait assécher la campagne sud-africaine des cultures d’été 2026-27. Le maïs, les oléagineux et les autres cultures pluviales sont exposés, avec des conséquences possibles sur les prix alimentaires et les disponibilités exportables.
Le risque climatique revient avant les semis
L’Afrique du Sud aborde la campagne des cultures d’été 2026-27 sous la menace d’un épisode El Niño potentiellement sévère. Cette perspective alimente les inquiétudes concernant la production agricole et les prix alimentaires intérieurs. CNBC Africa a présenté ce phénomène comme un risque majeur pour la prochaine campagne, tout en attirant l’attention sur la situation de la filière agrumicole nationale.
Le calendrier est crucial. Selon African News Agency, la campagne d’été commence à la mi-octobre. Un éventuel renforcement d’El Niño pourrait donc coïncider avec les principaux semis et le début du développement des cultures. Business Day a cité des estimations de l’Institut international de recherche sur le climat et la société évaluant à plus de 70 % la probabilité d’El Niño en 2026-27.
El Niño ne provoque pas automatiquement une sécheresse à chaque campagne. Il peut toutefois entraîner des précipitations inférieures à la normale et des températures plus élevées dans les régions sud-africaines de cultures d’été. Avant même que le volume et la répartition des pluies soient connus, cette incertitude pèsera sur les décisions de semis, les achats d’intrants et les ventes à terme.
Le maïs et les oléagineux sont les plus exposés
La ceinture sud-africaine des cultures d’été produit du maïs, des graines de tournesol, du soja, du sorgho et des haricots secs, selon BusinessTech. Ces cultures dépendent fortement des pluies saisonnières. La date et l’intensité d’une période sèche peuvent donc affecter l’avancement des semis et les rendements. Une mauvaise campagne réduirait les volumes destinés aux transformateurs nationaux et les excédents disponibles pour les marchés régionaux.
La situation de départ est plus solide que ne le laisse penser la seule alerte météorologique. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne estime que la récolte sud-africaine de maïs 2025-26 dépassera de 10 % la moyenne sur cinq ans. Les disponibilités céréalières et l’humidité des sols peuvent offrir un premier amortisseur, sans supprimer le risque pour la récolte suivante si les pluies restent durablement insuffisantes.
Une baisse des rendements du maïs et des oléagineux mettrait sous pression les meuniers, les fabricants d’aliments pour animaux et les transformateurs alimentaires. L’effet sur les prix dépendrait du niveau des stocks, de l’ampleur finale des pertes et du coût de remplacement de l’offre nationale. Les agriculteurs devront éventuellement engager leurs dépenses en semences, engrais et autres intrants avant de connaître la sévérité du phénomène.
Les approvisionnements régionaux et les agrumes surveillés
Une contraction des disponibilités exportables sud-africaines dépasserait le seul marché intérieur. Le pays est un fournisseur agricole important de l’Afrique australe, où les récoltes sont souvent exposées au même régime pluviométrique. Le Centre commun de recherche prévoyait une production céréalière régionale supérieure à la moyenne en 2025-26, soutenue par une récolte record en Zambie et une hausse annuelle de 2 % au Zimbabwe. Cette situation offre une certaine protection avant la prochaine campagne.
Les agrumes présentent un profil de risque différent, car les vergers sont des actifs permanents et les conditions varient selon les régions et l’accès à l’irrigation. L’attention portée par CNBC Africa aux agrumes parallèlement à El Niño souligne la nécessité de distinguer l’exposition immédiate des céréales d’été des effets sur les producteurs de fruits. Pour les cultivateurs, les stations de conditionnement et les exportateurs, l’impact dépendra de l’accès à l’eau, de la qualité des fruits et du marché, et pas seulement des précipitations.
Les perspectives restent donc conditionnelles et ne constituent pas encore un choc de production confirmé. Les estimations de récolte, les intentions de semis et les prévisions pluviométriques deviendront plus précises à l’approche de la mi-octobre. D’ici là, producteurs et acheteurs devront mettre en balance une situation céréalière relativement favorable et la probabilité d’une campagne 2026-27 plus sèche et plus difficile.