L’Égypte vise une hausse de ses exportations alimentaires vers l’Arabie saoudite
Les exportateurs égyptiens voient des possibilités de croissance en Arabie saoudite pour les surgelés, les sauces, les concentrés et les conserves. La proximité des préférences de consommation facilite l’accès au marché, mais des marques plus fortes et des investissements ciblés restent nécessaires.
Un marché établi qui offre encore des débouchés
Les producteurs alimentaires égyptiens peuvent renforcer leur présence en Arabie saoudite grâce aux surgelés, aux sauces, aux concentrés et aux conserves, selon Al-Masry Al-Youm. Sherif Soliman, membre du comité des exportations de l’Association des hommes d’affaires égyptiens et économiste, a présenté le royaume comme un marché important et ancien pour les exportations égyptiennes.
Selon Soliman, la proximité des habitudes et des préférences de consommation donne aux exportateurs égyptiens une expérience utile du marché et leur permet d’envisager une présence accrue. Cet avantage compte particulièrement pour les fournisseurs d’aliments transformés, qui doivent adapter les recettes, les emballages et le positionnement des produits à la demande locale.
Les produits surgelés figurent parmi les principales catégories alimentaires égyptiennes sur le marché saoudien, avec les sauces, les concentrés et les conserves. Soliman n’a communiqué ni valeur, ni volume, ni prévision de croissance pour ces flux. Ses propos ont plutôt désigné les groupes de produits sur lesquels les entreprises égyptiennes disposent déjà d’une base commerciale à développer.
Les données par produit doivent orienter l’investissement
Soliman estime que les exportateurs et les investisseurs doivent étudier les chiffres du commerce et les produits recherchés dans chaque destination avant de choisir les secteurs qui méritent des investissements supplémentaires. Les transformateurs égyptiens doivent donc évaluer séparément les possibilités en Arabie saoudite, aux États-Unis, en Chine et en Europe, au lieu d’appliquer une stratégie unique.
Le commerce alimentaire actuel de l’Égypte illustre ces différences. D’après Soliman, les fraises surgelées représentent une part importante des exportations alimentaires égyptiennes vers les États-Unis et constituent aussi un produit notable en Chine. Il a par ailleurs relevé des possibilités dans le secteur chinois de l’alimentation animale. L’Arabie saoudite offre, en revanche, un marché établi pour une gamme plus large de produits transformés, notamment des aliments de longue conservation et des surgelés.
Cette approche par marché est déterminante pour les fabricants qui planifient leurs capacités. Les produits surgelés exigent une chaîne du froid fiable, tandis que les sauces, les concentrés et les conserves dépendent des moyens de transformation, de l’emballage et de la régularité des spécifications. Les investissements industriels doivent ainsi correspondre aux produits et aux destinations où la demande est la mieux établie.
Les marques et le savoir-faire industriel pèseront sur la concurrence
Soliman a également demandé que les résultats égyptiens soient comparés à ceux des concurrents régionaux. Il a relevé que la Turquie regroupe les cultures agricoles et les industries alimentaires dans ses statistiques, affiche des chiffres élevés dans ce secteur et possède des marques fortes. Le Maroc réalise lui aussi d’importantes exportations, avec une concentration plus marquée sur les marchés européens et les produits agricoles.
L’intérêt des fabricants et investisseurs turcs pour le transfert d’usines en Égypte pourrait constituer une autre possibilité, selon Soliman. Ces opérations apporteraient non seulement des lignes de production, mais aussi des compétences et des connaissances liées à la création de marques. Elles pourraient aider les entreprises alimentaires égyptiennes à dépasser le rôle de simple fournisseur pour développer des noms reconnus sur les marchés étrangers.
Le renforcement des marques concerne aussi d’autres industries. Soliman a cité le textile, l’habillement et les matériaux de construction parmi les secteurs où les produits égyptiens disposent d’avantages concurrentiels. Dans l’alimentation transformée, la possibilité immédiate en Arabie saoudite repose toutefois sur les catégories déjà présentes. La croissance dépendra de l’analyse de la demande par destination, d’une identité de produit plus forte et d’investissements dans des catégories dont le potentiel commercial est déjà démontré.