Le Brésil suspend le droit de 120 % sur le lait en poudre argentin après une menace de représailles
Le Brésil a suspendu avant son entrée en vigueur un droit prévu de 120 % sur le lait en poudre argentin, selon Itatiaia. L’Argentine avait menacé de saisir l’OMC et de surtaxer les moteurs, pièces et camions de fret brésiliens.
La mesure suspendue avant son entrée en vigueur
Le Brésil a remisé un décret qui aurait imposé un droit de 120 % sur le lait en poudre argentin. La mesure a été suspendue avant son entrée en vigueur, selon une chronique publiée par le média brésilien Itatiaia. Ce prélèvement devait protéger les petits et moyens producteurs laitiers brésiliens confrontés à la pression des importations.
Le projet prévoyait également un droit de 110 % sur le lait en poudre uruguayen. Le chroniqueur d’Itatiaia Valdir Barbosa a qualifié ces taux d’exceptionnellement élevés et estimé que les livraisons argentines et uruguayennes faisaient baisser les prix perçus par les producteurs brésiliens.
La source ne précise ni le tarif existant, ni les volumes concernés, ni la date prévue d’application, ni le fondement juridique. Elle n’indique pas davantage s’il s’agissait d’un droit de douane ordinaire, d’une mesure antidumping ou d’un autre instrument de défense commerciale. Cette distinction est importante, car le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay appartiennent au Mercosur, où les échanges internes bénéficient généralement de règles préférentielles.
L’Argentine menace de saisir l’OMC et de riposter
Le recul brésilien est intervenu après les pressions du gouvernement du président argentin Javier Milei. D’après Itatiaia, l’Argentine a menacé de porter le différend devant l’Organisation mondiale du commerce et d’imposer des droits supplémentaires aux moteurs, pièces automobiles et camions de fret importés du Brésil.
La chronique estime que des représailles contre ces produits industriels pourraient coûter davantage au Brésil que la mesure laitière à l’Argentine. Elle ne fournit toutefois ni la valeur des échanges menacés ni les taux précis envisagés par Buenos Aires. Les éléments disponibles ne comportent pas non plus de liste officielle argentine de marchandises brésiliennes ciblées.
La menace a élargi au secteur industriel un différend initialement centré sur les produits laitiers. Les fabricants brésiliens de véhicules et de composants sont présents commercialement en Argentine, tandis que les producteurs de lait brésiliens affrontent la concurrence des fournisseurs des pays voisins du Mercosur. Une escalade tarifaire aurait donc touché deux chaînes distinctes : les importations agricoles du Brésil et ses exportations industrielles dans l’autre sens.
Les producteurs laitiers restent exposés aux importations
Le décret ayant été suspendu avant son application, le lait en poudre argentin et uruguayen ne sera pas soumis aux taux rapportés par Itatiaia. Les exportateurs et les acheteurs brésiliens évitent une hausse immédiate des coûts, mais les producteurs nationaux ne bénéficient pas de la protection annoncée.
L’épisode montre aussi les limites d’une action tarifaire unilatérale dans un marché régional intégré. Le gouvernement brésilien cherchait à répondre aux plaintes des éleveurs laitiers, mais l’avertissement argentin a relié cette intervention aux intérêts industriels brésiliens et au risque d’un contentieux devant l’OMC.
La suite dépendra d’un éventuel remplacement du décret par une enquête de défense commerciale plus ciblée ou par une autre forme de soutien aux producteurs. La source ne fait état d’aucune solution de remplacement. Pour l’heure, les droits proposés de 120 % et 110 % restent suspendus, et le décret remisé ne modifie pas les conditions du commerce régional du lait en poudre.