ProZerno anticipe des récoltes russes de sarrasin, riz et millet en baisse en 2026
Le cabinet russe ProZerno estime la récolte de sarrasin 2026 à 794 000 tonnes, celle de riz à 833 000 tonnes et celle de millet à 240 000 tonnes, toutes inférieures à 2025. La réduction des surfaces semées est la cause principale, les rendements reculant aussi pour toutes les cultures sauf le millet. Son directeur général, Vladimir Petritchenko, souligne que le marché n'a pas encore intégré cette baisse : la moisson se poursuit et les prix reculent.
La Russie récoltera en 2026 moins de sarrasin, de riz et de millet qu'un an plus tôt, selon les estimations du cabinet ProZerno rapportées par Interfax. Le principal facteur est la contraction des surfaces semées, à laquelle s'ajoutent des rendements en baisse pour toutes les cultures du groupe à l'exception du millet. Ces trois cultures fournissent l'essentiel de la matière première de la transformation russe en gruaux et semoules, et elles évoluent toutes les trois dans le même sens au cours de la même campagne.
Trois cultures, trois baisses à deux chiffres
ProZerno chiffre la récolte de sarrasin de cette année à 794 000 tonnes, contre 926 000 tonnes en 2025. Le riz est attendu à 833 000 tonnes contre 1,235 million de tonnes un an plus tôt, et le millet à 240 000 tonnes contre 352 000 tonnes, selon les chiffres diffusés par finance.mail.ru et altapress.ru.
- Sarrasin : 794 000 tonnes en 2026 contre 926 000 tonnes en 2025, soit un recul d'environ 14%.
- Riz : 833 000 tonnes contre 1,235 million de tonnes, soit environ 33% de moins et la plus forte perte en valeur absolue, plus de 400 000 tonnes.
- Millet : 240 000 tonnes contre 352 000 tonnes, environ 32% de moins.
Pour le bilan intérieur, le riz constitue la perte la plus lourde : il est cultivé sur une surface irriguée limitée et transformé presque entièrement pour le marché domestique. Le sarrasin, à l'inverse, est la culture dont les prix sont les plus visibles, puisqu'il alimente directement les gruaux conditionnés en distribution.
Les surfaces expliquent l'essentiel
Le sarrasin a occupé cette année 708 000 hectares contre 751 000 hectares en 2025. La surface en riz est passée de 201 000 à 146 000 hectares, celle en millet de 244 000 à 160 000 hectares. En termes relatifs, cela représente une baisse d'environ 6% pour le sarrasin, de 27% pour le riz et de 34% pour le millet.
Le directeur général de ProZerno, Vladimir Petritchenko, a directement relié la baisse attendue à la réduction des surfaces, rapporte Interfax. Les rendements sont eux aussi inférieurs à ceux de l'an dernier pour toutes les cultures sauf le millet. L'arithmétique est parlante : le sarrasin perd beaucoup plus en production qu'en surface, le rendement a donc joué contre les producteurs, tandis que la production de millet recule moins que ses emblavements, ce qui suppose un rendement supérieur à celui de 2025.
Les prix continuent de baisser
Vladimir Petritchenko a indiqué que la récolte plus faible n'était pas encore visible sur le marché. « Toutefois, le marché ne tient pas encore compte du fait que la récolte de ces cultures sera cette année inférieure à celle de l'an dernier. La moisson se poursuit, les prix baissent », a-t-il déclaré, dans des propos rapportés par finance.mail.ru et altapress.ru.
Il en résulte un écart entre le bilan physique et les cotations actuelles. Le ton reste donné par la pression vendeuse liée à la moisson, ce qui profite aux transformateurs et aux conditionneurs qui achètent sur le marché spot et pénalise les producteurs qui vendent directement à la sortie de la moissonneuse. Pour les acheteurs qui planifient leurs besoins 2027, le signal de prix actuel ne reflète pas la situation d'offre décrite par ProZerno.
En arrière-plan, une campagne d'exportation plus faible
Cette prévision intervient dans un contexte de ralentissement du commerce céréalier russe. Le 23 septembre, il a été annoncé que les exportations de céréales du premier trimestre de la campagne 2026/27 reculeraient de 1,6 fois, à 8,5 millions de tonnes : les expéditions de blé tomberaient à 4,8 millions de tonnes, le maïs à 0,6 million de tonnes et l'orge à 0,8 million de tonnes.
Avec des capacités arrêtées à Novorossiïsk, l'Iran est devenu le premier acheteur avec une part de 17,2%, tandis que celle de la Turquie s'est réduite à 2%. Le sarrasin, le riz et le millet ne sont pas des produits d'exportation à l'échelle du blé russe, mais des expéditions globalement plus faibles et des prix à la production en baisse dessinent le même environnement financier, celui qui décidera des surfaces accordées à ces cultures lors des prochains semis.