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Les planteurs d’Eswatini perçoivent 68,1 %, mais réclament les revenus des coproduits

Les producteurs de canne d’Eswatini reçoivent 68,1 % des revenus distribuables du sucre, davantage qu’au Kenya, au Malawi et en Zambie. Maurice et le Zimbabwe versent des parts supérieures, tandis que la répartition de la valeur de la mélasse et de la bagasse reste contestée.

Les planteurs d’Eswatini perçoivent 68,1 %, mais réclament les revenus des coproduits

Une part supérieure à celle de trois marchés régionaux

Les planteurs de canne à sucre d’Eswatini reçoivent une plus grande part des revenus sectoriels que leurs homologues dans la plupart des marchés du COMESA étudiés. Le royaume rejoint ainsi Maurice et le Zimbabwe parmi les pays offrant les meilleurs retours aux producteurs. Le Times of Eswatini a présenté les conclusions du rapport annuel 2025 de la Commission de la concurrence et de la consommation du COMESA, issues d’une étude menée avec le Centre pour la concurrence, la réglementation et le développement économique.

L’évaluation portait sur l’Eswatini, le Kenya, le Malawi, Maurice, la Zambie et le Zimbabwe. Elle a examiné la structure de la filière, les prix, la réglementation, la concurrence et le partage des revenus entre planteurs et sucreries. Maurice affiche la part la plus élevée pour les producteurs, à 78 %, devant le Zimbabwe à 77 %. L’Eswatini se situe autour de 68 %, contre 63 % au Kenya et 60 % au Malawi comme en Zambie.

Des paiements échelonnés soutiennent la trésorerie

Le mécanisme eswatinien répartit les recettes après prise en compte de la transformation et des coûts connexes. Les planteurs perçoivent 68,1 % et les sucreries 31,9 %. En 2025/26, la filière sucrière nationale a généré E8 milliards de revenus, dont E6,7 milliards étaient distribuables entre les deux groupes. Les pourcentages publiés permettent d’évaluer leur poids relatif, mais la source ne précise pas les versements finaux en numéraire.

Les petites exploitations dominent la base de production. Elles représentent 93 % des planteurs actifs, tout en fournissant environ 29 % de la canne récoltée. Les producteurs touchent 70 % de leur paiement à la livraison, puis les 30 % restants après la vente du sucre et la déduction des coûts d’exploitation. Les règlements sont hebdomadaires et les prévisions de prix du sucre sont révisées plusieurs fois pendant la campagne afin de suivre le marché. Des analyses indépendantes du saccharose relient la rémunération à la qualité de la canne et à sa teneur en sucre récupérable.

Les coproduits au cœur du débat sur le partage

Malgré une part relativement favorable, les producteurs d’Eswatini demandent une révision de la répartition actuelle. Ils estiment que leur contribution a augmenté et dépasse parfois les volumes provenant des plantations appartenant aux sucreries. Ils soulignent aussi que leur rémunération porte surtout sur le sucre, alors que la transformation génère de la mélasse et de la bagasse ayant une valeur commerciale. Ces matières peuvent notamment servir à produire de l’éthanol et de l’électricité.

La comparaison régionale renforce cet argument. Maurice attribue non seulement 78 % du sucre produit aux planteurs, mais leur permet également de toucher des revenus de la mélasse et de la bagasse. Au Zimbabwe, le modèle de partage accorde 77 % aux producteurs et 23 % aux sucreries. Les agriculteurs peuvent conclure des contrats d’achat à prix fixe ou des accords de broyage assortis de paiements fondés sur les prix prévisionnels à la sortie de l’usine. En revanche, les dispositifs étudiés au Malawi et en Zambie donnent aux planteurs 60 % des recettes du sucre, sans participation aux coproduits.

La filière d’Eswatini prépare un mécanisme qui pourrait conserver une partie des revenus en vue de versements trimestriels. Il vise à stabiliser les revenus agricoles et à réduire le recours aux financements extérieurs. L’Eswatini Sugar Association étudie également un fonds renouvelable destiné à fournir des intrants à environ 2 900 petits planteurs. La compétitivité ne dépendra donc pas seulement du pourcentage nominal versé sur le sucre. Le financement, le calendrier des paiements et l’accès à la valeur des coproduits devront améliorer les revenus d’une filière dominée par les petites exploitations, sans fragiliser les sucreries chargées de transformer et de commercialiser leur canne.

Analyse complète du marché

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