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L’Indonésie mise sur la transformation du lait de chèvre pour élargir la demande

Le ministère indonésien de coordination de l’Alimentation encourage la transformation du lait de chèvre afin d’élargir la demande et d’accroître la valeur captée par les petits éleveurs. Avec environ 20 000–25 000 tonnes produites par an, la filière reste confrontée à de faibles volumes, à des prix relativement élevés et à une acceptation inégale du produit.

L’Indonésie mise sur la transformation du lait de chèvre pour élargir la demande

Le gouvernement veut élargir le marché du lait de chèvre

Le ministère indonésien de coordination de l’Alimentation encourage le développement de toute la chaîne du lait de chèvre, de la production agricole à la transformation, à l’information des consommateurs et à la commercialisation. Selon RRI, le ministre coordinateur de l’Alimentation, Zulkifli Hasan, a présenté cette initiative lors d’un échange avec des éleveurs de chèvres laitières à Banyumas, le 1er septembre 2026. Dans une déclaration relayée par la radio le 3 septembre, il a estimé que les chèvres pouvaient fournir des protéines animales tout en créant des débouchés économiques pour les petits éleveurs. La transformation et l’accès au marché de la viande et du lait de chèvre doivent toutefois être renforcés.

Le programme concerne une base agricole importante, mais fragmentée. Les données de l’Agence indonésienne des statistiques et de la Direction générale de l’élevage et de la santé animale citées par RRI indiquent que plus de 3 millions de ménages élèvent des chèvres. Les principales zones comprennent Java central, Java oriental, les Petites îles de la Sonde occidentales et Aceh. Le cheptel national dépasse 20 millions de chèvres, offrant une base significative si la productivité, la sélection, la qualité de l’alimentation et la santé animale progressent.

La production laitière reste marginale

L’Indonésie produit plus de 160 000 tonnes de viande de chèvre par an, tandis que sa production de lait de chèvre est estimée à seulement 20 000–25 000 tonnes annuelles. Ce volume représente moins de 1 % de la production laitière nationale. Il limite les économies d’échelle et maintient le lait de chèvre à un prix relativement supérieur à celui des autres produits laitiers. Cette situation constitue un obstacle commercial pour les transformateurs qui veulent dépasser une clientèle spécialisée.

La demande progresse néanmoins dans les bassins de production comme auprès des consommateurs urbains, rapporte RRI. Le ministère considère que la transformation moderne peut améliorer l’acceptation du produit, notamment en combattant les idées reçues sur son odeur. L’information des consommateurs fait donc partie du programme. Des variantes aromatisées au chocolat ou à la fraise pourraient toucher un public plus large et réduire la dépendance de la filière envers le seul lait frais nature.

Les transformateurs testent des produits à plus forte valeur

Meta Nusa Dharma, établie à Banyumas, en fournit un exemple avec sa marque Mendha Milk. L’entreprise vend directement et par le commerce électronique, avec des livraisons dans différentes régions d’Indonésie. Ce modèle permet à de petits transformateurs de dépasser les marchés locaux. L’élargissement de la distribution suppose toutefois une chaîne du froid fiable, un approvisionnement régulier et des normes de produit homogènes.

Le ministère voit également un potentiel dans le fromage, le lait en poudre, le yaourt et d’autres produits laitiers transformés. Ces formats peuvent diversifier la demande et, pour la poudre et les produits à plus longue conservation, réduire certaines contraintes logistiques propres au lait frais. L’expansion commerciale dépendra néanmoins de volumes suffisants de lait cru de qualité constante. Les mesures proposées portent sur l’alimentation, les reproducteurs, la gestion sanitaire, les technologies de transformation, la normalisation, les marques et l’accès au marché. Si elles améliorent les rendements et la coordination entre éleveurs et transformateurs, une plus grande part de la valeur finale pourra rester dans les économies rurales. Le défi immédiat consiste à relier plus de 3 millions de ménages éleveurs à des unités suffisamment grandes et fiables pour réduire les coûts, garantir la qualité et créer une demande régulière.

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