L’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande coordonnent leur stratégie sur l’huile de palme
L’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande ont finalisé le contenu d’un protocole de coopération sur l’huile de palme dans le cadre de l’IMT-GT. Représentant ensemble environ 87 % de la production mondiale, elles veulent coopérer sur la productivité, la transformation, la traçabilité, la recherche, la technologie et les petits planteurs.
Trois producteurs finalisent le contenu du protocole
L’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande ont finalisé le contenu d’un protocole d’accord destiné à approfondir la coopération régionale dans le secteur de l’huile de palme, selon InfoSAWIT Sumatera. L’accord est issu de la quatrième réunion de l’équipe chargée de mettre en œuvre le projet de coopération sur l’huile de palme, organisée à Medan. Cette rencontre faisait partie du groupe de travail sur l’agriculture et l’agro-industrie du Triangle de croissance Indonésie-Malaisie-Thaïlande.
Le protocole proposé doit fournir une nouvelle base à la coopération stratégique entre les trois producteurs d’Asie du Sud-Est. La réunion a également adopté des termes de référence pour les futurs programmes communs, couvrant les mécanismes de coordination, la répartition des responsabilités et l’exécution transfrontalière. Les délégations ont proposé de signer le document lors de la 32e réunion ministérielle de l’IMT-GT, prévue en septembre 2026. Une signature ministérielle formaliserait le soutien politique et permettrait de passer à la mise en œuvre.
Des pays représentant 87 % de la production se coordonnent
L’initiative est significative car l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande assurent ensemble environ 87 % de la production mondiale d’huile de palme, rapporte InfoSAWIT Sumatera. La coordination entre fournisseurs détenant une telle part de l’offre peut renforcer leur capacité à traiter des problèmes communs de production et de marché. Leurs politiques régionales de durabilité, de transformation et de traçabilité pourraient aussi concerner les acheteurs et transformateurs situés hors d’Asie du Sud-Est.
Le programme porte sur l’amélioration du rendement des plantations, le développement de la transformation en aval, le renforcement des systèmes de traçabilité, la recherche, l’innovation technologique et le soutien aux petits planteurs. La délégation indonésienne était dirigée par le directeur par intérim de la transformation des produits de plantation, Hendratmojo Bagus Hudoro, aux côtés de représentants malaisiens et thaïlandais. Chaque pays a souligné la nécessité d’élargir la coopération dans ces domaines face à une concurrence accrue sur les marchés internationaux.
Productivité et traçabilité au centre du dispositif
Pour les producteurs, la coopération sur les rendements peut contribuer à accroître la production sans dépendre uniquement de l’extension des surfaces plantées. Une action commune sur la transformation pourrait également favoriser la fabrication régionale de produits de palme plus élaborés. Pour les raffineurs, les fabricants de biens de consommation et les négociants, l’harmonisation de la traçabilité pourrait modifier la manière de documenter l’origine et le parcours de l’huile de palme.
Le dispositif ne prévoit pas encore d’objectifs de production contraignants, de politique commune d’exportation ni d’engagements financiers précis. Son intérêt immédiat est de créer un mécanisme formel permettant aux trois gouvernements de coordonner leurs programmes et de répartir les responsabilités. Les termes de référence serviront de guide opérationnel, tandis que la signature proposée en septembre constituera la prochaine étape institutionnelle.
Le soutien aux petits planteurs proposé pour 2027
Les petits planteurs constituent un autre axe central de la coopération. Le forum a salué un webinaire sur leur autonomisation organisé en juin 2026, considéré comme un canal utile pour échanger des expériences en matière de renforcement des compétences. Les délégations ont proposé de réintégrer cette initiative au programme de travail de 2027.
La participation des petits planteurs déterminera la portée réelle de toute politique commune de productivité ou de traçabilité. Pour que les normes régionales s’appliquent au-delà des grandes plantations, les exploitants devront pouvoir adopter de nouvelles méthodes culturales, les documents exigés dans la chaîne d’approvisionnement et les technologies associées. Le protocole relie ainsi la compétitivité du marché à l’exécution sur les exploitations. S’il est signé comme prévu, les professionnels attendront ensuite des programmes, des calendriers et des responsabilités précises montrant comment les engagements généraux deviendront des mesures opérationnelles.