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L'Indonésie vise le leadership agro-industriel des BRICS avec l'envolée du café, du cacao et du tabac

L'Indonésie se pose en moteur de l'agro-industrie au sein des BRICS, en s'appuyant sur l'envolée de ses exportations de café, de cacao et de tabac, qui a tiré vers le haut l'ensemble des ventes hors pétrole et gaz. Le Brésil et l'Inde, concurrents directs sur les mêmes cultures, figurent dans le même bloc : le leadership se jouera sur la transformation.

L'Indonésie vise le leadership agro-industriel des BRICS avec l'envolée du café, du cacao et du tabac

Le café, le cacao et le tabac portent les ventes hors pétrole et gaz

L'Indonésie se présente comme le moteur de l'agro-industrie au sein du bloc BRICS et désigne le café, le cacao et le tabac comme les produits qui étayent cette ambition. Un article en indonésien consacré au commerce extérieur du pays indique que les expéditions de ces trois cultures se sont envolées et ont tiré vers le haut l'ensemble des exportations hors pétrole et gaz, portées par une forte demande des acheteurs étrangers. Le résumé ne comporte aucune ventilation en volume ou en valeur et ne précise pas la période de référence.

La catégorie des exportations hors pétrole et gaz, désignée dans la statistique indonésienne par le terme « nonmigas », couvre tout ce qui ne relève pas du pétrole brut, du gaz naturel et de leurs dérivés. C'est l'indicateur par lequel Jakarta juge si la croissance des exportations repose sur l'industrie manufacturière et l'agriculture plutôt que sur les hydrocarbures. L'Indonésie est membre à part entière des BRICS depuis janvier 2025, et l'agro-industrie est le secteur avec lequel elle se présente dans le groupe.

Ce que la plateforme BRICS offre et ce qu'elle exige

Pour les producteurs et les négociants, le contenu concret d'un axe agro-industriel tient à l'accès aux marchés et aux mécanismes de paiement, pas aux déclarations. Le bloc réunit côte à côte de gros acheteurs et des concurrents directs sur les mêmes cultures.

  • La Chine et l'Inde comptent parmi les plus grands marchés d'importation de produits alimentaires et de boissons du groupe et achètent des matières premières tropicales en vrac.
  • Le Brésil, également membre des BRICS, est le premier producteur mondial de café et une origine notable en cacao ; il concurrence la marchandise indonésienne sur les mêmes destinations.
  • L'Inde est un concurrent à la fois sur le café robusta et sur le tabac en feuilles.
  • La Russie joue le rôle de plateforme de torréfaction et de réexportation : elle achète du café vert et réexpédie le produit transformé vers les marchés voisins.

Cette configuration fixe le plafond de l'ambition. Diriger un axe agro-industriel suppose de remonter la chaîne de valeur — broyer le cacao en beurre et en poudre, produire du café soluble, normaliser les qualités — plutôt que d'ajouter des volumes de fèves brutes que d'autres membres fournissent déjà.

Les limites de l'ambition

Chacune des trois cultures porte sa propre contrainte. Le café indonésien est produit en très grande majorité par de petites exploitations, souvent sur des caféiers vieillissants, ce qui limite la vitesse à laquelle la récolte peut répondre à des prix élevés. Pour le cacao, le problème est plus profond : la capacité locale de broyage a dépassé la récolte nationale de fèves, les usines tournent avec des fèves importées et une hausse des exportations de produits transformés ne signifie pas automatiquement davantage de fèves indonésiennes. Le tabac reste lié à l'industrie nationale du kretek, qui absorbe l'essentiel de la feuille et n'en laisse qu'une part réduite à l'exportation.

La réglementation du côté acheteur compte également. Le règlement de l'Union européenne contre la déforestation s'applique au café et au cacao et exige une traçabilité à la parcelle, une charge qui pèse le plus lourdement sur les filières de petits producteurs. Cela renforce l'attrait des acheteurs aux exigences documentaires plus légères, dont plusieurs se trouvent dans les BRICS, et renchérit en même temps la présence sur le marché européen. Pour les exportateurs, la question des prochaines campagnes est de savoir si l'Indonésie convertira une poussée d'exportation portée par les prix en capacité de transformation durable, ou si les gains s'effaceront avec le cycle des matières premières.

Analyse complète du marché

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