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Ghana et Burkina Faso signent sept accords après la perturbation du commerce de tomates

Le Ghana et le Burkina Faso ont adopté sept instruments juridiques sur le transit, la coopération frontalière et la gestion des crises. Cette décision suit une attaque ayant tué huit commerçants et transporteurs ghanéens de tomates.

Ghana et Burkina Faso signent sept accords après la perturbation du commerce de tomates

Sept accords renforcent l’axe Accra-Ouagadougou

Le Burkina Faso et le Ghana ont adopté sept instruments juridiques à l’issue de leur 13e Commission mixte, le 20 février 2026, afin de renforcer la coopération entre Ouagadougou et Accra. Selon Agence Ecofin, ces mesures formalisent les travaux d’une réunion préparatoire organisée en octobre 2025, durant laquelle des experts avaient examiné la coopération dans l’économie, les mines et le transport.

Le dispositif comprend des accords sur le transport et le transit, la reconnaissance mutuelle des permis de conduire nationaux, ainsi que la prévention et la gestion des catastrophes et crises humanitaires. Il couvre également la lutte contre la fabrication et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, la coopération transfrontalière, une commission mixte chargée de réaffirmer la frontière commune et des consultations régulières entre autorités administratives frontalières.

L’insécurité interrompt l’approvisionnement en tomates

Les accords interviennent après un événement illustrant l’effet direct de l’insécurité sur les chaînes d’approvisionnement bilatérales. D’après Agence Ecofin, la réunion du 20 février a suivi une attaque terroriste survenue le 14 février à Titao, au Burkina Faso. Huit commerçants et transporteurs ghanéens de tomates ont été tués. Le gouvernement ghanéen a ensuite suspendu temporairement les importations de tomates burkinabè.

L’incident relie la sécurité du corridor au fonctionnement quotidien d’un marché agricole précis. Les commerçants et transporteurs de produits périssables sont immédiatement exposés lorsque les routes deviennent dangereuses. Une suspension peut perturber l’approvisionnement des acheteurs ghanéens et fermer un débouché aux producteurs et négociants burkinabè. Aucun chiffre n’a été communiqué sur le volume ou la valeur des flux touchés, ni sur la durée de la mesure.

Des échanges bilatéraux estimés à 764 millions de dollars

Les échanges entre les deux pays étaient estimés à 764 millions de dollars en 2024, selon les données de l’International Trade Center citées par Agence Ecofin. Les nouveaux dispositifs de transport, de transit et de gestion des frontières dépassent donc le seul marché de la tomate. Leur efficacité dépendra de leur application par les douanes, les services de transport, les administrations frontalières et les organismes de sécurité.

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a présenté les accords comme des outils opérationnels pour les économies et les populations des deux pays. Les gouvernements se sont engagés à les mettre en œuvre. Le nouveau dispositif reprend aussi la coopération examinée lors de la 12e Commission mixte à Accra en 2018, en y ajoutant des mécanismes adaptés aux conditions actuelles de transport, de frontière et de sécurité.

Les deux États coopèrent déjà dans le domaine sécuritaire alors que le Burkina Faso connaît une recrudescence des attaques jihadistes. Leurs services techniques disposent également d’un mécanisme de suivi et d’échange des données pluviométriques afin d’améliorer la gestion des informations climatiques et environnementales. La coordination s’étend ainsi du transit physique aux risques susceptibles de perturber la production, le transport et l’accès au marché.

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