Les exportations vietnamiennes de bois atteignent 11,69 milliards de dollars
Le Vietnam a exporté pour environ 11,69 milliards de dollars de bois et produits dérivés sur les huit premiers mois de 2026, soit une hausse de 5%. La filière vise davantage de transformation, de forêts certifiées et de débouchés, alors que les États-Unis représentent 49,9% du marché.
Les exportations progressent malgré le recul des ventes aux États-Unis
Les exportations vietnamiennes de bois et de produits dérivés ont atteint environ 11,69 milliards de dollars sur les huit premiers mois de 2026, soit une hausse de 5% par rapport à la même période de 2025, selon VietnamPlus, qui cite le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Pour le seul mois d’août, les expéditions ont représenté près de 1,48 milliard de dollars.
L’ensemble du secteur forestier a exporté pour 12,57 milliards de dollars sur huit mois, en hausse de 5,4%, tandis que les exportations agricoles, forestières et halieutiques ont approché 49,31 milliards de dollars, soit une progression annuelle de 7%. Le ministère vise 74 milliards de dollars pour ces secteurs sur l’ensemble de l’année.
La concentration sur les États-Unis reste un risque commercial
Les États-Unis représentaient en août 49,9% du marché d’exportation vietnamien du bois et des produits dérivés, devant la Chine avec 15% et le Japon avec 12,4%. La valeur des ventes aux États-Unis a toutefois baissé de 5,8% sur un an pendant les sept premiers mois de 2026. Les expéditions vers la Chine ont progressé de 46,4% et celles vers le Japon de 5,8%.
Parmi les 15 principaux marchés du Vietnam, le Mexique a enregistré la plus forte croissance, avec une valeur multipliée par 2,1, tandis que l’Inde a subi la baisse la plus prononcée, à 30,3%. Ces chiffres montrent une diversification progressive, mais la concentration de près de la moitié des ventes sur un seul marché continue d’exposer les transformateurs et fabricants de meubles vietnamiens aux évolutions de la demande et des conditions commerciales américaines.
Les matières premières et la transformation guideront la prochaine étape
Selon Bnews, l’industrie vietnamienne du bois génère environ 17 milliards de dollars d’exportations annuelles, mais doit accroître sa valeur grâce à une transformation plus poussée, à la demande intérieure et à une sylviculture durable. Le Vietnam compte environ 4,9 millions d’hectares de forêts plantées, dont quelque 4,1 millions d’hectares de forêts de production. En mai 2026, environ 880 000 hectares avaient obtenu une certification forestière durable FSC ou PEFC.
Les industries du meuble, des panneaux transformés, des granulés et des copeaux consomment au total environ 59 millions de mètres cubes de matières premières par an. La récolte de bois a atteint 16,6629 millions de mètres cubes pendant les huit premiers mois de 2026, en hausse de 7,4% sur un an. Les professionnels signalent néanmoins que le nombre limité de plantations de bois de grand diamètre, les liens insuffisants entre sylviculteurs et transformateurs et la mauvaise coordination entre capacités industrielles et bassins forestiers continuent de restreindre l’offre.
Des cycles plus longs pourraient améliorer les revenus
Les forêts destinées aux copeaux et aux granulés peuvent être exploitées après environ cinq ans, contre sept à 10 ans ou davantage pour le bois de grand diamètre. Les estimations professionnelles citées par Bnews indiquent qu’un cycle porté à environ 10-12 ans pourrait multiplier les bénéfices des sylviculteurs par près de 2,5 par rapport à la récolte de jeunes arbres, sous réserve de débouchés stables.
Les ateliers remplacent aussi le bois naturel importé présentant davantage de risques par du bois de plantation vietnamien, du bois lamellé et des panneaux. Selon le rapport, cette évolution a réduit d’environ 90% l’utilisation du bois naturel importé à risque autrefois courant. Pour les exportateurs, investir dans la traçabilité, les approvisionnements certifiés et les meubles à plus forte valeur peut faciliter l’accès aux marchés soumis à des exigences environnementales strictes. Pour les sylviculteurs, les cycles longs dépendront d’acheteurs fiables, de financements et d’usines capables de mieux rémunérer les grumes de qualité.