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Le dollar à 189 400 tomans alourdit les coûts du transport et de la logistique en Iran

Le dollar s’échangeait autour de 189 400 tomans sur le marché libre iranien, renchérissant les véhicules importés, les pièces, les services portuaires et les équipements logistiques. La pression touche la route, le maritime, le rail et l’aérien, tout en augmentant les besoins en fonds de roulement.

Le dollar à 189 400 tomans alourdit les coûts du transport et de la logistique en Iran

La pression monétaire atteint les transporteurs

Le dollar s’échangeait à 1,894 million de rials, soit environ 189 400 tomans, lors des premières transactions du samedi 31 Mordad 1405 sur le marché libre iranien, selon Tinn News. L’euro valait 2,2121 millions de rials, ou environ 221 210 tomans, et le dirham des Émirats arabes unis 515 980 rials. L’euro était ainsi environ 17 % plus cher que le dollar et la livre sterling 36 %, sous l’effet conjoint du marché intérieur et des cours internationaux.

Le taux de change ne modifie pas directement le prix intérieur du carburant, mais il touche presque tous les autres intrants du transport. Les véhicules importés, composants, machines, équipements portuaires et services étrangers deviennent plus coûteux en rials. La hausse de la valeur des marchandises et des factures de transport oblige aussi les logisticiens à mobiliser davantage de fonds de roulement pour traiter le même volume.

L’entretien et le renouvellement des flottes se renchérissent

Le transport routier est exposé par les camions, autobus et véhicules utilitaires importés ainsi que par les pièces ou matières premières étrangères. Tinn News cite les calculateurs électroniques, les systèmes de freinage et de suspension, les filtres, les pneus pour poids lourds, les batteries, les équipements électriques, les huiles spécialisées et les pièces de moteur parmi les produits sensibles au change. Les pièces fabriquées localement sont également touchées lorsque leurs matières premières, machines ou composants intermédiaires viennent de l’étranger.

Pour maintenir les véhicules en circulation, les opérateurs peuvent reporter les grosses réparations ou choisir des pièces moins chères. Ils prolongent ainsi l’utilisation d’un parc vieillissant, mais augmentent les risques de panne, de retard et d’accident. Le renouvellement devient plus difficile car le prix des camions et des pièces suit le marché libre, tandis que l’essentiel des recettes du transport reste libellé en rials.

La dépréciation ne provoque pas automatiquement une hausse immédiate du fret intérieur. Les tarifs dépendent aussi du carburant, des salaires des conducteurs, des péages, de l’assurance, des pneus, des réparations, du fret retour et de l’offre de véhicules. La progression des coûts d’exploitation et d’investissement accentue néanmoins la pression, notamment sur les axes Téhéran–Bandar Abbas et Téhéran–Bazargan, le Corridor Nord–Sud et les routes vers Chabahar et les postes-frontières.

Les ports, le rail et l’aérien supportent des coûts en devises

Dans le maritime, le change affecte les services portuaires, la location de conteneurs, la réparation des navires, les pièces, l’assurance, l’affrètement et les services d’agence, souvent facturés en devises. Le coût final des marchandises passant par Shahid Rajaee, Imam Khomeini, Chabahar et Khorramshahr peut donc augmenter. Armateurs, transitaires et chargeurs doivent intégrer le risque de change dans les contrats, les surestaries, le stockage et la programmation des flux.

Le dirham est particulièrement important pour les ports du sud, car une partie des achats, services intermédiaires et règlements régionaux transite par les Émirats. Dans le ferroviaire, l’exposition concerne surtout les locomotives, les systèmes de contrôle et de signalisation, les grues de terminal et les machines d’entretien. La faiblesse du rial peut ainsi renchérir les terminaux de fret, les centres logistiques et les projets liés au Corridor Nord–Sud, à Rasht–Astara, à la desserte ferroviaire de Chabahar et aux liaisons vers l’Asie centrale.

L’aviation compte parmi les secteurs les plus sensibles aux devises. Les pièces d’avion, la maintenance spécialisée, les services aéroportuaires, la location, l’assurance et la formation génèrent des dépenses directes ou indirectes en monnaie étrangère. Leur hausse peut se répercuter sur les billets et le fret aérien et réduire la compétitivité des exportations dont la valeur ne justifie pas ce mode de transport.

Les routes internationales ajoutent un risque régional

La livre turque était cotée à 39 600 rials, le yuan chinois à 282 700 rials, le rouble russe à 22 920 rials, le manat azerbaïdjanais à 1,1025 million de rials et le dram arménien à 5 600 rials. Ces cours comptent car les transporteurs et négociants iraniens paient certains services routiers, carburants, péages, hébergements et frais frontaliers en monnaies locales ou intermédiaires sur les liaisons avec la Turquie, le Caucase, la Russie, l’Asie centrale, la Chine et le Pakistan.

Tinn News précise que ces chiffres correspondent à l’ouverture et ne suffisent pas à établir une tendance durable du marché. Une faiblesse prolongée de la monnaie maintiendrait toutefois les coûts de remplacement et les besoins de financement à un niveau élevé. Les petites entreprises logistiques sont les plus vulnérables, car elles disposent de moins de ressources pour financer stocks, réparations et mouvements de marchandises lorsque chaque opération immobilise davantage de rials.

Analyse complète du marché

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