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La concurrence et le durcissement des normes restructurent l’élevage vietnamien

L’élevage vietnamien couvre largement la demande intérieure de viande, d’œufs et de lait, mais les importations de viande et les groupes à capitaux étrangers accentuent la concurrence. Les producteurs doivent adopter la technologie et la traçabilité, renforcer les filières intégrées et viser des produits à plus forte valeur.

La concurrence et le durcissement des normes restructurent l’élevage vietnamien

L’offre nationale affronte une concurrence accrue

L’élevage vietnamien couvre désormais largement la demande intérieure de viande, d’œufs et de lait, tout en développant progressivement ses débouchés à l’exportation, selon Nguyễn Xuân Dương, président de l’Association vietnamienne de l’élevage. La viande de poulet et les vaccins vétérinaires ont commencé à pénétrer des marchés aux exigences élevées en matière de qualité, de sécurité et de contrôle sanitaire. Cette avancée montre que la prochaine étape dépendra moins des volumes produits que du choix des produits et des marchés où ils pourront être vendus.

La concurrence intérieure s’intensifie également. Les importants volumes de viande importée exercent une pression directe sur les produits nationaux, notamment ceux des élevages familiaux. Les entreprises locales affrontent aussi des sociétés et groupes à capitaux étrangers avantagés par leurs ressources financières, leur technologie, leur matériel génétique, leur gestion et leurs chaînes intégrées. Les petits éleveurs disposent de moins de moyens pour maîtriser leurs coûts et satisfaire simultanément les exigences de qualité, de sécurité alimentaire et de traçabilité.

La technologie gagne toute la chaîne de production

Les attentes des consommateurs renforcent la valeur des méthodes de production vérifiables. Les acheteurs s’intéressent davantage aux conditions d’élevage, à la sécurité et à la traçabilité des produits ainsi qu’à l’impact environnemental de leur fabrication. Les volumes restent importants pour la sécurité alimentaire, mais l’expansion d’une production à faible valeur ajoutée, coûteuse et peu compétitive réduit progressivement les perspectives de croissance. La concurrence essentiellement fondée sur les prix ne procurera donc pas d’avantage durable aux élevages familiaux.

Le secteur abandonne progressivement une production guidée par l’expérience au profit d’une gestion appuyée sur les données et la technologie. Lê Văn Phan, de l’Université nationale d’agriculture du Vietnam, estime que les technologies stratégiques doivent inclure la sélection des animaux selon la qualité des produits. Les choix génétiques doivent tenir compte de la qualité de la viande, des œufs et du lait, de l’adaptation aux conditions d’élevage, de l’efficacité alimentaire et des besoins propres à chaque segment, et non simplement accroître les cheptels.

La technologie devra ainsi relier la sélection, l’alimentation, les soins, les services vétérinaires et le contrôle des maladies à l’abattage, à la transformation et à la distribution. Des données intégrées permettraient d’adapter la production à la demande au lieu de chercher des acheteurs une fois les produits disponibles. Une meilleure information pourrait aussi limiter le cycle dans lequel les éleveurs augmentent l’offre en fonction des prix actuels ou de la campagne précédente, avant de découvrir la baisse des cours lorsque les volumes supplémentaires arrivent sur le marché.

L’avenir des petits élevages dépend des filières

La modernisation risque d’élargir l’écart entre les grandes entreprises et les élevages familiaux. GREENFEED Vietnam indique que les grands opérateurs peuvent investir dans la technologie, les bassins d’approvisionnement, les laboratoires, les systèmes de contrôle qualité et les marques, alors que la plupart des ménages ne peuvent satisfaire seuls toutes ces exigences. L’entreprise considère la coopération en filière comme une solution de marché : les sociétés ont besoin d’un approvisionnement stable et les éleveurs de débouchés, de normes précises et de mécanismes transparents de partage des bénéfices.

Les coopératives pourraient regrouper les petites exploitations dans des zones de production suffisamment grandes pour adopter des normes communes, la technologie et la traçabilité. L’intégration dans des filières organisées améliore aussi l’accès au matériel génétique, aux aliments, à l’assistance technique, aux services vétérinaires et aux marchés, tout en réduisant les risques de production. Face au durcissement des exigences, les ménages qui produisent seuls et recherchent eux-mêmes leurs acheteurs rencontreront des difficultés croissantes.

Les premiers succès à l’exportation montrent que les possibilités dépassent la consommation nationale, mais de nouveaux progrès nécessiteront de concentrer les investissements sur les produits compétitifs. Thời Báo Ngân Hàng cite parmi les priorités l’amélioration de la qualité génétique, le développement de la transformation avancée, la création de marques et le respect des normes internationales. Le contrôle sanitaire, la traçabilité et la baisse des émissions pèseront aussi sur l’accès aux marchés. Une utilisation plus efficace des aliments, la réduction des pertes dues aux maladies et la valorisation des sous-produits peuvent diminuer à la fois les coûts et la pression environnementale. Le passage du volume à la qualité devient donc une nécessité économique pour les entreprises comme pour les élevages familiaux.

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