Le Chili prévoit une hausse de 16 % de sa production de cerises
L'USDA prévoit une production chilienne de 727 000 tonnes de cerises et des exportations de 667 000 tonnes en 2026/27. L'arrivée à maturité de nouveaux vergers accroît l'offre, tandis que la dépendance envers la Chine demeure le principal risque commercial.
La maturité des vergers relève les prévisions
La production chilienne de cerises devrait augmenter d'environ 16 % pour atteindre 727 000 tonnes métriques durant la campagne commerciale 2026/27, selon les projections du Foreign Agricultural Service du département américain de l'Agriculture rapportées par LM Neuquén. Les exportations progresseraient d'environ 17 %, à 667 000 tonnes, grâce à la montée en rendement des vergers plantés ces dernières années.
La superficie plantée devrait atteindre 80 000 hectares, contre 77 766 hectares en 2025/26, tandis que la surface récoltée est estimée à 76 000 hectares. Les cerisiers commencent généralement à produire quatre à cinq ans après leur plantation. Une grande partie de la récolte supplémentaire proviendra donc des vergers établis entre 2021 et 2023, plutôt que d'une nouvelle vague d'expansion des surfaces.
Après plusieurs années de forte croissance, les nouvelles plantations ont nettement ralenti. La filière privilégie désormais le rendement des vergers existants, la qualité des fruits et le renouvellement variétal. Santina, Lapins et Regina restent les principales variétés, tandis que Sweet Aryana, Nimba, Pacific Red, Areko, Sweet Lorenz et Sweet Gabriel gagnent du terrain. Les producteurs recherchent des récoltes plus précoces, des rendements supérieurs, une meilleure fermeté et une bonne résistance aux longs transports maritimes.
La Chine reste le débouché dominant
La prévision d'exportation marque un redressement par rapport aux quelque 569 492 tonnes de 2025/26, campagne durant laquelle les expéditions ont reculé d'environ 9 % sur un an. L'USDA attribue principalement cette baisse à une normalisation après la campagne exceptionnelle de 2024/25. Les exportations avaient alors atteint un record de 625 208 tonnes, en hausse de 51,1 %.
Ce record a aussi révélé les risques commerciaux liés à une croissance rapide de l'offre. Les arrivages concentrés ont pesé sur les prix en Chine et souligné l'importance d'un calibre, d'une fermeté et d'un état après récolte homogènes. L'USDA avertit que les exportations pourraient progresser moins vite que le potentiel de production en raison de la capacité d'absorption des marchés, des contraintes logistiques en haute saison et du renforcement des normes de qualité chinoises.
La Chine a reçu environ 494 332 tonnes de cerises chiliennes en 2025/26, soit près de 87 % des exportations totales. La demande bénéficie de circuits de distribution établis et d'une forte consommation de fruits haut de gamme autour du Nouvel An lunaire. Le Chili cherche à atteindre des villes et des enseignes situées au-delà des principaux pôles chinois, tout en développant ses ventes aux États-Unis, en Corée du Sud, à Taïwan, au Vietnam et en Inde.
Qualité et logistique détermineront les marges
Aux États-Unis, les fournisseurs testent la commercialisation dans un réseau d'environ 2 000 magasins Walmart, parallèlement aux actions promotionnelles de ProChile. De nouveaux circuits logistiques, dont le fret aérien, se développent au Vietnam. La filière étudie également des navires plus rapides afin de réduire les délais vers les États-Unis, l'Union européenne et les marchés de l'ASEAN.
La production reste concentrée dans le centre du Chili. L'enquête fruitière ODEPA-CIREN 2025, publiée en 2026, recensait 32 801 hectares plantés dans le Maule, soit 42,2 % du total national. O'Higgins comptait 29 935 hectares, soit 38,5 %. Ensemble, les deux régions représentent plus de 80 % des surfaces chiliennes consacrées aux cerises.
Les producteurs investissent dans des couvertures en plastique pour protéger les vergers de la pluie pendant la floraison et la récolte, lorsque les dommages peuvent réduire la qualité exportable. L'emballage automatisé, les technologies après récolte et l'amélioration de la chaîne du froid prennent de l'importance avec la hausse des volumes. Pour les producteurs et les exportateurs, le résultat de 2026/27 dépendra non seulement d'une récolte de 727 000 tonnes, mais aussi de leur capacité à écouler davantage de fruits sans reproduire la pression sur les prix et les encombrements logistiques observés après le record de 2024/25.