Les importations vietnamiennes de poulet atteignent 186 400 tonnes et accentuent la pression
Le Vietnam a importé 186 400 tonnes de poulet pour plus de 188,3 millions de dollars au premier semestre 2026. L’essor rapide des livraisons turques et la domination des États-Unis renforcent la concurrence pour les producteurs et transformateurs locaux.
Les volumes progressent, les dépenses reculent
Le Vietnam a importé 186 400 tonnes de viande de poulet pour plus de 188,3 millions de dollars au cours des six premiers mois de 2026, selon les données du ministère de l’Industrie et du Commerce publiées par Dân Việt. Par rapport à la même période de 2025, les volumes ont augmenté de 2,1%, tandis que la valeur a diminué de 0,4%. Cet écart signale un repli des prix moyens à mesure que davantage de volaille étrangère arrive sur le marché.
En juin, les importations ont dépassé 36 700 tonnes pour une valeur supérieure à 34 millions de dollars. Les volumes ont reculé de 0,7% par rapport à mai et la valeur de 4,5%. Le prix moyen à l’importation a dépassé 953 dollars la tonne, soit une baisse mensuelle de 3,8%. Au taux de change moyen actuel, cela représente environ 24 800 dongs vietnamiens le kilogramme et offre une source bon marché aux transformateurs, grossistes et acheteurs de la restauration.
Les États-Unis dominent, la Turquie accélère
Les États-Unis sont restés le premier fournisseur de poulet du Vietnam. En juin, leurs expéditions ont dépassé 11 100 tonnes pour plus de 13,3 millions de dollars et ont représenté 38,2% du marché selon l’indicateur cité par Dân Việt. Par rapport à mai, les volumes ont baissé de 1,1% et la valeur de 4%. Sur le semestre, les achats aux États-Unis ont atteint 63 300 tonnes pour plus de 75 millions de dollars, en hausse de 11,9% en volume et de 14,1% en valeur sur un an.
La Turquie a pris la deuxième place avec plus de 9 800 tonnes livrées en juin pour plus de 6,7 millions de dollars. Les volumes ont augmenté de 19,2% sur un mois et la valeur de 20,8%, portant sa part à 19,4%. Le changement est encore plus net sur six mois: les importations vietnamiennes depuis la Turquie ont atteint 29 600 tonnes pour plus de 18,9 millions de dollars, soit des hausses annuelles de 261% en volume et de 216% en valeur.
La Pologne était le troisième fournisseur en juin, avec plus de 3 400 tonnes pour une valeur supérieure à 3,5 millions de dollars. Les volumes ont chuté de 30,6% par rapport à mai et la valeur de 24,9%, pour une part annoncée de 10,3%. Sur le semestre, les livraisons ont totalisé 20 000 tonnes et plus de 20,8 millions de dollars: les volumes ont progressé de 10,8%, mais la valeur a diminué de 9,8%. La Corée du Sud a fourni plus de 2 600 tonnes pour plus de 3,5 millions de dollars en juin et détenait 10,2% du marché; ses volumes et sa valeur ont baissé respectivement de 14,1% et de 13,6%.
L’ensemble du commerce de viande renforce la concurrence
La hausse de l’offre de poulet s’inscrit dans une expansion plus large des importations vietnamiennes de viande. Les données douanières relayées par Dân Việt montrent que le pays a importé 595 700 tonnes de viande et de produits carnés pour 1,7 milliard de dollars au cours des sept premiers mois de 2026. Les volumes ont augmenté de 11,4% et la valeur de 32,4% sur un an. L’Inde était le premier fournisseur global, avec 20,29% des volumes, soit 120 800 tonnes évaluées à 521,28 millions de dollars.
Les exportations vietnamiennes de viande et de produits carnés ont suivi la tendance inverse. Elles ont totalisé 10 700 tonnes et 72,06 millions de dollars sur sept mois, en baisse de 17,7% en volume mais en hausse de 4,8% en valeur. Hong Kong est resté la première destination avec 3 400 tonnes pour 29,59 millions de dollars, malgré des reculs respectifs de 42,8% et de 28%. Les porcelets entiers congelés et les porcs entiers congelés sont restés les principaux produits vendus sur ce marché.
Pour la filière avicole vietnamienne, le principal enjeu tient à la combinaison d’une offre importée plus abondante et de faibles prix d’entrée. Les éleveurs locaux affrontent les flux américains déjà établis et la montée rapide de la Turquie, tandis que les transformateurs disposent d’un choix accru d’origines et de prix. La progression des volumes de poulet au premier semestre, accompagnée d’une baisse de leur valeur, laisse prévoir une concurrence tarifaire durable même sans forte hausse de la demande totale.