Bière au Vietnam : chiffre d'affaires en hausse de 7 % et bénéfice de 29 % au premier semestre 2026
Quinze entreprises brassicoles vietnamiennes ayant publié leurs comptes semestriels ont réalisé un chiffre d'affaires cumulé de plus de 24 000 milliards de dôngs au premier semestre 2026, en hausse de 7 % sur un an, tandis que le bénéfice après impôt a progressé de 29 %, au-delà de 3 000 milliards de dôngs. Selon Thương Trường, la reprise est inégale : les plus gros producteurs captent l'essentiel du bénéfice.
L'industrie brassicole vietnamienne a renoué avec la croissance au premier semestre 2026, mais les gains se répartissent de façon inégale dans le secteur. Quinze entreprises brassicoles ayant publié leurs états financiers pour la période affichent un chiffre d'affaires cumulé de plus de 24 000 milliards de dôngs, en hausse de 7 % sur un an, tandis que le bénéfice après impôt a progressé de 29 %, dépassant 3 000 milliards de dôngs, selon Thương Trường.
Ce décompte ne couvre que les producteurs ayant publié leurs résultats semestriels à la date de l'article. Il donne une lecture large mais incomplète d'un marché où opèrent également des sociétés détenues par des capitaux privés ou sous contrôle étranger, qui ne publient pas de comptes intermédiaires.
Un bénéfice qui progresse quatre fois plus vite que les ventes
Le trait marquant du semestre est l'écart entre les deux taux : le bénéfice a progressé plus de quatre fois plus vite que le chiffre d'affaires. Calculée à partir des agrégats publiés, la marge nette de l'ensemble ressort autour de 12,5 % sur les six premiers mois de 2026, contre environ 10 % pour la même période un an plus tôt. Sur ces bases, la reprise tient à la marge et non aux seuls volumes : un rebond porté uniquement par les ventes ferait évoluer le bénéfice et le chiffre d'affaires à un rythme proche.
Une amélioration de marge de cette ampleur résulte en général d'un ensemble de facteurs : prix mieux tenus, montée en gamme du mix produits, matières premières et emballages moins chers, discipline de coûts héritée de la phase de repli. La synthèse publiée n'attribue l'amélioration à aucun facteur précis, et séparer l'effet prix de l'effet coûts supposerait d'examiner les comptes de chaque société.
Les grands brasseurs captent l'essentiel des gains
Thương Trường qualifie la reprise d'inégale : les plus grandes entreprises concentrent la majeure partie du bénéfice sectoriel. Les données agrégées masquent ce partage. Une hausse de 7 % du chiffre d'affaires sur quinze sociétés est compatible avec une forte croissance chez quelques leaders et une activité stable ou en recul ailleurs, et un bond de 29 % du bénéfice s'obtient plus facilement à grande échelle qu'en bas de tableau.
Cette distinction a des conséquences concrètes pour plusieurs acteurs :
- Les fournisseurs de malt, de houblon, d'emballages et de services logistiques, dont les carnets de commandes se concentrent davantage lorsque quelques acheteurs captent l'essentiel de la croissance.
- Les distributeurs et les détaillants, chez qui le linéaire et les conditions commerciales suivent les marques disposant de budgets marketing suffisants pour défendre leurs volumes.
- Les investisseurs et les prêteurs qui évaluent de petits brasseurs régionaux, dont les résultats peuvent s'écarter de la moyenne sectorielle dans un sens comme dans l'autre.
Ce qu'il faudra surveiller
La bière figure parmi les catégories de produits de grande consommation les plus importantes en valeur au Vietnam, et le secteur est un acheteur significatif d'intrants importés : l'orge de brasserie et le malt, le houblon et l'aluminium destiné aux canettes ne sont pas disponibles localement à l'échelle requise par les brasseries. Une hausse de 7 % du chiffre d'affaires sectoriel se traduit donc en demande d'approvisionnement, mais la concentration détermine quelles entreprises passent ces commandes et à quelles conditions.
Pour le reste de 2026, la question est de savoir si une telle expansion de marge est reproductible une fois passées les comparaisons de coûts les plus favorables. Si le chiffre d'affaires continue de croître de quelques points tandis que le bénéfice revient à un rythme normal, les 29 % apparaîtront comme un rattrapage ponctuel depuis une base faible, et non comme un nouveau niveau de rentabilité. Les comptes individuels des quinze sociétés ayant publié, ainsi que les résultats des producteurs encore attendus, diront dans quelle mesure la reprise concerne vraiment l'ensemble du secteur.