La viande de buffle indienne renforce sa place sur le marché vietnamien
Le Vietnam a importé environ 108 200 tonnes de viandes et produits carnés indiens au premier semestre 2026, principalement de la viande de buffle congelée. Des prix compétitifs et une production locale couvrant seulement la moitié de la demande soutiennent les achats, tandis que les fausses dénominations renforcent les besoins de traçabilité.
L’Inde domine les fournisseurs de viande du Vietnam
Le Vietnam a importé environ 108 200 tonnes de viandes et produits carnés indiens pour près de 462,8 millions de dollars au premier semestre 2026, selon Soha, qui cite des données préliminaires du Département des douanes. Le volume a progressé de 40,9% et la valeur de 78,3% sur un an. La viande de buffle congelée a constitué l’essentiel des expéditions, confortant l’Inde comme premier fournisseur de viande du Vietnam.
Toutes origines confondues, le Vietnam a importé 494 300 tonnes de viandes et produits carnés pour environ 1,46 milliard de dollars sur les six mois. Le volume a augmenté de 9,6% et les dépenses de 36,4% sur un an. D’après Thanh Nien, les États-Unis, le Brésil, l’Australie et l’Espagne suivaient l’Inde parmi les principaux fournisseurs.
Le deuxième trimestre a représenté 271 100 tonnes pour près de 810,1 millions de dollars, soit des hausses de 21,5% en volume et de 24,1% en valeur par rapport au premier trimestre. Le prix moyen de l’ensemble des viandes importées s’est établi autour de 2,95 dollars le kilogramme, malgré l’augmentation du fret maritime liée aux conflits géopolitiques.
L’avantage tarifaire répond au déficit de l’offre locale
Des données indiennes plus détaillées citées par Thanh Nien montrent que le Vietnam avait importé environ 86 200 tonnes de viande de buffle pour près de 371 millions de dollars à fin mai 2026. Le prix moyen atteignait environ 4 301 dollars la tonne, soit 112 000 dongs le kilogramme. Soha a également cité Beef Central, qui évaluait le prix indien à l’exportation à 4 392 dollars la tonne au deuxième trimestre, près de 60% au-dessus de la moyenne de 2 780 dollars la tonne enregistrée pour les importations vietnamiennes au premier semestre 2025.
Malgré cette hausse, le produit indien reste très compétitif. L’expert en élevage Nguyen Van Trong a déclaré à Tuoi Tre que la viande de buffle indienne importée coûtait approximativement autant qu’un buffle vivant au Vietnam. L’alimentation représente 60 à 75% des coûts de production de l’élevage local, tandis qu’une grande partie de ses matières premières est importée.
Le cheptel vietnamien est passé d’environ 2,33 millions de buffles en 2020 à 1,95 million en 2025, soit un recul moyen de 3,63% par an. Selon Nguyen Van Trong, la production nationale ne couvre que la moitié de la consommation de viande de buffle. La lenteur de la reproduction, la dégradation du potentiel génétique et une rentabilité inférieure à celle d’autres élevages freinent la reconstitution du cheptel.
La progression des importations révèle des risques de traçabilité
L’Inde avait déjà livré au Vietnam 188 700 tonnes de viandes et produits carnés pour 681 millions de dollars en 2025, soit plus de 19% du volume national importé, selon les chiffres douaniers publiés par Thanh Nien. Une autre estimation de Beef Central, citée par Soha, évaluait les importations vietnamiennes de viande de buffle indienne à environ 300 000 tonnes cette année-là. Ces chiffres semblent reposer sur des périmètres de produits ou des méthodes de comptabilisation différents.
La viande de buffle congelée importée est principalement vendue aux restaurants, aux transformateurs alimentaires et aux grossistes. Ce circuit est aussi devenu une cible des autorités. Thanh Nien a rapporté que Tran Le Foods avait acheté, à partir du 27 mai 2025, environ 130 tonnes de viande de buffle indienne congelée pour près de 17,7 milliards de dongs. L’entreprise en aurait tiré environ 65 tonnes de viande séchée vendue comme du bœuf, générant quelque 21 milliards de dongs de chiffre d’affaires. Les autorités ont saisi plus de 2 tonnes de viande séchée portant une fausse dénomination.
L’importation demeure légale lorsque les exigences vétérinaires, sanitaires et de contrôle des maladies sont respectées. Le risque commercial apparaît lorsque de la viande de buffle importée à bas prix est présentée comme du bœuf ou une spécialité régionale. Pour les importateurs et transformateurs, la traçabilité par lot et l’exactitude de l’étiquetage seront essentielles afin de préserver l’accès à un marché où l’offre locale reste insuffisante et où les consommateurs sensibles aux prix continuent de soutenir les importations.