← Retour aux actualités

Les variétés sans pépins transforment le marché italien du raisin de table

La filière italienne remplace progressivement ses variétés traditionnelles à pépins par des raisins apyrènes demandés en Europe. Cette évolution soutient les débouchés à l’exportation, mais accroît les coûts de licence et la dépendance envers la sélection étrangère.

La demande modifie l’offre variétale

Le marché italien du raisin de table connaît un renouvellement variétal, les producteurs remplaçant progressivement les raisins traditionnels à pépins par des variétés apyrènes. Le fruit paraît presque inchangé aux consommateurs, mais cette transition influence les décisions de plantation, les coûts de production, la propriété intellectuelle et l’accès aux grandes enseignes.

Selon Il Fatto Alimentare, la production mondiale de raisin de table a augmenté de 20% en une dizaine d’années, tandis que les variétés sans pépins gagnaient du terrain. Des fournisseurs émergents comme le Pérou et le Chili ont renforcé leur position grâce à ces variétés, alors que l’Italie est restée plus dépendante des raisins traditionnels. Les nouveautés régulièrement proposées en supermarché sont elles aussi principalement apyrènes et se distinguent par leur calendrier, leur couleur, leur goût ainsi que la forme des baies ou des grappes.

L’Italie cherche à regagner en compétitivité

D’après l’Accademia dei Georgofili, la production italienne de raisin de table est passée de 1,4 million à 1,0 million de tonnes, même si le pays reste le premier producteur européen. Environ la moitié des surfaces est encore occupée par des variétés traditionnelles à pépins. Cette part recule rapidement sous l’effet de la demande croissante des marchés européens pour les raisins sans pépins.

L’évolution dépasse le seul marché intérieur. Une étude publiée par IVES indique qu’environ 45% de la production italienne est exportée vers les marchés européens, principalement l’Allemagne, la France, la Pologne et l’Espagne. Le choix variétal détermine donc la capacité des producteurs à respecter les cahiers des charges des distributeurs étrangers et à concurrencer les fournisseurs méditerranéens, notamment l’Égypte, Israël, l’Espagne et la Grèce.

Les licences créent une nouvelle structure de coûts

Beaucoup de nouvelles variétés sans pépins sont protégées. Les producteurs ne peuvent les cultiver que sous licence et doivent verser des droits d’utilisation aux entreprises qui les ont développées. Il Fatto Alimentare souligne le rôle des sociétés internationales de sélection dans ce modèle. L’Accademia dei Georgofili relève parallèlement que l’Italie est longtemps restée à l’écart de la sélection apyrène et dépend désormais davantage des variétés étrangères, notamment américaines.

Cette dépendance présente des risques financiers et agronomiques. Les variétés étrangères ne sont pas toujours adaptées aux sols et au climat italiens, alors qu’un vignoble reste en production pendant des années. Les exploitants doivent arbitrer entre demande, accès à la distribution, redevances, performances culturales et risque de perte d’attrait commercial. Des programmes italiens pourraient réduire cette exposition en créant des raisins sans pépins adaptés aux bassins locaux. Pour les distributeurs et les exportateurs, la tendance immédiate est néanmoins nette : les variétés apyrènes prennent plus de place dans l’assortiment, tandis que les raisins à pépins se dirigent vers des débouchés plus étroits s’ils ne conservent pas un avantage distinctif de goût, de saison ou de prix.

Analyse complète du marché

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience de navigation, fournir du contenu personnalisé et analyser notre trafic. En cliquant sur "Tout accepter", vous consentez à notre utilisation de cookies. Vous pouvez gérer vos préférences ou en savoir plus dans notre Politique de confidentialité.