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Taïwan absorbe 79 % des exportations paraguayennes de viande porcine

Le Paraguay a exporté 12 815 tonnes de viande porcine pour 35,525 millions de dollars FOB entre janvier et août 2026. Taïwan a représenté 79 % du volume et 85 % de la valeur, ce qui rend la filière très dépendante d’un seul marché.

Taïwan absorbe 79 % des exportations paraguayennes de viande porcine

Les volumes progressent plus vite que les recettes

Le Paraguay a exporté 12 815 tonnes de viande porcine entre janvier et août 2026, pour des recettes FOB de 35,525 millions de dollars, selon Última Hora. Les données de l’Association paraguayenne des producteurs de porcs, établies à partir des registres de Senacsa, de la Banque centrale du Paraguay et des douanes, montrent une croissance continue de la production et du commerce extérieur.

Les expéditions ont augmenté de 8 % par rapport à la même période de 2025, durant laquelle le Paraguay avait exporté 11 839 tonnes. Les recettes n’ont toutefois progressé que de 1 %, passant de 35,021 millions à 35,525 millions de dollars. Les volumes supplémentaires n’ont donc pas produit une hausse équivalente des entrées de devises, ce qui affecte directement les marges et la formation des prix dans l’ensemble de la filière porcine.

Taïwan domine la répartition des destinations

Taïwan a reçu 79 % du volume de viande porcine exporté par le Paraguay sur les huit mois et généré 85 % de sa valeur FOB. Sa part des recettes, supérieure à celle des volumes, montre qu’il s’agit non seulement du premier débouché, mais aussi du marché le plus rémunérateur du portefeuille actuel du pays.

Le Brésil arrive en deuxième position avec 16 % du volume et 11 % de la valeur. L’Uruguay a représenté 5 % des expéditions et 3 % des recettes FOB, tandis que les parts des Philippines sont restées inférieures à 1 %. La diversification demeure donc limitée : Taïwan et le Brésil ont absorbé ensemble 95 % des volumes exportés, les autres marchés identifiés ne constituant que des débouchés alternatifs modestes.

Taïwan assure l’essentiel des recettes en devises de la filière et donne aux transformateurs paraguayens accès à un important marché asiatique. Cette concentration expose néanmoins les éleveurs, les abattoirs et les exportateurs aux variations de la demande, des conditions d’accès ou des politiques d’achat d’une seule destination. Le Brésil apporte une certaine diversification régionale, mais sa part reste trop faible pour contrebalancer le poids de Taïwan.

Le mois d’août révèle une pression sur les rendements

L’écart entre la croissance des volumes et celle des recettes a été particulièrement marqué en août. Le Paraguay a exporté 2 384 tonnes de viande porcine durant le mois, soit 42 % de plus que les 1 684 tonnes d’août 2025. Pourtant, la valeur FOB totale a reculé de près de 13 %, de 6,068 millions à 5,278 millions de dollars. Les exportateurs ont donc vendu beaucoup plus de viande à l’étranger tout en percevant moins de recettes qu’un an auparavant.

Taïwan est resté dominant en août, avec 78 % du volume et 82 % de la valeur. Le Brésil a représenté 18 % des quantités et 15 % des recettes, contre respectivement 4 % et 3 % pour l’Uruguay. Cette répartition correspond globalement à celle de janvier-août et confirme que la récente hausse des expéditions n’a pas sensiblement élargi la clientèle du Paraguay.

La croissance renforce le besoin de diversification

La progression des abattages et des volumes exportés montre que la filière porcine paraguayenne augmente sa capacité à approvisionner les acheteurs internationaux. Le bilan commercial est plus nuancé : le tonnage progresse plus vite que les recettes, et les chiffres d’août démontrent que des expéditions accrues peuvent coïncider avec une baisse du chiffre d’affaires.

La rentabilité future des producteurs et transformateurs dépendra non seulement d’une hausse de la production, mais aussi du maintien des rendements à l’exportation. Taïwan reste le partenaire commercial central. Accroître les ventes au Brésil, en Uruguay, aux Philippines ou sur d’autres marchés réduirait cependant l’exposition à un seul acheteur et offrirait davantage d’options aux exportateurs lorsque les prix ou les conditions d’achat évoluent.

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