Le sucre gagne plus de 35 %, tandis que la production de l’UE devrait reculer de 14,8 %
Le cours mondial du sucre a progressé de plus de 35 % depuis le début de 2026, alors que la Commission européenne prévoit une forte baisse de la production de l’UE. La Pologne aborde ce resserrement avec des stocks élevés et un excédent commercial important, tandis que l’Allemagne devrait contribuer le plus au recul européen.
Le cours mondial repasse au-dessus de 20 cents
Le sucre se négociait autour de 20,29 cents la livre le 5 octobre 2026, selon les données de marché citées par dlahandlu.pl. La cotation progressait de près de 2 % ce jour-là et dépassait de plus de 35 % son niveau du début de l’année. Sur les 52 semaines précédentes, la hausse était supérieure à 20 %.
Ce rebond marque un net changement de direction par rapport à la première partie de 2026, lorsque le sucre évoluait autour de 14 à 15 cents la livre. Le ministère polonais de l’Agriculture et du Développement rural estime que le déficit mondial de sucre attendu et la baisse de la production dans l’Union européenne influenceront les prix au cours des prochains mois.
La production de l’UE devrait perdre 2,45 millions de tonnes
La Commission européenne prévoit une production de 14,13 millions de tonnes de sucre dans l’UE pour la campagne 2026/27. Ce volume serait inférieur de 2,45 millions de tonnes, soit 14,8 %, à celui de la campagne précédente. La production devrait reculer de 16,2 % en Pologne, de 15 % en Allemagne et de 12,8 % en France.
L’Allemagne devrait représenter près de 28 % de l’ensemble de la baisse européenne. Les informations citées par le ministère polonais indiquent que la récolte allemande de betteraves sucrières pourrait être la plus faible depuis 1990. La sécheresse et les températures élevées, notamment dans le sud du pays, s’ajoutent à la réduction des surfaces cultivées et aux maladies des plantes. Le ministère souligne toutefois que les conditions météorologiques ne permettent pas encore de mesurer précisément le recul de la récolte.
Une contraction de cette ampleur resserrerait le bilan régional et renforcerait le rôle des stocks existants ainsi que des livraisons vers les marchés déficitaires. Les fabricants de produits alimentaires surveilleront aussi la vitesse de transmission de la hausse boursière aux contrats et aux prix de gros du sucre.
Les prix de détail et de vente reflètent encore la baisse antérieure
La hausse des cotations contraste avec l’évolution récente constatée par les consommateurs et les producteurs. D’août 2025 à juillet 2026, les prix de détail du sucre ont baissé en moyenne de 15,8 % en Pologne et de 5,2 % dans l’ensemble de l’UE, selon les données citées par le ministère polonais. En juillet 2026, le sucre vendu au détail en Pologne coûtait 16 % de moins qu’un an auparavant, tandis que les prix allemands étaient supérieurs de 4,6 %.
Les producteurs de l’UE ont vendu le sucre blanc à un prix moyen de 508 euros la tonne au premier semestre 2026, soit une baisse annuelle de 6,7 %. Ces chiffres montrent que la récente hausse des matières premières n’avait pas encore inversé le mouvement précédent dans toute la chaîne d’approvisionnement. Son impact dépendra des contrats d’achat, des stocks et du volume de la campagne 2026/27.
Des stocks élevés confortent la Pologne comme exportateur net
La situation polonaise diffère de celle de nombreux marchés de l’UE, car le pays produit depuis plusieurs années davantage de sucre qu’il n’en consomme. Les stocks ont atteint 1,5664 million de tonnes au premier trimestre 2026, en hausse de 11,7 % sur un an. Ils dépassaient de 25,7 % la moyenne sur trois ans et de 36,6 % celle sur cinq ans. En volume, ils ont augmenté de 478 400 tonnes en trois ans et de 605 400 tonnes en cinq ans, malgré l’intensification des exportations et la réduction des importations.
La Pologne a enregistré en 2025 un excédent commercial de sucre de 857 400 tonnes, avec 961 900 tonnes exportées et 104 500 tonnes importées. De janvier à mai 2026, les importations ont reculé de 17,3 % sur un an, à 37 700 tonnes, tandis que les exportations ont diminué de 10,5 %, à 433 900 tonnes. Selon le ministère, le faible volume des importations et l’excédent commercial signifient que les achats étrangers n’influencent pas les prix intérieurs.
Ces stocks importants protègent davantage les transformateurs et négociants polonais que les opérateurs des marchés européens plus tendus. Une baisse générale de la production européenne pourrait néanmoins soutenir les débouchés à l’exportation et finir par accroître les coûts de remplacement. Le ministère a aussi demandé à l’autorité polonaise de la concurrence, l’UOKiK, de rechercher d’éventuelles pratiques contraires à la concurrence loyale. Dans sa lettre du 9 septembre, il indiquait ne pas encore avoir reçu de réponse.