Le pôle biopharmaceutique sud-coréen de Songdo importe 95 % de ses intrants
Songdo dispose de capacités biopharmaceutiques parmi les plus importantes au monde, mais importe 95 % de ses matières premières et auxiliaires. GlobalData voit dans cette dépendance une faiblesse stratégique alors que le marché mondial des intrants de bioprocédés progresse rapidement.
La puissance industrielle masque la dépendance extérieure
Le pôle biotechnologique sud-coréen de Songdo a développé des capacités de production biopharmaceutique parmi les plus importantes au monde, mais 95 % des matières premières et auxiliaires utilisées par ses fabricants sont importées. Selon une étude de marché relayée par Kyeonggi Ilbo, ce déséquilibre expose fortement l’un des principaux centres de production du secteur aux fournisseurs étrangers.
L’association professionnelle KoreaBIO a indiqué que la filiale sud-coréenne de GlobalData avait récemment présenté ses perspectives du marché des matières premières de bioprocédés aux entreprises nationales de matériaux, composants et équipements. GlobalData classe les capacités biopharmaceutiques de Songdo parmi les plus élevées au monde, tandis que son autonomie en intrants figure parmi les plus faibles.
Le marché mondial devrait plus que doubler
GlobalData prévoit que le marché mondial des matières premières et auxiliaires biopharmaceutiques passera de 38,5 milliards de dollars en 2025 à 85,7 milliards de dollars en 2031, soit une croissance annuelle moyenne de 14,3 %. L’expansion des sites de bioproduction aux États-Unis, le Biosecure Act, la diffusion des modalités thérapeutiques de nouvelle génération et les extensions de capacité des grandes organisations de développement et de fabrication sous contrat, ou CDMO, devraient soutenir cette croissance.
En Corée du Sud, la demande est concentrée auprès d’un petit nombre de très grands fabricants. Les ventes nationales cumulées de Thermo Fisher, Cytiva-Danaher, Merck et Sartorius, les quatre principaux fournisseurs mondiaux cités dans l’étude, atteignent 1 630 milliards de wons. Samsung Biologics en représente environ 80 %, ce qui illustre à la fois l’ampleur de ses achats et la concentration du marché local.
Les fournisseurs étrangers renforcent parallèlement leur présence industrielle en Corée du Sud. Le groupe allemand Merck investit environ 470 milliards de wons dans un centre de bioprocédés à Daejeon, tandis que Cytiva et Sartorius préparent des augmentations de production à Songdo. L’installation d’unités de fabrication et de logistique à proximité des grands clients peut sécuriser les livraisons. Elle risque aussi d’accentuer l’écart de prix et d’échelle entre les groupes multinationaux et les petites et moyennes entreprises sud-coréennes.
Certification et essais au cœur de la localisation
GlobalData qualifie les intrants biopharmaceutiques d’actifs stratégiques déterminant les coûts, la qualité et la sécurité d’approvisionnement, tout en procurant aux fournisseurs des revenus récurrents stables. Pour les fabricants, la dépendance aux importations crée une exposition aux perturbations de la logistique internationale, mais aussi aux décisions commerciales et aux programmes de capacité d’un nombre limité de fournisseurs mondiaux.
Pour accroître l’autonomie nationale, GlobalData propose de faire de Songdo la base industrielle d’une localisation progressive. Ses recommandations comprennent un système de certification des matières premières et auxiliaires fondé sur la loi spéciale sur les CDMO du ministère de la Sécurité des aliments et des médicaments, la création de plateformes d’essai dans les grandes entreprises et l’accompagnement des fournisseurs locaux vers les marchés étrangers. Il faudra qualifier les matériaux sud-coréens sans compromettre la régularité ni la conformité réglementaire exigées par la production biopharmaceutique.